250 ans dans la vie des Vaudois
1913: Ansermet placé en orbite
Dossiers
Rétrospective
Cette année là
8 janvier Le 13e dalaï-lama proclame publiquement l’indépendance du Tibet.
29 juin La seconde guerre des Balkans est déclarée suite à l’invasion des troupes bulgares en Macédoine.
13 août Invention de l’acier inoxydable par Harry Brearley dans son laboratoire de Sheffield (Angleterre).
Pacifique Première apparition de Corto Maltese dans La ballade de la mer salée.
10 octobre Fin du percement du canal de Panama qui a débuté en 1880 sous l’impulsion de Ferdinand de Lesseps.
«Femme à l’éventail»
Peint en 1913 par Alice Bailly (1872-1938), ce portrait représente Louisa Bally, sa sœur. L’artiste genevoise s’inspire du cubisme et du futurisme naissants qu’elle a tout juste découverts durant ses séjours à Paris. Ses toiles contribueront à faire connaître ces mouvements avant-gardistes en Suisse romande. (Image: J.-C. DUCRET Musée cantonal des Beaux-Arts Lausanne)
Partager & Commenter
Un tome peut en cacher six autres
Le 14 novembre 1913 Marcel Proust publie à compte d’auteur Du côté de chez Swann, le premier tome d’une série de sept. Il faudra 17?ans à l’écrivain français pour terminer l’œuvre complète qui prendra le nom d’A la recherche du temps perdu. Marcel Proust propose dans ce roman une véritable réflexion sur la littérature. S’inspirant de personnes réelles pour créer ses récits, l’écrivain offre une fresque sociale de son époque. Avec près de 1,5 million de mots, A la recherche du temps perdu se trouve être le roman le plus long de la langue française. Mais ce n’est pas le plus lu.
dzi
Ernest Ansermet reste pour la postérité le fondateur de l’Orchestre de la Suisse romande en 1918. Mais, en 1913, le Veveysan de
Cette année va le lancer définitivement dans la musique. Comme l’écrit Jean-Jacques Rapin, «les années de Clarens-Montreux, de 1912 à 1914, ont un poids tout particulier avec les rencontres décisives de Ramuz et de Stravinski, au point que cette si courte période devient une sorte de creuset qui contient en germe toutes les grandes réalisations futures». Fils d’une institutrice et d’un géomètre, Ansermet est naturellement doué pour les maths et l’enseignement, mais la musique est sa vraie passion. Depuis l’enfance, il joue de plusieurs instruments: piano, violon, les cuivres à la Fanfare des cadets de Vevey, et aussi la clarinette dans les bals musettes avec ses cousins de Mont-la-Ville.
Lors d’un séjour à Paris en 1906, son doctorat en mathématiques est abandonné au profit d’études musicales. Il dirige son premier concert le 15 mars 1911, à la tête de l’Orchestre symphonique de Lausanne. La presse note que «de façon générale il s’est tiré d’affaire tout à son honneur».
Concerts du jeudi après-midi
Dès 1912, Ansermet remplace à l’Orchestre du Kursaal de Montreux Francisco de Lacerda, dont il avait suivi les répétitions avec ferveur. Il y dirige énormément de musique légère «pour les dames anglaises qui prenaient le thé dans le jardin», écrit-il dans ses Souvenirs, mais il y avait aussi les concerts «sérieux» du jeudi après-midi, où il accompagnait les grands virtuoses qui fréquentaient la station.
C’est à l’issue d’un de ces concerts qu’il fait la connaissance d’Igor Stravinski, déjà célèbre pour L’oiseau de feu et Petrouchka, créés par les Ballets russes de Diaghilev, et qui s’est installé à Clarens en raison de la mauvaise santé de sa femme. Or Diaghilev avait demandé à Stravinski de reconstituer La Khovantchina, opéra inachevé de Moussorgski. Stravinski avait proposé de partager la tâche avec Ravel, qui le rejoint à Clarens en mars 1913. Les deux compositeurs se retrouvent le soir chez Ansermet, à la villa La Pervenche.
