
Dimanche à Bahreïn – où il est considéré comme le local de l’étape puisqu’il y a résidé et que son oncle y travaille –, Sébastien Buemi attaquera sa deuxième saison dans la catégorie reine du sport automobile. Après ses brillants débuts, 2010 se profile comme l’année de la confirmation, au sein de ce qui reste toutefois une des petites équipes de la F1. Dans leur escalade vers les sommets, les destins du jeune homme pressé et de la 2e équipe de l’empire Red Bull sont étroitement mêlés. A quelques heures de reprendre le volant sur le circuit de Sakhir, le Vaudois passe en revue les grands thèmes de cette F1 qui fête son 60e anniversaire et s’annonce exceptionnelle.
Schumacher de retour
«C’est bon pour la F1. Je me réjouis de courir contre lui. Il sera compétitif, comme toujours, mais ça dépendra aussi beaucoup de sa voiture, il n’y a pas de miracle, et pour le moment c’est difficile de savoir ce que vaut la Mercedes. On peut se faire une idée, mais rien de plus, en procédant par déduction entre leurs tours les plus rapides et les plus lents. Cela dit, ça ne va pas changer le monde, les courses restent les courses.
Alonso chez Ferrari
«La Ferrari est compétitive, c’est clair. Je la vois devant, avec la Red Bull-Renault, mais tout peut changer d’un circuit à l’autre. Il aura fort à faire face à Massa, qui a l’air bien remis de son accident et qui est allé très vite cet hiver. Ferrari n’est pas Renault et Alonso a son caractère, même s’il a l’air déjà bien à son aise»
Button chez McLaren
«Il est sûr d’avoir une voiture compétitive, peut-être pas pour gagner le championnat à coup sûr, mais pour se battre devant. Les grandes équipes comme McLaren ne terminent jamais loin des premiers même quand tout va mal. Mais ce ne sera pas facile face à Hamilton, le fils de la maison. Button a quitté Brawn GP où il était largement No 1, mais je n’appelle pas ça un défi. Ce n’est pas comme s’il rejoignait une petite équipe ayant tout à prouver!»
Vettel à maturité
«Il est parfaitement intégré, il a dominé la fin de saison 2009 et l’équipe Red Bull-Renault est restée stable depuis. La base est très bonne, il est bien armé pour démarrer très fort. Après tout dépendra du rythme de développement, mais Vettel sera un des hommes à battre. L’an dernier, il a fait quelques erreurs, mais il a toujours été dans le coup…»
Sauber sans BMW
«Une référence pour nous puisqu’ils ont le même moteur Ferrari que Toro Rosso. Ils ont bien travaillé pendant l’hiver, ils ont de très bonnes infrastructures à Hinwil, et deux bons pilotes. Mais le budget sera-t-il suffisant pour suivre le rythme de développement? Dans le milieu du peloton (ndlr: Williams, Force India, Renault et Sauber) , la hiérarchie est tellement serrée que tout peut se jouer sur des détails»
Six débutants
«C’est beaucoup, quand je pense que j’étais le seul, l’an dernier. Ça me rappelle dans quel état d’esprit j’étais. Pas facile de s’habituer à tout, avec chacune des trois séances d’essais définies pour un autre moment-clé de la course. Kobayashi (Sauber) a déjà couru deux GP en 2009, Huelkenberg (Williams) a beaucoup roulé en essais, di Grassi (Virgin) a trois saisons de GP2 et des tests en F1. Il n’y a que Petrov (Renault), Senna et Chandhok (HRT) qui débarquent.»
Ravitaillements interdits
«Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée. Pour avoir une bonne stratégie, il n’y a pas besoin d’avoir beaucoup d’argent. C’était une chance pour les petites équipes, qui disparaît. Et je ne suis pas sûr que cela favorise les dépassements. Avec les voitures obligées de partir avec le plein, soit 160 kg de carburant, bien gérer les pneus et les freins sera primordial. Restent les changements de pneus, qui vont durer moins de trois secondes!»
Barème de points élargi
«25 points au vainqueur (au lieu de 10 auparavant), 18 au 2e (au lieu de 8), 15 au 3e (au lieu de 6), puis 12, 10, 8, 6, 4, 2 et 1 au dixième. C’est peut-être bien de récompenser les 10 premiers, au lieu des 8 jusqu’ici, mais il y a des statistiques qui ont fait toute l’histoire de la F1 et ça va empêcher toute comparaison entre les époques. Cela dit, je m’en fiche un peu: mon but est d’en marquer le plus possible… par rapport aux autres.»
Toro Rosso constructeur
«Une année charnière. Avant, Toro Rosso recevait les données de Red Bull Technologie et construisait les pièces, maintenant toute la voiture est conçue de A à Z à Faenza. Il y a un rythme à prendre pour tout faire vite et bien. C’est une première victoire d’avoir pu participer à tous les essais de février – quelque 5900 km – mais ça ne veut pas dire que ça débouchera sur de meilleurs résultats. En deux dixièmes de seconde tu passes de l’avant à l’arrière du peloton.»
Buemi en 2e année
«C’est une année de plus d’expérience! Je suis beaucoup mieux préparé, physiquement et mentalement plus fort, je suis bien intégré chez Toro Rosso, bref j’ai toutes les clés en main pour faire une bonne saison et viser plus haut. Je sais mieux discerner ce qui est important, pour amener aux ingénieurs les informations utiles sans me perdre dans les détails. J’ai un bon sentiment».
Après un petit moment d'absence, voici un petit commentaire sur l'actualité. "Roh non!!!" diront...
Et c’est parti. Ce soir vers 19h00 les autorités de la ville de Genève ont donné le coup d’envoi...