
Le juge William Zloch n’a pas fait de cadeau à Bradley Birkenfeld. Après une arrivée discrète dans la salle d’audience du Tribunal fédéral de la Floride du Sud, l’accusé a attendu, la tête baissée, presque une heure avant d’être fixé sur son sort.
L’ex-banquier d’UBS a été condamné pour conspiration à 3 ans et 4 mois de prison ferme et à 30 000 dollars d’amende. Mais il ne purgera cette peine qu’à partir du 8 janvier 2010, afin d’étendre sa collaboration avec les autorités américaines.
Bien qu’il ait échappé à la peine maximale, qui est de 5 ans d’emprisonnement et d’une amende de 250 000 dollars, Bradley Birkenfeld a vu, hier, ses espoirs s’envoler. Pourtant, cette semaine, les rebondissements de l’affaire UBS avaient de quoi rassurer l’ancien cadre de la banque helvétique.
Ce dernier espérait ainsi que l’accord signé mercredi entre la Suisse et les Etats-Unis lui aurait permis d’échapper à la prison ferme. Ses avocats, David Meier et Robert Stickney, réclamaient 5 ans de sursis pour leur client. Quant au procureur Jeffrey Neiman, il avait demandé mardi – dans une requête soumise au juge William Zloch – une réduction de peine de moitié, soit 30 mois de prison, compte tenu de sa collaboration «importante, utile, juste, complète et fiable» avec les autorités américaines.
Finalement, le juge a estimé que celui par qui l’affaire de fraude a éclaté, méritait une sentence plus lourde.
«Je regrette mes actes»
L’ex-gérant de fortune d’UBS à la gloire déchue s’est retrouvé sur le banc des accusés après que son ancien client, le magnat de l’immobilier Igor Olenicoff, l’a dénoncé sous les pressions des enquêteurs, qui le soupçonnaient de dissimuler près de 200 millions de dollars au fisc américain. L’ex-banquier a lui-même plaidé coupable le 19 juin 2008. Pour bénéficier d’une peine indulgente, il a fait des aveux complets et a livré des documents confidentiels sur les activités illégales d’UBS.
En costume sombre et rayé, Bradley Birkenfeld s’est adressé timidement à la Cour et a tenté de défendre sa cause une dernière fois. «Je voudrais dire à quel point je regrette toutes mes actions. Tant que je résidais encore en Suisse, je ne pouvais pas révéler tout ce que je savais, car je risquais d’aller en prison. Mais dès que je suis rentré aux Etats-Unis, j’ai immédiatement dénoncé tout ce que je savais.»
Nouvelles révélations?
Cette déclaration a vite agacé Kevin M. Downing, en charge des investigations pour le fisc américain. Il s’est levé et s’est adressé au juge et à l’accusé, en lui jetant des regards noirs et en le pointant du doigt. «C’est parce que vous avez été dénoncé par Olenicoff que vous êtes là!» s’est-il exclamé, avant de souligner calmement son aide précieuse dans l’affaire UBS.
A la lecture de la sentence, l’accusé est reparti aussi discrètement qu’il était venu pour regagner le domicile de son frère, à Boston, où il est en liberté conditionnelle depuis son arrestation. Il y restera encore nonante jours pour aider les autorités américaines. A la question de savoir si Bradley Birkenfeld a encore des secrets à divulguer au fisc sur les activités de son ancien employeur, Kevin M. Downing reste prudent: «On l’espère», a-t-il lâché en quittant la salle d’audience.
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$30 000 d'amende ! Combien lui a rapporté sa "conspiration" ?