Village, ville, agence postale, service à domicile ou guichet standard, les avis des clients du géant jaune divergent suivant le service qui leur est proposé, mais aussi selon qu’ils vivent en zone rurale ou urbaine. Un petit tour d’horizon effectué dans le canton de Vaud confirme les dires d’une buraliste postale qui affirmait hier matin que «dans les villages, les gens se satisfont généralement du service à domicile, ce qui n’est pas du tout le cas lorsque leur bureau de poste a été remplacé par une agence postale».
SERVICE À DOMICILE Rances est astreint à ce régime depuis sept ans. Globalement, la population du village nord-vaudois est plutôt satisfaite des prestations qui lui sont encore offertes. «D’autant que nous avons la chance d’avoir une factrice très arrangeante», souligne Marianne Cottens, responsable du contrôle des habitants. Elle regrette néanmoins un nouveau changement, intervenu l’été dernier. «Depuis que la distribution se fait au départ d’Yverdon et non plus depuis le village voisin de Mathod, le courrier arrive tard. Vers 9 h 30 ou 10 h, alors qu’avant c’était plutôt vers 8 h», soupire-t-elle.
A Corbeyrier, dans le Chablais, le bureau de poste a fermé ses portes voici neuf mois. Depuis, les 370 habitants doivent se rendre à la poste d’Aigle, à 8 kilomètres de distance, pour accéder aux diverses prestations postales. Pourtant, pour certains, cette nouvelle solution n’est pas un problème, loin de là. «Pour nous, c’est carrément un avantage, se félicite Nicolas Gury, responsable de site à l’EMS Victoria-Résidence. Avant la fermeture, nous devions aller chercher le courrier de nos pensionnaires à la case postale. Maintenant, il est livré directement.» Même constat chez Jean-Pierre Cropt, retraité: «C’est sûr que c’est dommage pour un village de perdre un lieu de rencontre comme la poste, mais personnellement, cela ne me handicape pas.» Cette satisfaction n’est toutefois pas partagée par tous. Laurent Kull, animateur, ne décolère pas: «C’est vraiment lamentable, il y a régulièrement des erreurs dans la distribution. La Poste ne remplit plus son mandat de service public.»
AGENCE POSTALE EN VILLE A Lausanne, dans le quartier de Montchoisi, on va chercher ses recommandés et acheter ses timbres en même temps que le journal ou les cigarettes, au kiosque de Montolivet. Les détenteurs de la Postcard peuvent même y retirer de petites sommes. L’enseigne a élargi ses attributions après la fermeture de la poste de Montchoisi, au printemps 2004. Ceux qui font leurs paiements par internet et ceux qui n’ont pas connu l’ancien office postal trouvent globalement le nouveau système très bien. «C’est très pratique pour le courrier. Je travaille à côté. A Lutry où j’habite, il me faut vingt minutes pour aller à la poste, qui a été déplacée dans le haut du village», note Nicole Kummer. Fabrice Kaltenrieder est d’avis que «si la poste veut faire des économies et qu’en plus elle délègue à un kiosquier, c’est très bien». D’autres sont plus nostalgiques. Madeleine Hodel, 78 ans, regrette la «petite poste», car elle doit se déplacer jusqu’à Saint-François. Mais elle estime qu’«en ville, c’est encore acceptable».
AGENCE POSTALE À LA CAMPAGNE En Suisse romande, ce système a pour ainsi dire été étrenné à Suchy, en 1998, soit bien avant qu’il ne devienne une des propositions de remplacement des services du géant jaune. «A l’époque, le guichet se trouvait déjà à l’intérieur de notre magasin. Et s’il proposait encore toute la palette de services de La Poste, il disposait d’horaires moins étendus que ceux d’aujourd’hui, calqués sur ceux de notre épicerie qui ne ferme que deux jours par année», souligne Madeleine Stalder, buraliste. Aujourd’hui ces horaires paraissent être le seul bénéfice que peut retirer le client. «Personnellement, je ne vois pas où se trouve l’avantage de ce système», souligne Isabelle Dahinden, 47 ans. Et la maîtresse enfantine d’expliquer: «On ne peut plus s’acquitter de factures si on n’a pas de carte et les personnes âgées ne sont pas de la «génération boutons». Du coup, elles ne parviennent pas à utiliser l’automate et doivent demander de l’aide à l’épicière qui a donc davantage de travail sur les bras.»
GUICHET MENACÉ La poste d’Ependes figure sur la liste des quarante-huit bureaux vaudois dont l’activité sera observée. «Ici, les habitants ont l’habitude d’aller au guichet et ce serait dommage qu’il ferme», souligne Anne-Marie Bavaud, restauratrice. Et comme son établissement public pourrait fermer ses portes dans deux ans si elle et son mari ne trouvent pas de repreneur, elle craint que le village n’ait plus aucun lieu public. «Ici, il y a de nombreuses personnes d’un certain âge qui n’utilisent pas internet et on peut dire qu’elles redoutent vraiment de voir la poste fermer ses portes.»
En vacances deux semaines, nous vous proposons de (re)découvrir une partie des rencontres mises en ligne durant ce premier trimestre 2010:
Les petites communes abandonnées par la Nation?
La justice est-elle trop clémente avec les mineurs?
«Ces enfants blessés seraient condamnés si l'on ne faisait rien!»
«Oui, on peut être tuteur et heureux!»
C'est le médecin et psychanalyste anglais Michael Balint qui a commis voici quelques décennies...
Etes-vous favorable au renvoi systématique des criminels étrangers?
Dans une initiative, l'UDC préconise le renvoi des auteurs étrangers de délits y compris ceux relevant de la perception abusive de prestations sociales. Cette mesure vous semble-t-elle opportune?
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