
Pire que Gustav. On avait craint le passage de l’ouragan sur la Louisiane à l’heure de la convention républicaine, mais c’est le chaos dans lequel se retrouve aujourd’hui l’économie américaine qui vient bousculer la campagne de John McCain: poussé à se contredire, il est contraint de se distancer de l’administration Bush, mais aussi de sa propre histoire de champion de la dérégulation.
Mercredi, McCain s’est retrouvé acculé, poussé à changer in extremis son fusil d’épaule, lorsque la Fed a injecté 85 milliards de dollars pour sauver l’assureur American International Group (AIG). McCain, qui s’y était vigoureusement opposé quelques heures avant l’annonce, a dû revoir son message, jugeant que l’administration avait été "forcée" à agir pour protéger des millions d’Américains d’une nouvelle débâcle personnelle. Et mettant en cause une "gestion irresponsable et la "culture de casino" régnant à Wall Street".
A l’approche du vote, il ne fait aucun doute que cette économie devenue folle est la préoccupation, voire la terreur principale de l’électorat. Et à moins de sept semaines du Jour-J, McCain est particulièrement vulnérable sur le sujet.
Cette tempête économique semble redonner des ailes à Obama: il tape à bras raccourcis sur McCain, décrit comme un pur produit de cette volonté républicaine qui aura débouché sur des décennies de dérégulation des marchés, coupables selon le sénateur de l’Illinois des dégâts subis par l’économie américaine.
Pour Obama, l’équation est simple: la crise est un "rappel sévère des échecs du capitalisme de copinage et d’une philosophie économique qui considère toute régulation comme malavisée et inutile". A l’heure où McCain se débattait dans son recalibrage de message après l’intervention de la Banque centrale, Obama, lui, réclamait l’ouverture d’une enquête sur d’éventuelles malversations.
Cherchant à cultiver son avantage, Obama s’est offert un spot publicitaire particulièrement long dans plusieurs Etats-clés. Il y fustige la politique économique de Bush: chômage, stagnation des salaires et augmentation de la nourriture et de l’essence, immobilier et crédit en crise... "Ce n’est pas juste une série de malchances. La vérité, c’est que si vous avez assumé vos responsabilités, Washington ne l’a pas fait. C’est pourquoi nous avons besoin de changement. Un vrai changement", assène le spot.
Quant à Sarah Palin, elle aussi championne libérale, elle est montée au créneau pour défendre son patron, jugeant "injuste" l’ironie démocrate après la déclaration malheureuse de McCain, qui avait affirmé lundi que les fondamentaux de l’économie américaine étaient solides: "Il voulait dire notre force de travail, l’ingéniosité du peuple américain. Bien entendu, cela est solide, et c’est cela la base de notre économie."
Reste qu’aucun des candidats n’a apporté de réponses sur ce qu’il ferait face à cette crise économique. Compliquant l’affaire, certains des plus grands financiers des deux campagnes sont des dirigeants de cette industrie des services financiers actuellement en train d’imploser: le patron de Merrill Lynch a levé plus de 500 000 dollars de fonds pour la campagne McCain. Et Obama a reçu au moins 1,5 million de dollars récoltés par trois hauts responsables de Lehman Brothers.
Avant lundi et le début de la déconfiture, la campagne électorale s’agitait encore autour de la colistière-surprise de McCain. Le déclenchement de la crise financière a remisé au placard tous ces débats, jugés par certains secondaires, sur le pedigree, les "casseroles" et le fils handicapé de la gouverneure de l’Alaska.
Selon le dernier sondage Gallup en date de mercredi, McCain n’est plus en tête, pour la première fois depuis la convention républicaine. S’il avait encore cinq points d’avance jeudi dernier, le week-end du déclenchement de la débâcle financière l’a refait passer derrière Obama, d’une larme: le démocrate mène désormais par 47 contre 45%.
En vacances deux semaines, nous vous proposons de (re)découvrir une partie des rencontres mises en ligne durant ce premier trimestre 2010:
Les petites communes abandonnées par la Nation?
La justice est-elle trop clémente avec les mineurs?
«Ces enfants blessés seraient condamnés si l'on ne faisait rien!»
«Oui, on peut être tuteur et heureux!»
FC Ependes - FC Concordia Lausanne 0 - 5 (0 - 2) Notes : Terrain d'Ependes Franki
C'est le médecin et psychanalyste anglais Michael Balint qui a commis voici quelques décennies...
Etes-vous favorable au renvoi systématique des criminels étrangers?
Dans une initiative, l'UDC préconise le renvoi des auteurs étrangers de délits y compris ceux relevant de la perception abusive de prestations sociales. Cette mesure vous semble-t-elle opportune?
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