
Après une accalmie précaire jeudi, Tokyo a clôturé en chute de 9,62% dans le sillage de Wall Street où le Dow Jones a perdu 7,33% jeudi, sa septième baisse consécutive, pour atteindre son plus bas niveau depuis cinq ans.
"C’est la panique totale, il n’y a pas d’autre mot", commentait à New York Gregori Volokhine, analyste chez Meeschaert. "On est au-delà de la panique", renchérissait à Tokyo Oh Hyun-Seok, de Samsung Securities.
Tokyo avait déjà enregistré mercredi un repli de 9,38%, sa pire perte en une séance depuis octobre 1987.
Première victime au Japon
La crise a fait une première victime de taille au Japon: l’assureur Yamato Life Insurance s’est déclaré en cessation de paiement.
La Banque du Japon a pourtant mis vendredi 4.500 milliards de yens (34 milliards d’euros) à la disposition des banques, sa plus forte injection de liquidités en une journée depuis le début de la crise financière.
La Banque centrale européenne (BCE) avait mis sur le marché 100 milliards de dollars jeudi, doublant la somme habituelle.
Les autres marchés asiatiques vivaient également une séance cauchemardesque. En clôture, Sydney et Manille ont perdu respectivement 8,34% et Séoul 4,13%.
A 8 h 15 (suisse), Hong Kong perdait 7,03%, Bangkok 8,02%, Singapour 7,10% et Shanghai 3,27%. La Bourse de Taïwan est fermée ce vendredi pour cause de jour férié.
GM perd un tiers de sa valeur
"Après la chute de General Motors, les inquiétudes vis-à-vis de l’économie mondiale s’aggravent et il n’y a aucun signe d’une amélioration des conditions du crédit", a expliqué Oh Hyun-Seok, de Samsung Securities.
A New York, les colosses automobiles de Detroit ont particulièrement souffert: General Motors a perdu 31,11% et Ford 21,81% pour atteindre des niveaux plus vus depuis les années 1950.
Autre victime collatérale de la crise financière, le pétrole. Le baril de Brent pour livraison en novembre est tombé sous les 80 dollars dans les échanges électroniques en Asie, plombé par la crise et les inquiétudes sur la demande de brut. "Les Bourses régionales connaissent toutes un bain de sang et en réaction le pétrole tombe aussi", a expliqué Victor Shum, analyste chez Purvin and Gertz.
Avant une ouverture redoutée des Bourses européennes, les deux Bourses de Moscou, le RTS et le Micex, très chahutées ces derniers jours, ont annoncé qu’elles n’ouvriraient pas ce vendredi matin, sur ordre des autorités de régulation des marchés.
Le G7 sous pression
Ce nouvel effondrement des marchés met la pression sur la réunion des ministres de l’Economie et des Finances et des gouverneurs des banques centrales des sept pays les plus industrialisés (G7) qui débute à Washington à 14 h (20 h suisse).
Ils devaient "discuter des démarches entreprises par chacun pour faire face à cette crise et des moyens de renforcer nos efforts collectifs", a déclaré le secrétaire américain au Trésor Henry Paulson.
Alors que les Etats-Unis se retrouvent en position d’accusés face aux membres du club (Allemagne, Canada, France, Italie, Japon et Royaume-Uni), le président George W. Bush devait faire une déclaration à 16 h (suisse) pour "assurer aux Américains qu’ils peuvent avoir confiance" car "les responsables économiques agissent énergiquement pour stabiliser notre système financier", a déclaré sa porte-parole.
Le Japon veut une réaction globale
Selon la presse japonaise, Tokyo va proposer au G7 la création d’un fonds d’urgence d’environ 200 milliards de dollars (146 milliards d’euros) pour prêter de l’argent aux petits pays affectés par la crise financière mondiale.
Le Japon, qui préside cette année le G8 (G7 plus Russie), est également prêt à convoquer un sommet extraordinaire de ce club de grandes puissances si aucune solution pour faire face à la crise financière n’émerge lors de la réunion du G7 finances ce vendredi, a annoncé le Premier ministre japonais Taro Aso.
"Si aucune conclusion n’émerge, en tant que président, je convoquerai" un sommet, a déclaré M. Aso à des journalistes.
A Washington, les deux leaders démocrates du Congrès ont également demandé à George W. Bush de convoquer un sommet de crise du G8.
Fébriles, les marchés boursiers européens s’étaient enfoncés jeudi dans le rouge après un rebond initial, malmenés par les inquiétudes persistantes sur l’avenir du secteur bancaire.
Londres avait terminé en recul de 1,21%, Francfort de 2,53%, Paris de 1,55%.
Le Conseil national s’apprête une nouvelle fois à débattre, au cours de la session de printemps...
Comme écrit dans un précédent billet, « Femina », à diffusé un témoignage...
Faut-il tester les conducteurs au-dessus de 50 ans?
Berne veut limiter la durée de validité du "bleu". Les quinquas devront passer un examen pour vérifier leur aptitude à conduire.
Participez au sondage et au débat sur www.lesquotidiennes.com
Toutes les photos des événements avec 24heures
