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Les Vaudois surfent sur la vague montante d’internet

COMMERCE VIRTUEL | Trouver un créneau porteur est le défi essentiel des jeunes entrepreneurs. Internet suscite de nombreuses vocations.


KATARZYNA GORNIK | 01.02.2010 | 00:01

En Suisse, le chiffre d’affaires généré par le biais d’internet en 2008 atteignait 5,87 milliards. En 2003, il dépassait à peine 2 milliards. Autrefois source de méfiance, internet apparaît aujourd’hui comme la voie royale pour développer ses affaires. Les aspirants entrepreneurs rivalisent donc d’inventivité et d’audace pour trouver le filon «en or». Les Vaudois ne sont pas en reste.

Jouets et ventes privées
Chance ou bon business plan? Deux sociétés d’e-commerce lancées en 2007 ont déjà décollé. Eboutic.ch et Toutpourjouer.ch se caractérisent par un modèle d’affaires facile à exploiter: elles se financent par les marges dégagées sur les ventes. Comme tout distributeur classique.

Des marques au rabais
Pour créer Eboutic, Arthur Dauchez s’est inspiré d’une société française (venteprivee.com). Le concept: proposer des marques, avec des rabais de 30 à 80%, pendant une période limitée. «Nous avons fait une étude de marché et nous avons constaté qu’il y avait de la demande pour cette offre en Suisse.» Résultat: 350 000 membres inscrits début 2010 et un chiffre d’affaires 2009 de 7 millions de francs.

Mais, pour y arriver, Arthur Dauchez a tout de même cherché l’appui d’un partenaire financier. En l’occurrence, un fonds d’investissement français.

Toutpourjouer.ch a aussi parié sur «l’effet marques». Le site a vu le jour notamment grâce à l’appui de Virtua, agence de communication basée à Aubonne. Toutpourjouer.ch compte actuellement 5000 clients (en croissance linéaire) et un catalogue de 6200 produits, de 90 marques différentes. «A l’époque, nous avions constaté que l’on ne pouvait pas acheter de jouets en ligne. C’était un marché libre», précise Steve Savioz, porte-parole de Virtua. En négociations pour un partenariat, la société ne communique pas encore son chiffre d’affaires.

Dernier domaine qui suscite les vocations: les réseaux sociaux. Terrain de prédilection de start-up telles que Madeinlocal.com, récemment distinguée par un Prix de l’Ecole hôtelière de Lausanne et également finaliste du trophée PERL 2009 (Prix décerné par la promotion économique de la région lausannoise).

Echanges de bons plans
Madeinlocal.com est un réseau d’échanges de bons plans entre copains. On peut importer les profils d’amis directement depuis Facebook. Les commerçants lausannois ont vite compris son intérêt. Ils sont nombreux à avoir déjà «investi» dans un abonnement. Un sésame leur permettant de figurer sur une carte géographique de Lausanne, avec leur numéro de téléphone et autres indications utiles…

Ce premier succès ne suffit pas encore à assurer le développement de Useful Web, la société fondée par Manuel Acevedo. «A ce stade, nous cherchons un partenaire important, qui l’utiliserait pour faire de la promotion.» En discussion avec notamment la ville de Lausanne, l’entrepreneur et son équipe se voient en promoteurs de proximité. «En soignant ses clients, même un petit établissement peut se retrouver en tête d’un classement…» Quant à Lausanne, elle disposerait d’un outil mettant en avant la richesse de son offre socioculturelle, aussi bien pour ses habitants que pour les touristes.

Une seule ombre au tableau: le temps, qui presse. D’autres sont à l’affût pour exploiter le même genre d’idée.

Pour décoller dans la niche très particulière des réseaux sociaux, il faut pourtant de la patience… C’est le constat de Raphaël Briner, créateur de la plate-forme Hyperweek. Lui aussi est en négociations avec un investisseur français.

L’aventure d’Hyperweek a commencé à Lausanne. Alors directeur de l’agence Electron Libre, Raphaël Briner a monté toute une équipe dédiée à la mise en place de ce projet conçu comme un magazine participatif. Un effort récompensé par le Prix Pacte Multimédia, décerné au site par la TSR en 2008. Encouragé par ce premier succès, Raphaël a quitté l’agence et s’est lancé.

Mais la conjoncture frappe de plein fouet les start-up… «Je me suis rendu compte que le concept uniquement axé sur le réseau n’était pas viable», explique-t-il. Aujourd’hui, Raphaël Briner se présente plutôt comme un éditeur de logiciel et cible une clientèle d’agences web, d’entreprises informatiques et de marques «haut de gamme» capables de fédérer une communauté de fans.




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