Conseil d’Etat
Que changera une majorité de droite ou de gauche?
Par Justin Favrod. Mis à jour le 30.03.2012 14 Commentaires
En élisant ou pas l’UDC Claude-Alain Voiblet, les électeurs décideront demain de la majorité du Conseil d’Etat. Dans le premier cas, le prochain gouvernement, tout comme le Grand Conseil, sera à majorité de centre droit. Avec des inflexions, il devrait poursuivre la politique récente, puisque le rapport de force sera celui qui a présidé au canton jusqu’à l’arrivée de la Verte Béatrice Métraux en janvier. Le programme du PLR le titre: «2012-2017: Maintenir le cap».
Mais si Anne-Catherine Lyon, Béatrice Métraux et Nuria Gorrite sont toutes élues, le Conseil d’Etat penchera à gauche, contrairement au parlement. Qu’est-ce que cela changerait? Yves Ferrari, président des Verts, le répète: «Ce sera une évolution, pas une révolution.» Une antienne de la gauche, que traduit Catherine Labouchère, présidente des libéraux: «Le changement viendra par touches. Et la coloration changera.»
Quelle est la marge de manœuvre du Conseil d’Etat? La double majorité a permis à l’exécutif de disposer d’un parlement assez docile. En cas de majorité de gauche au gouvernement, le Grand Conseil ferait entendre sa différence en rejetant nombre de projets: une bonne part de la plate-forme électorale rose-verte s’avérerait irréalisable. Toutefois, le Conseil d’Etat possède des compétences propres et il pourra compter sur le Grand Conseil dans plusieurs domaines. C’est dans ce périmètre que le choix des Vaudois pèsera pour les cinq ans à venir.
Changer des émissaires
Un fait peu connu du grand public: le Conseil d’Etat nomme beaucoup de monde. Dans l’administration, il désigne tous les hauts commis. Et cela se vérifie. Les préfets sont très majoritairement inscrits dans des partis de droite (12 sur 18). Les chefs de service, plus influents, représentent mieux la composition traditionnelle du Conseil d’Etat. A notre connaissance, sur environ cinquante chefs de service, seize sont inscrits dans un parti: sept à gauche (un Vert, six socialistes) et neuf à droite (sept radicaux, deux libéraux). En cas de majorité de gauche, nul ne s’attend à des purges. Mais, au gré des départs naturels, la tête de l’administration pourrait rosir et verdir.
En outre, le Conseil d’Etat nomme des représentants dans les organismes que le canton contrôle peu ou prou: cela va d’une compagnie électrique à la Banque cantonale, en passant par l’ECA, les Retraites Populaires, les Mines de Bex, l’Organe cantonal de répartition de la Loterie ou des compagnies de transports publics. Plusieurs de ces organismes disposent de moyens et de marge de manœuvre. Exemple le plus criant: la droite a pour politique de laisser une grande latitude à la Banque cantonale. La gauche pourrait se montrer interventionniste.
Autre domaine peu visible où la couleur du Conseil d’Etat joue un rôle: le gouvernement répond aux consultations fédérales. «Cela n’a l’air de rien, glisse Catherine Labouchère, mais les réponses des cantons sont lues.»
Produire de l’énergie verte
On le lui a reproché: ces dernières années, le Conseil d’Etat a retenu nombre de projets pour éviter de laisser filer les dépenses. S’il les avait proposés, le Grand Conseil en aurait accepté un bon nombre. Un gouvernement de gauche pourrait faire des propositions dans les secteurs où une majorité du parlement désire davantage d’investissements. «Sur les énergies renouvelables, nous pourrions sans doute aller de l’avant», estime Yves Ferrari. Un gouvernement de gauche investirait davantage et plus vite. La droite affirme aussi vouloir investir plus.
Renforcer des transports
Les grandes infrastructures sont un domaine où la gauche a les moyens de marquer la politique du canton. «Nous voulons intensifier les projets, accélérer le rythme des réalisations», affirme Cesla Amarelle, présidente des socialistes vaudois. Les risques de blocage avec la majorité du Grand Conseil seraient minimes. Les députés de droite protestent aussi depuis longtemps contre le retard pris dans le développement des transports publics.
