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La crise dope la libido des Américains

compensation | C'est la récession, mais les ventes des sex-shops et des boutiques de lingerie polissonnes boument, y compris dans le très haut de gamme. Explications d'experts: "on ne peut arrêter la nature", "c'est une réaction à l'angoisse, c'est le réflexe du nid"...

© DR | Le "Black Diamond Fantasy Miracle Bra", clou du spectacle à cinq millions de dollars chez Victoria's Secret.

AFP | 22.12.2008 | 09:20

Le New-Yorkais Andrew Bradley apporte sa modeste contribution pour lutter contre la récession en stimulant à la fois activité économique et libido.
"J’achète de la lingerie fine pour ma copine", lance fièrement le jeune homme de 31 ans en sortant de la boutique spécialisée The Little Flirt à Manhattan en tenant un petit sac rose. "Et je peux vous dire qu’il ne compte pas", ajoute son compagnon de shopping Terry Cirlin.

Selon les analystes, un nombre croissant d’Américains, comme Bradley, défient la morosité générale des consommateurs en pimentant leur vie amoureuse, faisant de l’industrie du plaisir un des rares secteurs de la distribution à finir l’année avec le sourire.

Des magasins comme Little Flirt qui offre entre autres l’ultime vibro-masseur en platine et diamants à 3250 dollars, semblent intouchés par la crise frappant la distribution. La chaîne de lingerie fine Victoria’s Secret a fait un pied de nez à la récession avec le lancement en novembre d’un soutien-gorge à cinq millions de dollars incrusté de rubis et de diamants suivi de l’ouverture en décembre d’une vaste boutique à New York. Chez Babeland, un sex-shop haut de gamme qui compte trois magasins à New York, les vibro-masseurs se vendent comme des petits pains. "Nos ventes ont augmenté de 7% ces trois derniers mois dans nos magasins et sur notre site internet comparé à la même période l’an dernier", précise Claire Cavanah, co-fondatrice de Babeland.

Un de ces vibro-masseurs en particulier, le rose et blanc, baptisé Gigi à 109 dollars, "s’est tellement bien vendu que nous sommes en rupture de stock", ajoute-t-elle.

Le roi du préservatif, Durex, a réalisé 19 millions de dollars de ventes en novembre, contre 18 millions de dollars un an plus tôt, un résultat en hausse de 5,5% qui doit faire mourir d’envie les autres membres du secteur de la distribution pour la plupart profondément dans le rouge.

Le boom d’activité en chambre répond à une logique économique simple, juge Jennifer Grizzle, une porte-parole de Durex. "En période de récession les gens ont tendance à rester chez-eux", poursuit-elle. "Peut-être ne vont-ils pas autant au restaurant et restent à la maison près de la cheminée et de fil en aiguille il arrive ce qui doit arriver", ajoute Jennifer Grizzle. "L’industrie du préservatif est insensible à la récession car on ne peut pas arrêter la nature", conclut-elle.
Pour Claire Cavanah, il n’y a pas que la luxure mais aussi une dimension romantique dans ce regain d’intérêt pour le sexe résultant de la récession.

"Nous vivons une période angoissante et les gens veulent communiquer", se rapprocher des autres, analyse-t-elle. Elle se souvient que la plus forte poussée d’activité dans les boutiques Babeland a coïncidé avec le début de la crise financière, juste après l’effondrement du géant de l’assurance AIG en septembre.
"Je pense que c’est une réaction à l’angoisse, le réflexe du nid. C’était la même chose après les attaques du 11 septembre, les gens avaient très peur et nos ventes se sont envolées", se souvient-elle.

Mais pour certains, ce besoin de se rassurer va plus loin. Un article publié ce mois-ci dans le Financial Times décrit comment des salariés de firmes financières licenciés ou des banquiers d’affaires déprimés à Londres se bousculaient sur le site Illicit Encounters, spécialisé dans les relations extra-conjugales.
"Depuis septembre, le nombre d’hommes travaillant dans le quartier financier de Londres et s’inscrivant sur le site a augmenté de près de 300%", selon le FT.




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