«Quelle vie!» exhume un monument de dadaïsme poétique

HumourEn 1911, armés de ciseaux et de colle, E. V. L. et G. M. «silhouettent» un destin de gentleman en partant d’un catalogue d’objets anodins.

L’excentrique Sir William Goosepelt, ami du héros, s’octroyait souvent un bain de mélasse. «Quelle vie!»

L’excentrique Sir William Goosepelt, ami du héros, s’octroyait souvent un bain de mélasse. «Quelle vie!» Image: DR

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Quiconque a laissé son esprit dériver dans les images d’un vieux catalogue Manufrance connaît la puissante addiction procurée par les sécateurs, carabines à fauves et autres outillages qui s’y déploient. Pareillement envoûtés par le vénérable catalogue Whiteley, le Britannique Edward Verrall Lucas et l’Irlandais George Morrow publièrent Quelle vie! (What a Life!) en 1911.

Histoire de situer ces drôles qui ne signaient que par leurs initiales, signalons qu’ils appartenaient au club select fondé par J. M. Barrie, les Allahakbarries, équipe de cricket dont les joueurs, parfois en pyjama, se distinguaient pour leur esprit plus que pour leurs qualités athlétiques. Rudyard Kipling, H. G. Wells, Arthur Conan Doyle, P. G. Wodehouse, Jerome K. Jerome en faisaient partie. Lucas et Morrow œuvraient encore au Punch, le légendaire magazine satirique.

Ces persifleurs patentés, poètes dans l’âme, avaient décelé «un drame humain profondément émouvant» dans le Whiteley, pages pourtant destinées au pur commerce. Le destin de leur héros, futur baron Dropmore de Corfe, a de quoi attendrir, et pas seulement parce que ce dandy s’amouracha d’une dulcinée atypique, fille d’un dompteur de cirque et suffragette. S’y croisent des hurluberlus, le duc de Pudsey par exemple, kleptomane qui volait les parapluies et des montres de ses invités. Encensé par Max Ernst et Raymond Queneau, Quelle vie! réinvente l’étiquette. (24 heures)

Créé: 14.07.2015, 12h10

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 4

De nombreux enfants et adolescents assistaient au concert d'Ariana Grande, délibérément visé par l'attaque, selon la première ministre Theresa May. La plus jeune victime s'appelait Saffie Rose Roussos. Elle avait 8?ans.
(Image: Bénédicte) Plus...