
Salami de dinde, saucisse de volaille, saucisson de bœuf, petite saucisse de dinde cocktail et saucisse piquante à l’ail: depuis le 31 août, en plein ramadan, Coop a mis dans les rayons de trente-sept de ses succursales cinq produits de charcuterie halal, vendus par la marque allemande Baktat.
«Nous avons beaucoup de clients qui viennent du sud-est de l’Europe, et notre politique est d’avoir aussi des produits qui leur sont destinés», explique Susanne Sugimoto-Erdös, porte-parole du grand distributeur.
Alors que Migros reste pour l’heure en retrait, Coop a choisi d’imiter son concurrent Manor, qui propose de la viande halal depuis fort longtemps. «En Suisse romande, il est possible d’en acheter à Genève depuis plusieurs années et, à Chavannes-Centre, depuis le début de cette année», explique Elie Steinbrecher, responsable médias pour Manor.
Un marché qui a le vent en poupe
Chez Manor, on affirme que les produits halal ont trouvé leur clientèle. Pour Coop, il est beaucoup trop tôt pour se prononcer. Toutefois, vendredi matin à Crissier – l’une des dix enseignes romandes où les articles de Baktat sont proposés –, la clientèle ne semblait pas s’intéresser à ces cinq produits, qui ne disposent pas d’un présentoir particulier.
Quoi qu’il en soit, le marché du halal a le vent en poupe. Du coup, comment les petites boucheries halal conçoivent-elles cette concurrence des grandes surfaces? A Lausanne comme à Genève, on ne s’en inquiète pas outre mesure. «En France, cela fait longtemps qu’on trouve ces produits en grandes surfaces. Et c’est une question de business, comme pour le marché du bio», relève un collaborateur franco-marocain de la Boucherie Kamel, à Genève.
Pour le patron marocain du Grand Atlas, à Lausanne, le vrai problème réside ailleurs. «Il est à mon sens inacceptable qu’une personne qui vend de la viande de porc et de l’alcool puisse également vendre des produits halal», s’emporte-t-il.
Reste encore à voir ce qu’on désigne par le terme «halal». Or les produits Baktat proposés par Coop ne correspondent pas à la définition traditionnelle. «Histoire de ne pas contrevenir au droit suisse (ndlr: qui interdit l’abattage rituel), ces produits contiennent bel et bien de la viande halal, mais celle-ci n’est pas issue d’animaux abattus rituellement», précise le distributeur dans un communiqué. Et d’expliquer que «les animaux ont été étourdis avant l’abattage» et que «la seule différence (ndlr: avec une autre viande) est la présence, en plus, d’une personne de confession musulmane lors de l’abattage».
Tromperie sur la marchandise?
Rapportée aux petits commerçants maghrébins, cette précision de Coop fait sourire. «Je ne comprends du coup pas en quoi cette charcuterie est halal, si ce n’est qu’elle ne contient pas de porc», souligne l’un d’entre eux. Avant de conclure: «Mais il faut savoir que, pas très loin d’ici, certaines échoppes affichent la mention halal alors que leurs produits ne le sont pas forcément tous.»
Après un petit moment d'absence, voici un petit commentaire sur l'actualité. "Roh non!!!" diront...
Et c’est parti. Ce soir vers 19h00 les autorités de la ville de Genève ont donné le coup d’envoi...