Pierre Amoyal fête la Camerata dans sa ville de cœur

LausannePour ses 15 ans, l’ensemble fondé par le violoniste donne un spectacle mêlant musique, chant, danse et… contorsion. Interview

Pierre Amoyal, violoniste en chef de la Camerata de Lausanne, fête les 15 ans de son ensemble.

Pierre Amoyal, violoniste en chef de la Camerata de Lausanne, fête les 15 ans de son ensemble. Image: Amine Mraihi

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«Après 15 ans, on peut s’offrir une petite folie.» Pour fêter samedi l’anniversaire de la Camerata de Lausanne – cet ensemble à cordes qui accueille ses anciens élèves –, le violoniste Pierre Amoyal a choisi de mélanger les couleurs et d’inviter des artistes de tous horizons. Les frères Auberson sont de la partie, Antoine pour sa composition Passager, bientôt jouée en Chine, et Pascal, «gloire du cru, un peu le Brel suisse». Si la présence du violoniste virtuose Andrey Baranov n’étonne personne, celles de la chanteuse jazz et world El-Baze, du comédien Benjamin Knobil, de la danseuse Lucy Nightingale et de la contorsionniste Emi Vauthey détonent plus. Questions à un violoniste mué en chef de troupe pour une fête bigarrée.

Le spectacle anniversaire que vous concoctez s’annonce d’un éclectisme prononcé. Vous assumez? Oui, l’idée était de mettre une fois de plus l’image de Lausanne en avant, une image que nous avons portée loin dans le monde avec la Camerata puisque nous avons joué à Moscou, à Shanghai, à Hongkong… Avec, surtout, la volonté d’associer de nombreuses voix lausannoises – tous les artistes sont d’ici! Une façon de montrer les talents qui y vivent, mais aussi mon attachement à une ville où bat mon cœur, même si je vis aussi une partie de l’année à Salzbourg, où j’enseigne au Mozarteum.

Vous n’avez pas même hésité à intégrer une contorsionniste? Non, c’est un monde dont je me sens proche. Je fais partie du comité de soutien de l’Ecole de cirque, très belle institution lausannoise. Emi Vauthey a réalisé une carrière internationale extraordinaire, tout à fait dans nos cordes! Sa prestation me donne l’occasion de jouer pour la première fois de ma vie les Quatre saisons de Vivaldi.

Vous ne l’aviez jamais joué parce que c’est un tube? Oui, je me disais qu’un tel tube n’avait pas besoin de moi… Mais derrière chaque tube, il y a quelque chose d’exceptionnel. Et Vivaldi a cette particularité de ne pas pouvoir se reposer sur un texte figé pour «musicriminologues», mais sur différentes versions. Cela confère beaucoup de liberté.

Quelles sont les particularités de la Camerata? C’est un orchestre hors norme. Vous savez, la vie de musicien d’orchestre peut devenir routinière. On attend qu’un chef d’exception vienne nous secouer. A la Camerata, nous n’en avons pas, donc l’enthousiasme c’est à nous de l’amener.

Votre Stradivarius, jadis volé puis retrouvé, sera aussi de la réunion et fête ses 300 ans… Il transporte l’histoire. Il est passé dans les mains du tsar, a joué certaines œuvres de Prokofiev ou de Stravinski pour la première fois, mais c’est à celui qui en joue de décider s’il touche plus profondément qu’un autre instrument, pas à des experts scientifiques. La corde que l’on fait vibrer est directement reliée à notre cœur. Quand il a été volé, j’avais l’impression d’avoir perdu ma voix. Il faut faire attention: les violons sont petits et ils se volent facilement. En décembre, Vernikov s’est fait dérober le sien dans un train entre Genève et Sion… (24 heures)

Créé: 20.04.2017, 12h39

Le spectacle

Lausanne, salle Paderewski
Sa 22 avril (20 h)
www.cameratalausanne.ch

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