Un Yello doré sur tranche au Montreux Jazz

CritiqueLe fameux duo suisse jouait ce mercredi soir au Lab. Une occasion rare de les entendre en live, trop propre.

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Yello en concert mercredi au Montreux Jazz, c’est quelques centaines de privilégiés en plus à mettre au compte du fameux duo alémanique puisqu’il n’a donné que de rarissimes prestations – deux ou trois, à New York et à Berlin, l’an dernier – au cours de sa carrière de près de quarante ans.

Après une intro electro-jazz sur mode lounge lancée par Boris Blank, sorcier sonore de la paire, et un trompettiste, le chanteur Dieter Meier, aimable dandy supposé dada, mais aussi aimable escroc de la provocation artistique, effeuillait le livre de ses souvenirs, se rappelant sa venue au Mountain Studio de Montreux pour enregistrer sa «première chanson punk», un Cry for Fame plein de promesses tenues.

Au moment de lancer un Do It frénétique, ce rappel n’était pas illégitime car Yello fait partie de ces groupes comme Devo qui, malgré de belles réussites dans le milieu de la pub, ont plutôt œuvré sur des formes antimusicales, syncopées, ironiques.

A Montreux, le duo cherchait plutôt à séduire et à prouver qu’il était capable d’assurer, même débutant en matière de live. Section de cuivres, batteur, percussionniste, choristes venaient donc soutenir les vétérans zurichois, encore épaulés par la chanteuse Malia, qui leur servait un Rhythm Divine à la hauteur de l’interprétation historique de Shirley Bassey.

Sur 30 000 Days, Dieter Meier, puisant dans ses ressources de crooner, prenait même des accents à la Leonard Cohen. Les effets sonores de Blank s’avéraient à la hauteur, modulés avec science, si ce n’est art. Mais le côté punk de Yello se laissait désirer. Le duo semblait vouloir prouver qu’il était encore comestible en 2017 et non pas réaliser son baroud d’honneur en matière de sarcasme et d’absurdité. Montreux a ainsi rencontré le gentil Yello, dévoilant son profil d’entertainer novice mais efficace. (24 heures)

Créé: 12.07.2017, 23h08

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