Anne, la fille d’Ernest, se rappelle la première de ces soirées légendaires: «J’avais été réveillée par un véritable tapage très peu musical à mes oreilles d’enfant. C’était si violent que je décidai de descendre l’escalier, et pour une fois, de protester. Dans la bibliothèque remplie de fumée dense, Maurice Ravel et Stravinski s’acharnaient à quatre mains sur le pauvre piano droit en passe de rendre l’âme.» Ils devaient se déchaîner sur le Sacre du printemps, dont Stravinski avait terminé l’orchestration.
Sans doute Ansermet décèle-t-il chez Stravinski ce qui le rapprochait de Ramuz: une vision première du monde et un goût pour l’authentique. Et c’est d’ailleurs à la Pervenche, autour des amis Budry et Gillard, que va naître le projet des fameux Cahiers vaudois. La revue sera lancée en 1914 et le dernier numéro de 1920 publiera L’histoire du soldat, de Ramuz et de Stravinski, créée à Lausanne le
Sources: Ansermet, Jean-Jacques Langendorf, 1997; Ernest Ansermet, pionnier de la musique, François Hudry, 1983
L’aventure des Ballets russes
Scène du ballet Le sacre du printemps, composé par Igor Stravinski. C’est Diaghilev qui lui conseilla d’en faire une œuvre pour la danse. Il en résulta un beau chahut et un scandale lors de la première du Sacre par les Ballets russes au Théâtre des Champs-Elysées à Paris, en mai 1913. Tout à gauche, Vaslav Nijinsky.Image:Bettmann/Corbis
A quoi une carrière tient-elle? S’agissant d’Ansermet, à une rencontre. Ou plutôt à deux. Celles d’Igor Stravinski et de Serge Diaghilev. C’est en 1912, à l’issue d’un concert qu’il dirige au Kursaal de Montreux, que le jeune chef vaudois est abordé par le compositeur russe. A Clarens, ils sont quasi voisins. Une amitié se noue. En décembre 1913, les deux musiciens vont à Zurich écouter la Huitième Symphonie de Mahler. Quelques mois plus tard, Ansermet dirige à Montreux la Première Symphonie de Stravinski. Il n’a pas assisté à la création du Sacre du printemps, au Théâtre des Champs-Elysées, le 29 mai 1913. Mais il n’en manque pas la reprise au Casino de Paris, le 5 avril 1914, sous la direction de Pierre Monteux. Quatre mois plus tard, l’Europe s’embrase. Monteux est mobilisé.
Ni la guerre ni la mobilisation de Monteux ne font l’affaire de Diaghilev. Tout projet de tournée en Europe étant abandonné, le directeur des Ballets russes entend répondre à une invitation du Metropolitan Opera de New York. Pour reconstituer sa compagnie que les événements ont disloquée, il s’installe à Lausanne, où, peu à peu, les danseurs le rejoignent. Mais il lui faut un chef. «J’en ai un pour toi», s’exclame Stravinski. Le 9 juillet 1915, Ansermet signe à Lausanne le contrat qui lui met le pied à l’étrier. La tournée américaine de 1916
De retour en Suisse, Ansermet obtient des Concerts d’abonnement de Genève, dont il prend la direction, de pouvoir se faire remplacer de temps à autre. «Une des grandes leçons que je tire de ma tournée, écrit-il, est l’importance pour un artiste à ne pas s’enfermer dans un milieu trop restreint.» Les Ballets russes lui offrent cette ouverture sur le monde. Au printemps 1917, il est dans la fosse du Châtelet, à Paris, pour la création de Parade (Satie). Et, au fil des six années qui suivent, il dirige les premières exécutions du Tricorne (Falla), de Chout (Prokofiev), du Chant du rossignol, de Pulcinella, Renard et Noces (Stravinski). Un éblouissant florilège.
Jean Pierre Pastori
(24 heures)Créé: 07.08.2012, 22h11
Publier un nouveau commentaire
Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction
ASSURANCES AUTO
Est-ce que votre assurance auto répond à vos attentes ? En seulement cinq petites étapes, trouvez l’offre qui vous convient.
ABONNEMENTS MOBILE
Grâce à notre outil comparatif indépendant, nous vous aidons à trouver l’abonnement optimal pour votre téléphone portable.





Veuilliez attendre s'il vous plaît 











