Quel e-book mettre sous le sapin?

GUIDE D’ACHAT | Les livres électroniques seront bientôt davantage qu’une coquille vide. Ce qu’il faut savoir avant d’en offrir un pour Noël.

Kindle
© DR | Les tablettes sont prêtes, mais il est encore difficile de trouver le contenu.

Jean-Charles Canet | 22.12.2009 | 00:01

Les livres électroniques, cela fait des années qu’on en parle, mais, jusqu’à présent, on n’a rien vu venir. On évoque ici moins les appareils (ils existent: nous en avons testé trois!) que le contenu. Où sont les livres, les journaux et les magazines en français, à lire sur nos tablettes numériques? «Tous les canaux sont prêts, mais il n’y a rien à mettre dedans», confirme Patrice Fehlmann, directeur général de l’Office du livre fribourgeois.

Ce professionnel de la distribution pense néanmoins que les choses sont bien parties pour changer, et fissa! Au plus tard au début de l’année prochaine. A commencer par Gallimard, qui pourrait ouvrir les vannes du contenu téléchargeable en janvier, ce qui ne manquera pas d’entraîner dans son sillage, pour la Suisse du moins, d’autres éditeurs.

Sur internet
Les lecteurs romands verront alors apparaître des canaux de distribution électronique sur les sites internet des grandes librairies de la place. Ou sur une plate-forme commune, www.ereader.ch, conçue pour accueillir les librairies qui n’ont pas les moyens de bâtir leur propre structure virtuelle, précise Patrice Fehlmann.

En attendant que cette prophétie à très court terme se vérifie, c’est vers la France qu’il faut se tourner pour alimenter en contenu les liseuses de l’Homme Moderne (HM). Sur le site de la Fnac (www.fnac.com), par exemple, nous avons pu acheter N’espérez pas vous débarrasser des livres. Dans cet ouvrage publié chez Grasset, Umberto Eco et Jean-Claude Carrière affirment avec un sens de l’à-propos qui les honore: «L’e-book ne tuera pas le livre.»


 

Kindle, english only

Promu par l’américain Amazon, le Kindle est une tablette électronique propriétaire soumise à une filière de distribution qui ne l’est pas moins. Cette maîtrise de l’entier de la tuyauterie par une seule entreprise offre une garantie de simplicité d’usage. Un compte, un mot de passe (et une carte de crédit) suffisent. Achat et transfert de livres, voire de journaux, obéissent au doigt et au clic sans nécessairement passer par un ordinateur.

Amazon ayant rendu un de ses modèles compatibles avec les réseaux téléphoniques européens, voilà le Kindle disponible en Suisse (www.amazon.com, prix: 259 dollars, soit 270 francs environ). Cependant, la faiblesse du catalogue francophone limite singulièrement l’intérêt du concept ici-bas. Autrement dit, le Kindle, c’est la tablette de choix pour l’anglophile, mais surtout un exemple à observer attentivement pour les autres…

 

Opus, le français

Conçu par l’entreprise française Bookeen, née sur les cendres de l’aventure malheureuse Cytale, dans les années 1990, l’Opus est le petit nouveau de la gamme. Petit, car le plus proche des livres au format de poche. On le trouve dans les Fnac (en tout cas françaises) ou sur internet (www.bookeen.fr, prix: 250 euros, 380 francs). L’appareil est ouvert à de nombreux standards, dont le format EPUB. Son encre électronique bénéficie d’un joli contraste. L’Opus est équipé d’un accéléromètre – comme l’iPhone –, ce qui permet au texte de pivoter automatiquement en mode horizontal ou vertical. Les contenus payants ou libres de droit se téléchargent sur ordinateur avant de pouvoir être transférés dans la mémoire de l’appareil. Les livres payants sont accompagnés d’une protection anticopie élaborée par Adobe, qui impose de passer par un logiciel à installer sur le PC.

 

Reader, le gris tactile

Contrairement au Kindle, le Reader (PRS-600) est une tablette «ouverte». Autrement dit, elle n’est pas affiliée à une filière de distribution unique. Elle est compatible avec divers standards, dont le format EPUB, bien placé pour être le plus populaire à l’avenir. Son écran est le seul tactile des trois modèles testés. L’encre électronique de ce modèle, conçu par Sony (www.sony.ch,
prix: 459 francs), est cependant moins contrastée que ses concurrentes et la surface de protection est aussi plus sensible aux reflets parasites. Son ouverture lui garantit cependant un accès aux (encore maigres) contenus francophones récents, qu’il s’agira d’abord de télécharger sur un ordinateur, avant de les transférer dans la mémoire du Reader. Ce n’est ni le plus simple ni le plus direct. En 2010, on espère une solution qui allie ouverture et totale évidence. On peut rêver, non?



Le journal électronique suisse se profile

En Suisse, Swisscom développe un concept de journal électronique, avec la collaboration des principaux éditeurs de presse écrite du pays (Tamedia, Edipresse, Ringier et le groupe NZZ notamment). L’idée est de lancer en Suisse une tablette électronique (eReader) propice à la diffusion de contenus spécifiquement helvétiques, mais jusqu’ici traditionnellement imprimés sur du papier. On spécule sur un démarrage avec une tablette à base d’encre électronique, proche de ce que propose le Kindle ou Sony avec son Reader. D’autres supports électroniques (smartphones et ordinateurs portables) pourraient être utilisés. Swisscom et ses partenaires médias espèrent lancer une opération pilote au cours du premier semestre de 2010 déjà et spéculent sur une mise sur le marché dans la foulée, en 2010 toujours. Une façon de répondre à la crise structurelle de la presse papier.




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