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La Nouvelle-Orléans retrouve le sourire

FOOT AMÉRICAIN | Quatre ans et demi après l’ouragan dévastateur Katrina, la ville a vécu un jour historique, hier à Miami: pour la première fois en 43 ans d’existence de la compétition, son équipe des Saints a enlevé le Super Bowl.

© AP | ​En plus d’avoir gagné son duel à distance avec Peyton Manning, le quarterback des Saints Drew Brees, ici avec son fils Baylen, a été sacré homme du match.

SPORTINFORMATION | 09.02.2010 | 00:02

En finale du Super Bowl, regardée par plus de 106 millions de téléspectateurs aux Etats-Unis (nouveau record), les Saints du quarterback Drew Brees ont dominé 31-17 les Colts d’Indianapolis, emmenés par le quarterback Peyton Manning. «Nous avions une ville entière dernière nous, peut-être même un pays entier. Tout ça devait arriver, c’est le destin», a réagi Brees.

Les deux artistes de la passe se sont livré un duel aérien splendide, mais c’est Manning qui a craqué à la fin de ce 44e Super Bowl. A moins de quatre minutes du terme du match, alors que les Saints venaient de prendre l’avantage au score pour la première fois grâce à un touchdown de Jeremy Sho-ckey, sur une passe courte de Brees (24-17), il a lancé une passe pourtant précise qui a été interceptée par la défense de La Nouvelle-Orléans.

Tracy Porter a alors capté le ballon à 74 yards de l’en-but d’Indianapolis, pour s’en aller marquer le touchdown qui a crucifié les Colts (31-17). Ces derniers n’ont pas su combler leur retard lors des trois dernières minutes de jeu, échouant à seulement 3 yards de la ligne d’en-but des Saints.

Drew Brees a été désigné incontestable homme du match, avec 32 passes réussies sur 39 tentées pour 288 yards gagnés, dont deux passes de touchdown (pour Pierre Thomas et Shockey). Manning n’a pas démérité, avec 31 passes réussies sur 45 tentées pour 333 yards gagnés, dont un de touchdown. Mais c’est son lancer intercepté qui va rester dans les mémoires des fans d’Indianapolis, pétrifiés. Le père de Peyton Manning, Archie, était le quarterback des Saints dans les années 1970 et ses deux fils (Peyton et Eli, quarterback des New York Giants) ont grandi dans la ville surnommée aux Etats-Unis «Big Easy», où la fête s’annonçait dantesque dans la nuit de dimanche à lundi.

Conte de fées
Pour une population frappée de plein fouet en août 2005 par un ouragan qui a tué plus de 1000 habitants, forcé des centaines de milliers d’autres à l’exil et noyé la ville à 80%, la saison des Saints a été un vrai conte de fées. La meilleure attaque de la NFL a entamé la saison par 13 matches sans défaite avant de baisser le pied en décembre. La magie a continué d’opérer en play-off, en janvier, avec un succès contre Dallas en finale de la Conférence nationale, qui a offert à l’équipe un ticket pour son premier Super Bowl.

Au coup de sifflet final victorieux, des milliers de gens sont descendus dans les rues du Quartier Français, l’âme festive de la ville, en hurlant le cri de ralliement des Saints, devenu fameux dans tout le pays: «Who dat? Who dat say dey gonna beat dem Saints!» (Qui ça? Qui dit qu’ils vont battre les Saints»)!




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