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Saif al Islam, le masque diplomatique des Kadhafi

PORTRAIT | Qui est ce fils Kadhafi avec qui la Suisse tente de négocier une détente en marge du Forum de Davos? Un diplomate, oui. Toujours en cour? Pas sûr.

© EPA | Saif al Islam Kadhafi est le fils préféré du colonel libyen aux yeux des Occidentaux. Il ne serait pourtant pas très en cour auprès de son père. C’est toutefois à travers lui que la Suisse espère entrevoir une éclaircie dans des relations agitées entre les deux pays.

OLIVIER BOT | 30.01.2009 | 00:03

Mais qui est ce Saif al Islam, fils Kadhafi venu à Davos parler du contentieux diplomatique né des frasques d’un de ses frères à Genève? Littéralement, son prénom signifie «le glaive de la religion». «Le businessman de la diplomatie» lui irait mieux.

Le second fils de la deuxième épouse du guide de la révolution libyenne, 37 ans, s’est fait connaître sur la scène internationale en 2000. Comme entremetteur dans la libération des otages du groupe Abou Sayyaf sur l’île de Jolo (Indonésie). Depuis, il s’est fait une spécialité du «prix de la paix» et des règlements avantageux des nombreux dossiers noirs du régime. A la tête de la Fondation Kadhafi pour la charité et le développement, créé il y a neuf ans, il s’est fait le masque diplomatique d’une Libye désireuse de reprendre sa place dans le concert des nations, après avoir été mise au ban pour terrorisme.

«En guerre ouverte»

Suites des attentats de Lockerbie (1988) ou de l’avion français d’UTA (1989); retour des Américains après la levée de l’embargo, à Tripoli; reprise des vols Tripoli-Paris etc: sa Fondation passait alors pour la diplomatie parallèle d’un colonel Kadhafi allant à Canossa. Avec l’affaire des infirmières bulgares – où Saif fut tour à tour mis en avant et éclipsé – le moderniste et réformiste «glaive de l’Islam» a semblé s’émousser. Tancé par son père pour avoir «reconnu la torture» sur les infirmières, il n’est plus aussi utile au vieux guide, habile à jouer de tous ses enfants sans en désigner un comme successeur!

L’urbaniste et goldenboy trilingue (anglais, allemand, arabe) qui s’est taillé un petit empire de communication à la façon d’un émir du Golfe (avec site internet, journaux et télé) est le fils préféré des Occidentaux. En Libye, c’est plutôt son cadet, al Mohatassem Bilah qui est en cour. Conseiller à la sécurité intérieure, ce militaire discret, en guerre ouverte avec Saif, est un proche des Conseils de la révolution, les durs du régime qui ont exclu toute perestroïka à la libyenne proposée par Saif.

Ce fils Kadhafi est-il dès lors le bon négociateur pour Berne? «C’est en tout cas un meilleur interlocuteur que ceux rencontrés depuis sept mois par la diplomatie suisse», souligne Hasni Abidi, directeur du Centre d’études et de recherches sur le monde arabe et méditerranéen à Genève.

Etudiant à Lausanne

«Toucher à un fils Kadhafi, c’est toucher au régime. Et cela ne peut se régler qu’avec la famille, et au final, avec le colonel en personne», estime le politologue. «La Libye n’a plus besoin de montrer un visage moderne avec un Saif. Ses relations sont excellentes avec Washington et l’Europe», poursuit le chercheur. «L’enjeu à Tripoli est aujourd’hui de politique intérieure. Et une énième médiation de Saif peut crisper un peu plus les durs à Tripoli», conclut-il.

Comme son frère Hannibal interpellé à Genève, Saif connaît la Suisse. En 1995, les autorités suisses l’avaient jugé indésirable au bout de six mois alors qu’il avait entamé des études universitaires à Lausanne. L’«affront» avait été lavé à la faveur d’une rencontre avec un conseiller fédéral, en marge d’une expo itinérante de ses peintures en 2003, à Genève. L’honneur, déjà.



«Contact positif» pour Calmy-Rey

«Positif». En marge du Forum de Davos, l’entretien de quarante-cinq minutes entre Micheline Calmy-Rey et Saif al Islam Kadhafi, fils du chef d’Etat libyen, n’a pas laissé filtrer d’autres commentaires.

Ce qualificatif laisse entrevoir une éclaircie dans des relations agitées entre les deux pays depuis l’été. La conseillère fédérale en charge des affaires étrangères doit revoir aujourd’hui le fils «bon office» du régime. Tripoli attend des excuses de Genève après l’interpellation du remuant Hannibal Kadhafi et de sa femme, pour violences envers leurs employés. L’affaire a été classée. Les victimes indemnisées. Berne espère le juste et rapide retour de deux hommes d’affaires suisses bloqués en Libye depuis cette affaire et la levée des mesures de rétorsion. La rencontre davosienne fait suite à la visite, la semaine passée, d’une délégation du DFAE à Tripoli. Saif al Islam intervenait avant-hier lors d’une conférence sur l’avenir du Moyen-Orient. Il reste quelques jours en Suisse. Un signe?




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Par bouloboulo le 30.01.2009 - 12:01

Après tout, on discute avec la Chine, on peut bien discuter avec Kadhafi : on s'habitue à frayer avec les voyous et à se mettre à quatre pattes pour une petite partie de plaisir.
:-)

Par E.T le 30.01.2009 - 11:13

La racaille discute avec une conseillière fédérale. Son commentaire:«Un contact positif». La diplomatie prend un vi(s/r)age bien peu diplomatique! Pauvre diplomatie!

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