
Mille paires de chaussures vendues en quinze minutes sur le site Sarenza, soit deux fois plus qu’il y a un an. Durant les dix minutes précédant l’ouverture officielle des soldes le 6 janvier en France, plus de 350 internautes par seconde se sont connectés à Cashstore.fr, une galerie marchande qui fédère plus de 500 sites. Son directeur général, Alexis de Charentenay, affirmait la semaine dernière sur France Info espérer une augmentation de 25% d’achats. La chaîne de radio publique – mais également des chaînes de télévision – relaie un véritable boom des soldes en ligne cette année.
Côté suisse, La Redoute, dont le siège national est à Montreux, confirme l’engouement des internautes. «La démarche d’achat se fait maintenant majoritairement par internet. La progression est bien plus forte là que pour les ventes sur catalogue. La Redoute.ch a enregistré le premier jour des soldes un record de visiteurs uniques, ainsi que du nombre de commandes», affirme Etienne Bourdon, directeur général Suisse, Autriche et Italie. Les retours d’articles sont-ils plus nombreux en période de soldes, ce qui nuancerait le succès? «Non, il n’y a pas de raison, car avec le web, les clients achètent sans le stress des magasins bondés.»
Pas une concurrence
L’Office fédéral de la statistique annonçait lundi dernier une baisse des chiffres d’affaires du commerce de détail de 1,7%, entre les mois d’octobre et de novembre. Atteignant même -2,9% pour les denrées alimentaires, les boissons et le tabac.
Une période noire pour les magasins «traditionnels»? Au contraire, malgré le web et la crise, les grandes entreprises suisses Manor et Tally Weijl se disent très satisfaites des soldes et annoncent de meilleurs résultats que l’an passé. «Le développement des achats sur internet est fort mais représente peu en pourcentage du marché global, estime Christian Bulliard, directeur de Manor Vevey. C’est une tendance, mais ce n’est pas une concurrence pour les grands magasins. Par rapport à l’an passé, nous observons une évolution de plus de 10% pour tous les articles textiles.» «Les achats en ligne ne nous font pas de l’ombre, renchérit Nicolai Diamant, porte-parole de Tally Weijl. Cela ne remplace pas l’atmosphère d’un magasin, ni le fait de toucher et d’essayer les vêtements.»
Immédiateté
«Soldes ou pas, j’achète», sourit Nina, 39 ans, qui vient de trouver une paire de cuissardes noires non baissées au centre commercial de Montreux. Pas question pour elle de le faire sur le net, ce serait perdre «le plaisir du shopping». «C’est aussi une question d’âge, affirme Line, 49 ans, gérante chez Yendi, à Montreux. Ma génération a été très déçue des catalogues et se méfie donc d’internet. Et le toucher reste essentiel, même chez les plus jeunes.» Et Line de citer l’exemple de ses filles, la vingtaine: «Elles ont acheté sur le web leurs billets d’avions la veille et sont parties faire les soldes à Londres et un autre jour au Portugal.»
Avantage: sitôt acheté, sitôt enfilé! C’est que la dimension d’immédiateté ressort fortement chez les ados interrogés. A l’instar de Malena et Morgana, 15 ans, qui viennent d’acquérir une paire de baskets au centre commercial Saint-Antoine, à Vevey. «On peut les mettre tout de suite! C’est mieux qu’internet, où il faut attendre.» Mégane et Anaïs, 14 ans, préfèrent elles aussi courir les boutiques: «Surtout, ça nous évite de demander leur carte de crédit à nos parents et qu’ils refusent!»
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