
Shandley André souffre en silence, mais ses yeux injectés de sang appellent au secours. Le garçon de 13 ans est allongé sur un lit de fortune depuis une semaine dans la cour de l’hôpital général de Port-au-Prince.
L’établissement situé en plein centre de la capitale haïtienne est saturé. Quelques mètres seulement séparent les dizaines de blessés des cadavres qui jonchent le sol boueux. La morgue est à l’autre bout de la cour.
Retiré des décombres de sa maison par des passants après avoir été enseveli plusieurs heures, Shandley André souffre de fractures multiples à la jambe gauche, aux hanches et au crâne.
A son arrivée à l’hôpital, il a dû attendre des soins pendant vingt-quatre heures. Frantz Rosier, son oncle, explique que l’enfant attend une hypothétique greffe de peau sur sa plaie béante à la tête. Shandley André en est réduit à vivre avec une douleur profonde, à peine atténuée par quelques calmants. Guerlande André, sa maman, veille à son chevet depuis mercredi dernier, pendant que sa grand-mère s’occupe de sa petite sœur de 1 an. «Je suis très triste», glisse-t-elle d’un ton las. «Mais j’ai de l’espoir. Dieu va nous aider.»
Ils sont des milliers à se retrouver dans la même situation que Shandley André: survivants, mais gravement blessés. Rosette Quillaume, 40 ans, a eu une jambe brisée par la façade d’une maison qui lui est tombée dessus. Une broche lui traverse le tibia; sa jambe est maintenue en extension par un dispositif de fortune constitué de deux bouts de tissu et d’un jerrican d’eau. Oscar Bijoux, son mari, n’a pas quitté son chevet depuis une semaine. «On lui donne des antidouleurs, mais nous ne savons pas combien de temps elle devra rester comme ça.»
Frontière ténue
Une semaine après le séisme, la frontière entre vie et mort semble terriblement ténue. La souffrance fait partie du quotidien de survivants qui logent dans des camps de fortune et n’ont encore que peu d’accès aux soins.
Rencontrée dans un orphelinat transformé en dispensaire, Ketzia Brunard, 20 ans, a passé trois jours avec un pansement sur sa main gauche, arrachée lors du séisme. Joseph Baptiste, lui, a agonisé pendant quatre jours avant de pouvoir être transporté dans le coffre d’une voiture, transféré vers un hôpital et y être amputé.
Climat insurrectionnel
Toute surface plate de plus de 1,5 mètre est un brancard potentiel. Face à la pénurie d’ambulances, les habitants transportent leurs blessés à pied, dans des charrettes ou dans des camionnettes. Des équipes médicales venues du monde entier tentent d’aller vers les blessés; elles ont ouvert des hôpitaux dans plusieurs quartiers de la capitale. Mais la situation sécuritaire, très précaire dans le climat insurrectionnel qui flotte au centre de Port-au-Prince, limite considérablement leur champ d’action.
A l’hôpital général, des équipes de médecins interviennent dans des conditions sanitaires très difficiles. Assise sur son lit, Wadline Noel, 19 ans, gémit sans arrêt. L’histoire que raconte son cousin ressemble tragiquement à tant d’autres. La jeune femme aux yeux pleins de sang a été ensevelie sous des décombres. Depuis son sauvetage la semaine dernière, elle survit grâce aux calmants que les médecins lui injectent dans le bras.
Alors que Wadline Noel pleure, des infirmières déposent sur un petit matelas à même le sol une fillette qui doit avoir à peine plus de 2 ans. Elle a été miraculeusement sortie des décombres hier, six jours après la catastrophe. Elle a des blessures et de la poussière sur le visage, mais elle vit. Les gens qui l’ont amenée à l’hôpital, racontent que ses parents sont morts en faisant écran sur elle. Pendant que les médecins s’affairent et qu’un photographe l’hydrate en lui donnant de l’eau avec une seringue, la petite orpheline ne bronche pas. Elle est étrangement calme et offre à ce moment une vision d’espoir inoubliable.
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Dans une initiative, l'UDC préconise le renvoi des auteurs étrangers de délits y compris ceux relevant de la perception abusive de prestations sociales. Cette mesure vous semble-t-elle opportune?
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