Martin Kollar pratique la suspension temporelle à l’Elysée

PhotographieL’exposition «Provisional Arrangement» du photographe slovaque pointe les troubles provisoires, sans promesse d’éternité

Enigmatiques, voire étranges, les images de «Provisional Arrangement» se posent en équilibre instable sur les notions de provisoire et de permanence.

Enigmatiques, voire étranges, les images de «Provisional Arrangement» se posent en équilibre instable sur les notions de provisoire et de permanence. Image: MARTIN KOLLAR

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Les images de Martin Kollar n’ont délibérément pas de légendes, mais elles sont heureusement chapeautées par un titre d’exposition. «Provisional Arrangement» pour «arrangement provisoire», façon de suggérer que ce que l’on va voir n’est pas fait pour durer. Mais il y a du provisoire qui dure et la permanence n’est pas non plus un synonyme parfait d’éternité.

«L'existence est elle-même limitée»

Le photographe slovaque, premier lauréat du Prix Elysée l’an dernier, a suscité suffisamment d’enthousiasme de la part de l’institution pour lui ouvrir une exposition en plus de la publication d’un livre. «Le thème est très ouvert et tout pourrait y figurer – l’existence elle-même est limitée», commentait le photographe et réalisateur. «Le lien souterrain de ces images, c’est d’ailleurs la vie. Les sujets sont souvent sérieux, lourds, mais leur surface est amusante. En choisissant les images, j’ai privilégié l’absence de logique, de conclusion. Il y a toujours une part manquante et c’est à vous de la remplir.»

Ses propositions visuelles cultivent donc l’énigmatique, mais éclairées par le titre de la série, il devient possible de les interpréter avec une belle marge d’inquiétante liberté. Ludique, cédant rarement à l’anecdotique (comme ce terrain de foot sur plan incliné au bord d’une route), le travail de Martin Kollar, récolté dans 18 pays, du Japon aux Etats-Unis, penche au final du côté d’une impermanence fondamentale, métaphore ou prix à payer de sa discipline – qui fixe ce qui ne reviendra jamais. La mort est donc souvent l’horizon de ce chemin amusé et interrogatif.

Pendant le Ciné-Festival, du 1 er au 6 novembre, le Musée de l'Elysée projettera en boucle le dernier moyen métrage du réalisateur, 5 October, film touchant et lui aussi laconique, sur son frère malade. (24 heures)

Créé: 03.10.2016, 21h10

L'expo et un film

Lausanne, Musée de l’Elysée

Jusqu’au 31 décembre

Rens.: 021 316 99 11

Dans le cadre du Ciné-Festival (1er au 6 nov.), le musée projette en boucle (de 11h à 18h) le film «5 October» de Martin Kollar

www.elysee.ch

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