Le Prix des lecteurs repart avec six nominés

LittératureLa troisième édition du concours de la Ville de Lausanne offre un menu varié.

Les six auteurs en compétition.

Les six auteurs en compétition. Image: DR

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Six nouveaux nominés. Six nouvelles rencontres avec le public au Cercle littéraire de Lausanne. Six nouveaux jurés pour les départager. Le Prix des lecteurs de la Ville de Lausanne repart pour un troisième tour. L’événement, né de la vaste politique du livre mise en place par la Ville de Lausanne, s’est d’abord appelé Prix Lilau pour sa première édition, qui chassait uniquement sur les terres du polar. Il a trouvé son nom définitif et sa formule actuelle lors de son deuxième cru, l’an passé. Ce nouveau choix de six auteurs romands embrasse cette année des thématiques très diverses (lire ci-contre), de la condition de la femme en Suisse dans les années 1940 aux affres de la création chez le peintre Louis Soutter en passant par la place des seniors dans la société.

Isabelle Falconnier, déléguée lausannoise à la politique du livre, se réjouit que le Prix accompagne ses poulains durant presque un an. Car c’est bien de cela qu’il s’agit: offrir une visibilité à des plumes d’ici pour promouvoir la littérature romande, en plus d’encourager la lecture publique. Sur l’affiche, écrivaines et écrivains posent un peu tels les héros d’une série américaine. Un constat qui ne déplaît pas à Isabelle Falconnier. «Nous souhaitons en faire des stars romandes.»

Pour diriger les débats du jury cette année, «Madame Livres» a sollicité Frédéric Recrosio. L’humoriste, qui écrit lui-même ses spectacles, porte une attention soutenue aux mots. Les six jurés seront sélectionnés à fin septembre, au terme d’un processus de recrutement qui débute aujourd’hui. «L’an passé, nous avons reçu une centaine de candidatures, nous avons ainsi pu choisir des lecteurs d’âges et de milieux très différents. J’ai été surprise et ravie par leur très fort investissement», remarque Isabelle Falconnier.

Le Cercle tient de nouveau salon

D’octobre à mars, le public pourra rencontrer les auteurs au Cercle littéraire de Lausanne, comme l’an dernier. «La formule a connu un vif succès, avec à chaque fois plus d’une centaine de personnes.» Seul changement, les brunches cèdent la place à un apéritif gourmand servi à l’issue des présentations. Le lauréat recevra 20 000 francs ainsi que la possibilité d’effectuer une résidence d’un mois au château de Lavigny. Le nom de l’heureux élu sera dévoilé le 5 avril 2017 lors d’une cérémonie publique au Théâtre de Vidy.

Encore jeune, le Prix peine pour l’instant à évaluer son impact précis sur ses nominés. Il manque autant d’outils pour quantifier les prêts en bibliothèque que pour mesurer de manière fine l’influence d’une sélection sur les ventes en librairie, où les volumes sont mis en avant avec un autocollant. Isabelle Falconnier relève néanmoins «une édition de l’an dernier bien suivie, avec une bonne image et une bonne résonance. On peut dire de manière générale que la notoriété du Prix est en train de s’asseoir gentiment.»

S’agissant des deux premiers lauréats, Sébastien Meier pour Les ombres du métis, puis Antoine Jaquier pour Avec les chiens, elle souligne: «Ce prix les a aidés à poursuivre leur carrière, leur a offert, outre une somme conséquente, du temps pour écrire, mais aussi d’être invités dans les festivals, même étrangers, où leur distinction lausannoise est mise en avant.» (24 heures)

Créé: 27.08.2016, 14h57

Les six auteurs en lice

Catherine Lovey
Vieille indignité


Par sa famille valaisanne, Catherine Lovey connaît bien la montagne, sa lenteur, ses mystères, ses habitants. Avec son quatrième roman, la criminologue, Vaudoise d’adoption, poursuit une œuvre que ne renierait pas Robert Musil – elle fait d’ailleurs lire L’homme sans qualités à son héroïne. Dans une vie qui part en catastrophe, la narratrice découvre les Rivaz, vieux couple d’altitude que rien ne semble ébranler, même pas la croisière que leur a offerte leur fils et qu’ils vont refuser discrètement. Cette tranquille assurance deviendra alors un point de repère pour celle qui devait être leur guide. dmog

Monsieur et Madame Rivaz.
Ed. Zoé.

