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Joël Dicker se fait doubler par Jérôme Ferrari au Goncourt

Mis à jour le 07.11.2012 4 Commentaires

Le Genevois, honoré du Grand prix du roman de l'Académie française, n'a pas réussi le doublé. Le Goncourt est allé à Jérôme Ferrari pour «Le Sermon sur la chute de Rome». Le Renaudot a couronné lui l'écrivain rwandaise Scholastique Mukasonga.

Le Genevois Joël Dicker, à gauche, n'a rien pu faire contre le vainqueur du jour, Jérôme Ferrari.

Le Genevois Joël Dicker, à gauche, n'a rien pu faire contre le vainqueur du jour, Jérôme Ferrari.
Image: AFP

Le Renaudot à une écrivain du Rwanda

La Rwandaise Scholastique Mukasonga, dont la famille tutsi a été massacrée en 1994, a été couronnée mercredi par le prestigieux prix littéraire français Renaudot pour "Notre-Dame du Nil" (Gallimard), a annoncé le jury. L’écrivaine rwandaise, qui ne figurait pas dans la sélection finale, a obtenu six voix au dixième tour de scrutin.

Prélude au génocide rwandais, le livre décrit un huis-clos où doivent vivre des lycéennes bientôt encerclées par les nervis du pouvoir hutu. Amitiés, désirs, haines, luttes politiques, incitations aux meurtres raciaux, persécutions etc, le lycée devient un microcosme existentiel fascinant de vérité.

Née en 1956 au Rwanda, Scholastique Mukasonga, connaît dès l’enfance la violence et les humiliations des conflits ethniques qui agitent son pays. Sa famille est déplacée dans une région insalubre. En 1973, l’auteure doit s’exiler au Burundi et elle s’établit en France en 1992.En 1994, vingt-sept membres de sa famille dont sa mère sont massacrés.

Elle publie douze ans plus tard "Inyenci ou les Cafards", récit autobiographique chez Gallimard. Puis "La femme aux pieds nus" (2008, Gallimard), hommage à sa mère.

Scholastique Mukasonga a déjà reçu pour "Notre-Dame du Nil" le Prix Ahmadou Kourouma, décerné en Suisse, du nom du grand romancier ivoirien décédé en 2003, qui récompense un ouvrage, essai ou fiction, consacré à l’Afrique noire.

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Jérôme Ferrari a été couronné mercredi par le prestigieux prix Goncourt pour son roman "Le Sermon sur la chute de Rome" (Actes Sud), qui fait d’un bar corse l’épicentre d’une fable superbe sur les espérances déçues, les frustrations et l’inéluctable fugacité des mondes. Le lauréat, en lice pour la plupart des prix littéraires cette année, a été choisi au deuxième tour.

Joël Dicker félicite le vainqueur

Le Genevois Joël Dicker, en lice également pour le prix et récompensé par le Grand prix du roman de l'Académie française, le 25 octobre, pour «La Vérité sur l'affaire Harry Quebert» n'a donc pas réussi le doublé. Il a accepté le verdict du Goncourt avec une grande classe et beaucoup de sobriété. Il a même pris la chose avec humour : «Je vais pouvoir manger tranquillement avec les miens», a-t-il confié au correspondant de la Tribune de Genève.

L'écrivain suisse s'est également montré beau joueur: «Je félicite chaleureusement Jérôme Ferrari pour son prix, je suis très heureux pour lui, c’est un grand écrivain. L’académie Goncourt s’est choisi un bel ambassadeur qui fera rayonner la langue française», a-t-il réagi. Il également remercié ses lecteurs sur Facebook: «Grâce à vous, j'ai tout gagné! :) »

Un vainqueur parisien

Né en 1968 à Paris, Jérôme Ferrari est professeur de philosophie et conseiller pédagogique au Lycée français d’Abou Dhabi depuis la rentrée, après avoir enseigné au lycée international d’Alger puis au lycée Fesch d’Ajaccio.

Le vainqueur a accueilli sa récompense avec humour: "Vous savez que Barack Obama a été élu aujourd'hui, vous ne manquez pas un peu de sens de la hiérarchie?", a-t-il lancé en souriant aux dizaines de journalistes couvrant la saison des prix littéraires français.

Grande puissance poétique

Ce quadragénaire à la silhouette juvénile et au regard intense, qui refuse de se dire philosophe, a bâti en six romans une oeuvre d’une grande puissance poétique, où alternent la spiritualité, le cocasse et le drame.

Plus encore que dans ses précédents romans, "Dans le secret" (2007), "Balco Atlantico" (2008), "Un dieu un animal" (2009) ou encore "Où j’ai laissé mon âme" (2010), Prix roman France Télévisions, l’auteur envoûte par la beauté de son écriture, à la fois imprégnée du souffle des sermons antiques et terriblement moderne.

Le fameux sermon de saint Augustin a été prononcé en 410, dans la cathédrale disparue d’Hippone, devant des fidèles désemparés après le sac de Rome. Augustin les rassure: "Le monde est comme un homme: il naît, il grandit, il meurt". Ce seul passage et les têtes de chapitre du roman sont extraits du Sermon.

Le livre emporte le lecteur dans la montagne corse. Un vieil habitant, Marcel Antonetti, est rentré au village ruminer ses échecs. A la surprise générale, son petit-fils Matthieu renonce à de brillantes études de philo pour y devenir patron du bar du village, avec son ami d’enfance, Libero.

Leur ambition ? Transformer ce modeste troquet en "meilleur des mondes possibles". Les débuts sont prometteurs. Mais bientôt l’utopie vire au cauchemar. Les ex-apprentis philosophes sont frappés par la malédiction qui condamne les hommes à voir s’effondrer les mondes qu’ils édifient.

Le prix le plus convoité

Quatre prétendants étaient en lice pour le prix littéraire français le plus convoité, qui apporte au lauréat la consécration et l'espoir de vendre près de 400'000 exemplaires de son roman.

Il s'agissait de Patrick Deville, déjà couronné lundi par le Femina pour «Peste & Choléra», Jérôme Ferrari, avec «Le Sermon sur la chute de Rome», la Française d'origine vietnamienne Linda Lê pour «Lame de fond» et du Genevois Joël Dicker.

(agences/Newsnet)

Créé: 07.11.2012, 12h48

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4 Commentaires

andré hofer

07.11.2012, 13:31 Heures
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un jury n'apprécie pas que sa décision soit précédée par une médiatisation outrancière telle celle que nous avons pu vivre en Suisse romande ! La presse quotidienne en particulier porte une lourde responsabilité ! Cela étant, je me réjouis de le lire Répondre


Olivier Haas

07.11.2012, 17:03 Heures
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Ce prix littéraire est à l’humanisme de son fondateur Edmond Drumont et de son frère dont des observations politiques, où les auteurs se révèlent antirépublicaines et laissent libre cours à leur antisémitisme (Édouard Drumont auteur de La France Juive était un ami personnel d'Edmond) ce que la prix Nobel (inventeur de la dynamite) est à la paix. Bref sans valeur, ni morale. Répondre



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