
Il est des voyages qui marquent! Septante-neuf ans après leur première publication, les tribulations de Tintin au Congo continuent de faire parler d’elles. Le second recueil des aventures du fameux reporter, réalisé par Hergé en 1930, puis actualisé en 1946, demeure dans le viseur des chasseurs de racisme. Dernier acte en date: la plainte déposée par un habitant de Monthey auprès du juge d’instruction du Bas-Valais, le 3 septembre, au motif d’un «ouvrage discriminatoire et choquant envers les gens de couleur». Le plaignant demande rien de moins que l’interdiction à la vente de cette BD écoulée à ce jour à environ 10 millions d’exemplaires.
Le développement judiciaire romand suit de peu celui initié à Bruxelles en 2007: après avoir tenté de faire interdire Tintin au Congo dans son pays, un citoyen belge a récemment porté son combat en France, espérant pour sa plainte un meilleur destin (la manifestation qu’il organisa à Bruxelles réunit… 3 personnes!). A Paris, le Conseil représentatif des associations noires en a appelé début septembre au Ministère de la culture pour obtenir l’ajout d’un bandeau de mise en garde. En Angleterre il y a deux ans, la chaîne de librairies Borders (d’origine américaine) a retiré l’album de ses rayons. Aux USA, la bibliothèque de Brooklyn a réagi à la dizaine de plaintes reçues en condamnant les aventures congolaises à l’«Enfer», soit la section consultable uniquement sur demande écrite, là où sont entreposés les écrits de Sade et de Hitler. Pas pour les gosses, Tintin!
Amende honorable
Alors que Lausanne fête ce week-end la bande dessinée dans tous ses états, les péripéties juridico-médiatiques de son plus universel héros rappellent la force d’évocation de ce média destiné à un public «de 7 à 77 ans». La popularité de Tintin doit-elle entraîner une réécriture historique, un ajustement de l’œuvre aux valeurs morales actuelles? Les plaignants dénoncent le comportement colonialiste de Tintin, «missié blanc» à la fois craint et adoré par de naïfs autochtones. Mais en 1930, le jeune Hergé de 23 ans ne faisait que répéter les préjugés alors en cours en Belgique, dont la «mission colonialiste» était encouragée par le rédacteur en chef du XXe siècle, journal ultracatholique qui publiait Tintin dans son supplément jeunesse. Hergé fit amende honorable en 1946, gommant les clichés les plus lourds lorsqu’il redessina toute la BD pour l’adapter au nouveau format couleur. «Je ne connaissais du Congo que ce que l’on m’en racontait», regretta-t-il. Jusqu’en 1955, le manuel officiel de géographie belge assurait que «le développement intellectuel de l’enfant noir s’arrête assez tôt»…
La chasse aux préjugés a fait le ménage dans le langage commun, condamnant à un oubli plus ou moins honteux les «têtes de nègre» et autres «Y a bon Banania!». Une œuvre culturelle comme Tintin pourrait-elle aussi, sur décision de justice, voir gommées de la sphère publique ses parties les plus discutables? Le droit doit-il l’emporter sur l’histoire? En Suisse, l’article 261 bis punit celui «qui aura publiquement propagé une idéologie visant à rabaisser ou dénigrer (…) les membres d’une race, ethnie ou religion». Pour l’avocat lausannois Yves Burnand, l’hypothèse d’une mise à l’index est peu crédible. «Il est bon que cette disposition existe, mais elle doit être appliquée de façon restrictive dans le cas d’une œuvre culturelle ancrée dans l’histoire. Je viens de relire Simenon: certains passages peignent un tableau extrêmement caricatural des juifs. Faut-il interdire Simenon?»
A Genève, la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) verrait d’un bon œil l’ajout d’une introduction explicative remettant la BD dans son contexte historique. «Ce serait facile, mais ni l’Etat belge ni la société Moulinsart, qui gère les droits d’Hergé, ne semblent pressés d’une telle initiative, remarque Philippe Kenel. Cela marquerait trop clairement la problématique autour de cette BD porteuse d’un fond raciste assez clair.»
Après un petit moment d'absence, voici un petit commentaire sur l'actualité. "Roh non!!!" diront...
Et c’est parti. Ce soir vers 19h00 les autorités de la ville de Genève ont donné le coup d’envoi...
Largo Winch (érotique), Titeuf (sexuel, Boule et Bill (la SPA va nous tomber dessus), les Mangas et tous les autres. Bref, je propose de vendre des BD sans couvertures et avec des pages blanches... Mince. Blanc cela pourrait être raciste aussi?!
En attendant (et en bon belge) mes Tintin Au Congo je vais les mettre en safe: ils prennent une de ces valeur!
Et dire qu'un de mes amis togolais regrettait de ne plus pouvoir acheter des Têtes de Nègres. Il se marrait, il avait de l'humour, lui.
Finalement il faudrait supprimer les BD, les livres, tous les bouquins, les journaux et les TV?
Merci en tout cas à ces personnes qui dénoncent Tintin au Congo... cela fait marcher les affaires et cette édition va devenir une collection.
Mes enfants adorent les Tintin.
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hé bien je vais vous dire, suite à la parution de cet article je me suis empressé d'acheté "Tintin au Congo".
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netrick
Il va falloir interdire tous les albums ou apparait le Capitaine Haddock, puisque tous les commandants de navire ne boivent que de l'eau salée.
Idem tous les albums ou apparait Chang, puisque les
fascistes Japonais n'ont jamais envahi la Chine.
Idem tous les albums ou apparait le Prof. Tournesol, puisque tous les savants ne sont pas des hurluberlus.
Idem tous les albums ou apparait M.Rastapopoulos, puisque qu'aucun Grec n'est criminel mafieux.
Idem tous les albums ou apparait M.Lampion, puisque
qu'aucun agent d'assurances n'est bonimenteur et
bluffeur.
Idem tous les albums ou apparait la Castafiore puisque toutes les divas ne sont pas excentriques (débaptiser la
Piazza Bianca Castfiore devant l'Opéra de la Monnaie !).
Enfin tous les albums ou apparait Milou puisqu'aucun
chien ne parle et ne pense.
Enfin retirer tous les albums qui se passent en Amérique
du Sud puisque jamais un lama n'a craché sur quelqu'un, ni sur le capitaine Haddock, ni sur...moi !
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C'est exactement ça. Il faut remettre les choses dans leur contexte, et ne pas toujours vouloir re-écrire l'histoire à la manière du politiquement correct d'une époque, la nôtre actuellement.
J'ai de nombreux amis africains qui achètent eux-mêmes une Tête-de-Nègre (actuellement appelée tête au choco ou quelque chose comme ça...) et qui savent rigoler avec Tintin au Congo. Ils sont intelligents.
Ils me disent que c'est un faux combat, que c'est faire du racisme contre-productif à bon marché et je les crois volontiers.
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