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Les New Yorkais en colère contre l'octroi de «parachutes dorés»

CRISE À WALL STREET | La colère montait dans les rues de New York contre les parachutes dorés octroyés aux grands patrons pris dans la tourmente de Wall Street et dont les Américains couperaient volontiers les harnais. "On ne demande aucun sacrifice aux plus fortunés, à ceux qui peuvent le plus facilement payer", s’insurge une pétition adressée au secrétaire au Trésor Henry Paulson, qui avait recueilli jeudi près de 33 000 signatures.

© afp | Des manifestants rassemblés devant la statue de George Washington et le "Federal Hall National Memorial" à Wall Street expriment leur colère.

afp | 26.09.2008 | 11:48

La colère montait dans les rues de New York contre les parachutes dorés octroyés aux grands patrons pris dans la tourmente de Wall Street et dont les Américains couperaient volontiers les harnais.

"On ne demande aucun sacrifice aux plus fortunés, à ceux qui peuvent le plus facilement payer", s’insurge une pétition adressée au secrétaire au Trésor Henry Paulson, qui avait recueilli jeudi près de 33 000 signatures.

Lancée mardi par Bernie Sanders, sénateur indépendant du Vermont (nord-est), la pétition dit s’élever contre le Trésor qui laisse les "incompétents continuer à recevoir des salaires exorbitants et empocher des primes."

Les parlementaires démocrates ont réclamé eux aussi que soit inclue une limitation des salaires des dirigeants dans le plan de sauvetage du secteur bancaire de 700 milliards de dollars, en cours de discussion.

"On ne reverra jamais la couleur de cet argent!", lance Mathew May, un étudiant en économie de 24 ans, lors d’une petite manifestation devant la Bourse de New York. "Ils ont dérégulé les marchés et se sont déchaînés. Aujourd’hui, on les renfloue", s’exclame-t-il

Même l’ancien président de la Chambre des Représentants, le très conservateur Newt Gingrich dénonce ce "capitalisme de copinage". Pour l’Américain moyen, la philosophie de Wall Street ce sont des salaires vertigineux, d’énormes primes, l’avidité érigée en principe.

Ainsi, en 2007, Richard Fuld, PDG de la banque d’affaires Lehman Brothers, aujourd’hui placée sous la protection de la loi américaine sur les faillites, avait perçu 22 millions de dollars, stock-options comprises.

L’ancien patron de l’assureur AIG Martin Sullivan, évincé mi-juin, avait reçu 14 millions d’indemnités de départ. Le géant de l’assurance a été sauvé mi-septembre de la banqueroute par l’Etat.

Les PDG des poids lourds américains du refinancement hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac ont certes été privés de leurs parachutes dorés de 12,59 millions de dollars quand ils ont été débarqués. Mais Daniel Mudd et Richard Syron ont tout de même empoché 9,43 millions de dollars de primes de départ.

De tels montants astronomiques expliquent pourquoi le commun des mortels, qui peine à boucler ses fins de mois, ne s’apitoie guère sur le sort des établissements financiers frappés par la crise. Et s’insurge de la rapidité avec laquelle le gouvernement a volé à leur secours en injectant des milliards de dollars pour les sortir du gouffre.
"Ils disaient que fournir une couverture médicale à 9 millions d’enfants, ce qui coûterait peut-être 6 milliards de dollars par an, revenait trop cher. Mais, à l’évidence, rien n’est trop beau pour sauver ces sales types de Wall Street", écrit l’éditorialiste du journal alternatif new-yorkais The Indypendent, Arun Gupta.

"C’est le socialisme pour les riches et le capitalisme sauvage pour le reste d’entre nous", poursuit-il dans un e-mail circulant parmi des milliers de sympathisants et repris sur de nombreux sites internet.

En Europe aussi des voix s’élèvent contre ces excès. "On peut parler de schizophrénie quand le système de rémunération et de motivation des banques stimule la chasse aux profits, sans prendre en compte les risques. Nous voulons changer cela", a déclaré jeudi le ministre des Finances allemand Peer Steinbrück.

"Les modes de rémunération des dirigeants et des opérateurs doivent désormais être encadrés. Il y a eu trop d’abus, trop de scandales", a renchéri le président français Nicolas Sarkozy. Même Forbes, le magazine qui parle des riches aux riches, estime que "trop, c’est trop".

Beaucoup à Wall Street condamnent aussi ces dirigeants qui ont pris de très mauvaises décisions et n’encourent aucune sanction. "Le plus révoltant, déplore un financier sous couvert d’anonymat, ce sont ces parachutes dorés avec lesquels sont partis ces chacals de Fannie et Freddie, qui ont coulé leurs entreprises..."




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