
Surveiller la durée des psychothérapies pour prévenir les abus est politiquement correct et racoleur. Prétendre que l'accès aux psychothérapies n'en sera pas restreint, mais amélioré, relève de la supercherie.
Cela revient à dire que les abus de psychothérapie sont si nombreux et massifs qu'ils coûtent aux assurances beaucoup plus cher que les mesures administratives (augmentation du personnel) mises en place pour les traquer. Or on sait bien que les abus sont peu nombreux. La nouvelle ordonnance a donc pour conséquence la réduction générale du nombre des séances de psychothérapie - au-delà de dix, le médecin ne peut que s'en remettre au bon vouloir de l'assureur, sans autre recours que celui du patient auprès du Tribunal des assurances!
Ces formes de traitements seront ainsi nécessairement amputées, voire rendues impraticables. Car, quel que soit le modèle utilisé, la psychothérapie, qui vise à modifier les systèmes de pensée conduisant à la maladie psychique, est une démarche lente. Inévitablement lente, puisque soumise au rythme imposé par notre cerveau: la compréhension émotionnelle indispensable à l'intégration du processus prend beaucoup plus de temps que la compréhension intellectuelle. De plus, tout arrêt prématuré d'une psychothérapie implique une intégration très partielle du processus - avec un risque de rechute rapide, le fonctionnement cérébral nouveau souhaité pour le non-retour dans la maladie n'étant pas établi. Ainsi l'argent a été dépensé en vain, et la rechute engendre un surcoût.
Pour ne considérer que les aspects économiques, sans parler de l'essentiel (la qualité de vie des patients): qui va supporter les frais du manque de soin psychique des assurés?
Souvent, des décisions économiques à courte vue négligent les coûts qu'elles provoquent ailleurs, coûts sociaux notamment. Nous le constatons auprès de la population la plus représentée chez nos patients: mères de famille, enseignants, jeunes adultes en perte de repères, managers en burn-out. Une mère angoissée et déprimée n'a plus l'énergie nécessaire pour établir les limites indispensables au bon développement de ses enfants. Ce manque d'encadrement génère le plus souvent des pathologies psychiques chez les jeunes, voire des personnalités antisociales (psychopathie, délinquance). Les économies réalisées sur les frais de santé induisent des coûts reportés sur la justice, la police, l'aide sociale...
Nombre d'enseignants ne sont maintenus au travail que grâce à la psychothérapie. Sans ces soins, l'absentéisme va s'accroître. Qui paiera? Le Département de la formation, et les élèves. Les jeunes adultes à l'entrée dans la vie active sont souvent fragiles, il est impératif pour leur avenir de les soigner au mieux et d'éviter des échecs professionnels dus à l'absentéisme. Sans cela, les assurances perte de gain et l'aide sociale sont sollicitées. Le traitement des managers en burn-out est long, mais la durée des absences est raccourcie lorsque la psychothérapie peut être suivie au long cours; ce qui évitera des frais aux entreprises et à l'assurance perte de gain.
En conclusion: attention! Une faible économie ici cache une forte dépense là.
Après un petit moment d'absence, voici un petit commentaire sur l'actualité. "Roh non!!!" diront...
Et c’est parti. Ce soir vers 19h00 les autorités de la ville de Genève ont donné le coup d’envoi...
toujours plus d'exigeances professionelles impliquent deux conséquences: la première est que de moins en moins de personnes n'arrivent à tenir le choc, donc plus de personnes en traitement médical (physique ou psychique); ce qui entraine la deuxième conséquence: l'augmentation des coûts de la santé.En fait, le vrai remède à notre société de fous est de soigner non les individus, mais la société elle-même en revenant à des valeurs plus respectueuses de la personnalité et non axées sur le cours de la bourse.
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