
On aimerait pouvoir se dire, au terme d’une soirée comme celle-là, que le LHC a touché le fond. Seulement, sa capacité de défaillance est telle, cette saison, qu’on en est même pas sûr. Combien de fois a-t-on cru l’équipe de Terry Yake enfin partie dans ce championnat pour la retrouver à l’arrêt au match suivant! Olivier Keller ne s’y fait pas plus que ce public de Malley qui, après avoir témoigné de beaucoup de patience durant la partie, a réservé samedi une bronca de sifflets à son équipe au sortir de la glace. «Après nos bons matches à Sierre et contre La Chaux-de-Fonds, puis une prestation correcte à Ajoie, voilà que nous retombons dans nos vieux démons, constatait le capitaine au sortir d’un tête à tête avec Barry Alter. Ce soir, on a joué comme des poules sans tête, sans idée et sans cohésion.» Tout le contraire d’un adversaire au jeu simple mais qui a parfaitement concrétisé ses plans.
Cocktail de lacunes
En fait, samedi, les Lions ont servi un cocktail des lacunes déjà abondamment constatées durant cette première partie de saison. Manque d’engagement, de réalisme aussi, cadeaux faits à l’adversaire (même le gardien Mona s’y est mis en balbutiant deux pucks dont les visiteurs ont fait leur beurre), incapacité crasse à exploiter les supériorités numériques… tout y était. Y compris la défaillance de supposés leaders. Au premier rang desquels il faut bien mettre Himelfarb, auteur d’un assist sur l’ouverture du score de… Langenthal, mais toujours à la recherche, après neuf matches, de son premier but pour le LHC. Bref, loin de s’inspirer de la mise au point effectuée en semaine au niveau des dirigeants, les Lions ont livré un non-match.
«Awful!» Affreux. Premier, et à peu près seul mot sorti de la bouche de Barry Alter au terme de cette soirée de cauchemar. Le patron canadien du LHC devait se dire qu’en versant les 4 millions de francs promis, l’éphémère propriétaire Brent Nelson lui aurait décidément fait réaliser une bonne affaire.
L’impuissance des Lions sur la glace ne reflète-t-elle pas celle d’un Terry Yake bien passif au coaching et pour le moins discutable dans les choix de joueurs en power play? Barry Alter refusait d’accabler son compatriote: «Quels que soient le coach et la tactique, si les joueurs ne se battent pas sur la glace, ça ne fonctionne pas. Ce soir, Langenthal a travaillé pour gagner, nous pas. La réaction doit venir des joueurs.»
Se pose quand même plus que jamais la question de savoir si le «trop gentil» Terry Yake est toujours l’homme de la situation. «Nous aurions donc besoin d’un Père Fouettard!, lançait Olivier Keller. C’est vrai que Terry ne gueule pas comme un McSorley et qu’il ne nous cadenasse pas dans un système de jeu trop rigide. J’espère que mes équipiers se rendent compte de la chance que nous avons de ne pas jouer sous les ordres d’un tyran. A Ge/Servette, j’avais fini pas perdre tout plaisir.» On n’est pas sûr que les Lausannois en aient pris beaucoup samedi soir.
Trop gentils
Invités par leur coach à vider leurs sacs après le match, les joueurs n’auraient rien trouvé à dire. «Il n’y a pas de problème dans l’équipe, ni avec le coach, constate Olivier Keller. Peut-être, justement, qu’on ne se déteste pas assez, qu’on est trop gentil à l’entraînement et que ça se reflète dans nos prestations. Car il est clair que nous ne nous faisons pas assez mal sur la glace. Je ne vois pas beaucoup de sacs de glace dans le vestiaire après les matches.»
Glace ou pas, les Lions devront vite soigner leur gueule de bois: GC les attend demain soir (20 h) à Küsnacht. Il n’y a pas si longtemps, le LHC y avait vécu un autre cauchemar.
LHC – Langenthal 2-3 (1-1 1-2 0-0)
Malley. 3109 spectateurs.
Arbitre: M. Massy.
Buts: 5e Gruber (Moser) 0-1, 16e Frunz (Zeller, Fedulov) 1-1, 30e Murley (Lussy) 1-2, 32e Baumgartner 1-3, 39e Randegger (Villa), 2-3,
LHC: Mona; Kamerzin, Keller; Zalapski, Leeger; Villa, Schilt; Tremblay, Himelfarb, Schnyder; Randegger, Miéville, Augsburger; Bonnet, Staudenmann, Lussier; Fedulov, Zeller, Frunz; Gailland.
Langenthal: Eichmann; Wegmueller, Randegger; Aegerter, Faeh; Bochatay, Gurtner; Larose, Lussy, Murley; Moser, Bodemann, Gruber; Gerber, Baumgartner, Fischer; Kummer, Blaser, Schaueblin.
Pénalités: 2x2’ contre le LHC, 5x2’ contre Langenthal.
Notes: coup d’envoi donné par Frédéric Veseli, capitaine de l’équipe de Suisse M17 championne du monde. Blessé à la 33e minute, Zeller n’est plus réapparu sur la glace.
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