Malgré cette volonté commune des deux camps, le gouvernement a jusqu’à présent résisté aux pressions. Une majorité de gauche à l’exécutif ferait tomber un tel motif de blocage. Mais Claude-Alain Voiblet a aussi fait du thème du développement des transports publics son thème de campagne du second tour. S’il est élu, l’UDC pourrait aussi faire pencher l’exécutif cantonal du côté du développement de la mobilité.
Construire des logements
Le nouveau gouvernement de gauche s’est profilé sur le logement en attribuant d’emblée ce dossier à la nouvelle ministre Béatrice Métraux. Elle a déjà annoncé la création d’une cellule interdépartementale pour faciliter la construction de logements sur des terrains déjà affectés, en accélérant les procédures et en mettant en relation les partenaires. La conseillère d’Etat va par ailleurs intensifier les relations avec les communes, en première ligne sur cette question. Autant de mesures qui s’inscrivent dans la marge de manœuvre du Conseil d’Etat.
Ces pistes entrent tout à fait dans la logique incitative que défend la droite. Opposée aux mesures contraignantes, elle imagine des propositions comme le «bonus pour loyers abordables», récompensant la construction de logements modestes. Le PLR défend lui-même le développement de pôles de logement: des zones où la construction serait facilitée.
La gauche aurait-elle la main aussi légère sur la révision, déjà annoncée, de l’arsenal législatif sur le logement? Elle a en tout cas affiché sa volonté d’aller plus loin. Pas dit qu’elle revienne avec le droit d’emption proposé à l’époque par l’UDC Jean-Claude Mermoud pour lutter contre la thésaurisation et retiré sous la pression de la droite. Le droit de préemption, moins contraignant, pourrait en revanche être envisagé, tout comme la redevance sur les plus-values foncières. Reste à voir comment la gauche négocierait des compromis pour faire passer de tels projets devant le Grand Conseil.
Dépenser davantage
Pendant toute la campagne, la gauche a juré qu’en cas de majorité elle ne dilapiderait pas les deniers publics et ne creuserait pas la dette. Reste que ses projets impliquent des dépenses et que le bénéfice réel du canton semble avoir été divisé par deux en 2011.
Le chef des Finances radical Pascal Broulis l’a répété mardi devant les députés: les dépenses d’investissement ne causent pas de difficultés en soi, mais entraînent des augmentations de dépenses annuelles qu’il faut financer. Selon lui, le métro M2 coûterait à lui seul 40 millions de francs par an aux collectivités publiques.
Et puis la gauche pourrait être tentée d’assainir la caisse de pension avec l’argent des contribuables plutôt qu’en ponctionnant les salaires de la fonction publique. Elle a en outre promis d’intensifier les efforts dans plusieurs domaines, comme l’aide aux garderies, les allocations familiales, les écoles professionnelles ou la culture. Mais la gauche devra obtenir la bénédiction du Grand Conseil.
Collaboration: Laure Pingoud et Mehdi-Stéphane Prin ? (24 heures)
Créé: 30.03.2012, 23h01
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14 Commentaires
Mais alors!!!! Si c'est si bien que ça d'être fonctionnaire engagez-vous .Bon Dieu chacun se débrouille comme il peut et il faut arrêter en période de crise de les dénigrer. Quand tout va bien,l'état à de la peine à recruter. Répondre
Gauche ou droite c'est un tsunami de bétons et de géantes de 200m qui attend le canton.C'est pourquoi j'ai voté blanc.Quand au futur bétonné du canton qui pillera les caisses publics pour le bonheur des promoteurs, la bonne conscience des écolos et un résultat quasi nul pour sortir du nucléaire, le voici:http://ventdefolie.bleublog.lematin.ch/list/database/1523567365.pdf Répondre





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