50 ans des Rolling Stones
«Des Anglais qui jouent aux bluesmen noirs américains»
Interview: Sandrine Perroud. Mis à jour le 12.07.2012
L’histoire du premier concert
Les Rolling Stones ont donné leur premier concert le 12 juillet 1962 dans le sous-sol d’une petite salle de jazz londonienne, le Marquee Club. Ils occupent par hasard ce jeudi-là la tête d’affiche, à la suite du désistement du groupe Blues Incorporated mené par leur mentor Alexis Korner, invité sur la BBC.
Les Stones se nomment alors Mick Jagger and the Rollin’Stones, un nom trouvé à la hâte d’après une chanson de Muddy Waters. Ils jouent devant 80 hommes et une trentaine de femmes. Le set, qui laisse le public mitigé selon les témoignages, est uniquement composé de reprises de chansons de blues américain.
Pour l’anecdote: Mick Jagger avait 18 ans, vivait chez ses parents et suivait les cours de la très sérieuse London School of Economics. Keith Richards, aussi âgé de 18 ans, venait de quitter l’école d’art dans laquelle il suivait des cours de graphisme. Brian Jones a formé le premier embryon du groupe en janvier de la même année.
Galerie Photos
Les Stones ont-ils encore la cote? Témoignages récoltés à Lausanne. (Video: Sandrine Perroud)
Articles en relation
Partager & Commenter
Mots-clés
Cinquante ans que les pierres roulent pour The Rolling Stones, le plus vieux groupe de rock de l'histoire. Deux spécialistes et amateurs nous livrent leur point de vue sur cet anniversaire, qui marque le premier concert du groupe à Londres.
L'un, Pierre Gilardoni, est professeur de guitare à l’EJMA, l’Ecole de Jazz et de musique actuelle de Lausanne. L'autre, Stephen Garey, est chanteur du groupe Azazelblue’s Earthworms, en concert le 31 juillet à Rock Oz'Arènes et des Titty Twister, spécialisé dans les reprises rock des années 70. Les Titty Twister se produiront d'ailleurs demain à Lausanne, en parallèle au Festival de la Cité.
Pierre Gilardoni – Le son particulier des Stones vient de leur rythme, et je dirais même de leur à-peu-près rythmique, mais aussi de cette envie de reproduire du blues américain primitif du début du XXe siècle. Un style qui partait dans l’oubli aux Etats-Unis. Ils sont alors des Anglais qui essaient de reproduire la musique des Noirs américains. Ils ne sont pas les premiers à le faire, mais les premiers à avoir du succès en le faisant.
Stephen Garey – Leur originalité réside dans leur amour du rythm’n'blues américain (Jimmy Reed, Chuck Berry, Robert Johnson, etc.) et dans leur manière assez brute de les interpréter. Leur premier concert au Marquee Club de Londres était d’ailleurs uniquement composé de reprises de blues. Et leur premier 45 tour en 1963, «Come on», est une reprise de Chuck Berry. On peut aussi souligner leur grande présence scénique, acquise en regardant passer à Londres de nombreux groupes américains.
Leur musique a-t-elle beaucoup influencé l’histoire du rock’n’roll?
P.G. – Les Stones ont donné des bases importantes au rock, en y apportant de l’électricité et des standards qu’on entend encore. Ils ont aussi introduit le blues dans la variété et la pop. Leur principe de «fusion» de styles musicaux se retrouvera dans beaucoup de groupes des années 70, à l’exemple des Pink Floyd, de Santana, Deep Purple et Jethro Tull.
S.G. – Pour moi, les Stones ont totalement influencé le rock à tous les niveaux. Ils sont les premiers «sales gosses» du rock, ils représentaient tout ce qu’il ne fallait pas faire à l’époque. Beaucoup de groupe leur doivent aussi leur attitude scénique et la popularisation du blues, trois accords adaptés à toutes les sauces jusqu’à aujourd’hui.
Comment expliquer leur extraordinaire longévité?
P.G. – Peut-être parce qu’ils rapportent encore? Plus sérieusement, on ne demande pas aux Stones de réinventer la musique aujourd’hui. Leur son est une marque déposée, on le reconnaît tout de suite, même sur les nouvelles chansons. Et quand on voit bondir sur scène Mick Jagger à presque 70 ans, on se demande ce qu’il aurait pu faire d’autre dans sa vie. La motivation est toujours là.
S.G. – Ils ont certainement dû faire beaucoup de concessions pour en être là aujourd’hui, car Mick Jagger et Keith Richards ont eu des périodes où ils ne pouvaient plus se voir… Leur longévité s’explique aussi par tous les tubes qu’ils ont écrits jusqu’à la fin des années 70 et qu’ils continuent de jouer en concert.
Quels sont les groupes actuels qui s’en inspirent le plus?
S.G. – Il est difficile de donner des noms, car un peu tout le monde se sert dans le répertoire des Rolling Stones. Les imiter, par contre, c’est un peu plus compliqué.
Et pour finir, la question qui fâche: qui sont les plus influents aujourd’hui, les Beatles, avec seulement dix ans de carrière, ou les Rolling Stones?
P.G. – Les Beatles, sans conteste. Leur palette de styles est plus variée, on y trouve de la chansonnette, des morceaux quasi symphoniques et du métal avant l’heure. Il reste des Stones surtout une certaine image du rock, celle du rebelle, du sauvage, du mauvais garçon...
S.G. – Les deux! Mais il est vrai que les Beatles ont été plus expérimentateurs que les Stones, ils ont ouverts des portes, alors que les Stones sont restés plus constants dans leur musique.
(Newsnet)
Créé: 12.07.2012, 06h33
Publier un nouveau commentaire
Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction
ABONNEMENTS MOBILE
Grâce à notre outil comparatif indépendant, nous vous aidons à trouver l’abonnement optimal pour votre téléphone portable.






Veuilliez attendre s'il vous plaît 
