Olivier Sillig
Un polar décalé


Quand le Lausannois Olivier Sillig écrit un roman noir, le résultat n’a rien de classique. Ce psychologue, informaticien, peintre, cinéaste et écrivain aime jouer avec les frontières et les genres, avec des incursions dans la science-fiction. Pour son onzième roman, le lauréat du Prix Bibliomedia 2008 pour Lyon, simple filature livre un exercice de style jouissif où le jeu de mots est permanent, et l’univers gentiment absurde. Dans le Marais des années 50, Eve et Jean Dodu, charcutiers, sont retrouvés la gorge tranchée. Et devinez qui mène l’enquête: le commissaire Confit! cr

Jambon Dodu.
Ed. Hélice Hélas

Janine Massard
Une fiction vraie


Née à La Côte, la romancière vaudoise en connaît bien l’adret viticole, et ses mœurs anciennes. Son nouveau roman, Question d’honneur, s’inspire d’un fait divers familial qui s’était déroulé dans cette région peu après la guerre. Janine Massard a connu personnellement la plus jeune de ses protagonistes: une enfant qui avait assisté aux violences assénées à sa sœur aînée tombée enceinte à 17 ans. Le récit, annonce-t-elle, «met en scène l’absence des droits des femmes, même violées, à une époque où les notables de bourgade sont garants de l’ordre de Dieu». gsm

Question d’honneur.
Ed. Campiche.

Thomas Sandoz
Au nom du frère


C’est le 4e roman que l’auteur chaux-de-fonnier, né en 1967, publie chez Grasset, à Paris. Le narrateur y conte le destin d’un frère nourri d’une foi protestante exemplaire qui mourut prématurément en 2010. Le même avait écrit une autobiographie où transparaissait un héroïsme à sa propre gloire, notamment au cours de quelque mission risquée en Afrique subsaharienne. Toujours vivant, le cadet relit ce testament avec un scepticisme ravageur et autodestructeur. Fatalité: en démythifiant son aîné, il se flétrit lui-même. gsm

Croix de bois, croix de fer.
Ed. Grasset. Dès le 4 fév.

Silvia Härri
Retour en enfer


Le 3e livre que cette poétesse de Genève publie chez son éditeur d’Orbe est un roman, son premier. On y plonge dans une Florence dont elle a terni les ors séculaires. Elle fait revisiter la flamboyante cité des Médicis par un de ses citoyens obligé d’y revenir pour des raisons familiales; une de ses sœurs agonise. Le héros est un architecte désabusé qui ne s’émerveille plus de sa ville. Il s’en était exilé pour des affaires plus douloureuses que douteuses. Le voici condamné à les débusquer les unes après les autres, et à se démasquer. gsm

Je suis mort un soir d’été.
Ed. Campiche. Dès mars.

Michel Layaz
Dans les pas de…


Il y a dix ans, cet auteur fribourgeois, né en 1963, représenta la Suisse au Salon du livre de Paris en compagnie d’Agota Kristof et de Noëlle Revaz. En 2004, il avait reçu le Prix des auditeurs de la RSR pour son récit Les larmes de ma mère. Aujourd’hui, dans une biographie qui n’en est pas vraiment une, il ose pertinemment suivre les pas du grand peintre vaudois Louis Soutter (1871-1942), dont les chefs-d’œuvre sont appréciés dans le monde entier, après avoir été quelque temps méconnus en Suisse. gsm

Louis Soutter, probablement.
Ed. Zoé. Dès le 3 déc.

Devenir juré

Pour poser leur candidature pour devenir juré, les lecteurs habitant le Grand-Lausanne sont priés d’écrire d’ici au 30 sept. à prixdeslecteurs@lausanne.ch

Informations complètes sur www.lausanne.ch/prixdeslecteurs

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