Crucifix dans les écoles: Rome s’insurge contre la décision de Strasbourg

Laïcité | Bruxelles a condamné la présence de croix chrétiennes dans les classes italiennes. De quoi faire bondir la ministre transalpine de l'Education.

© KEYSTONE |

AFP | 03.11.2009 | 16:16

La ministre italienne de l’Education s’est insurgée mardi contre la décision "idéologique" de la Cour européenne des droits de l’Homme condamnant la présence de crucifix dans les salles de classe italiennes, tandis que le gouvernement a annoncé un recours. "La présence du crucifix dans les classes ne signifie pas une adhésion au catholicisme, mais c’est un symbole de notre tradition", a affirmé Mariastella Gelmini, citée par l’agence Ansa.

"L’histoire de l’Italie passe aussi à travers des symboles : en les supprimant on supprime une partie de nous-mêmes. Dans notre pays, personne ne veut imposer la religion catholique", a-t-elle affirmé. "Personne, et encore moins une cour européenne idéologique, ne réussira à supprimer notre identité. Notre Constitution reconnaît en outre, justement, une valeur particulière à la religion catholique", a-t-elle ajouté.

La Cour de Strasbourg a jugé la présence de crucifix contraire au droit des parents d’éduquer leurs enfants selon leurs convictions et au droit des enfants à la liberté de religion.

Les juges ont estimé que la croix pouvait aisément être interprétée par des élèves de tous âges comme un signe religieux, signe qui peut être perturbant pour des élèves d’autres religions ou athées.

La Cour a conclu à l’unanimité à la violation de l’article 2 du protocole 1 (droit à l’instruction) en même temps que de l’article 9 de la convention des Droits de l’Homme (liberté de pensée, de conscience et de religion).

Recours en vue
"Le gouvernement, bien entendu, présentera un recours", a déclaré le ministère italien des Affaires étrangères. "La décision de la Cour de Strasbourg vise à annuler nos racines chrétiennes (...) On est en train de créer une Europe sans identité ni traditions. Maintenant, il devient urgent d’insérer les racines chrétiennes dans la Constitution italienne", a réagi pour sa part Alessandra Mussolini, petite-fille du dictateur italien et parlementaire.

Ce verdict "piétine nos droits, notre culture, notre histoire, nos traditions et nos valeurs", a dénoncé le ministre à la Simplification administrative, Roberto Calderoli, membre du mouvement populiste de la Ligue du Nord.

"Dans tous les cas de figure, les crucifix resteront sur les murs de nos écoles où ils ont toujours été, comme nous continuerons à avoir nos crèches ou à fêter Noël, car nous sommes fiers de nos symboles et de leur signification", a-t-il ajouté.


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