Le Cully Jazz annonce une belle cuvée avec un soin particulier donné à ses spécialités

FestivalLa manifestation, qui aura lieu du vendredi 31 mars au samedi 8 avril, dévoile une programmation chatoyante, précieuse dans ses petites salles

Dans la famille des Avishai Cohen, c'est le contrebassiste qui passe cette fois dans la région, programmé deux fois par le Cully Jazz Festival dans son édition 2017.

Dans la famille des Avishai Cohen, c'est le contrebassiste qui passe cette fois dans la région, programmé deux fois par le Cully Jazz Festival dans son édition 2017. Image: EMI/LDD

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A chaque édition sa légende. Cette année, le Cully Jazz peut s'enorgueillir de recevoir le mythe pianistique McCoy Tyner, ancien compagnon de John Coltrane qui, à 78 ans, ne possède peut-être plus toute la fougue de ses jeunes années mais amène avec lui l'aura d'une époque glorieuse et disparue. Mais le Festival ne multiplie pas les vétérans historiques (comme Tony Allen, sa 1er avril, ou Mulatu Astatke, héros du jazz éthiopien, je 6 avril) et cultive avec toujours autant d'attention un jazz porté par de nouvelles générations. Le projet «Autour de Chet» (Baker) - di 2 avril - réunit de jeunes artistes autour de la figure du fameux trompettiste. Et si le totem de Fela Kuti est invoqué, c'est à travers son fils, Seun Kuti qui arrive avec la formation Egypt 80 de son père.

Le gros des troupes fait partie, si ce n'est des jeunes pousses de la note bleue, du moins de ses franges encore vertes. C'est le cas avec le contrebassiste Avishai Cohen, qui se produira deux fois (au Chapiteau sa 1er avril et au Temple di 2 avril). Les petits lieux volent d'ailleurs presque la vedette au vaisseau amiral du Chapiteau: le pianiste arménien Tigran Hamasyan ne se produit qu'au Temple, en solo (lu 3 avril), tout comme le clavier fou de John Medeski (je 6 avril), tandis que la formation du fougueux trompettiste Christian Scott passe par le Next Step (ve 7 avril). Mais le Chapiteau ne manque pas d'attraits avec la soirée réunissant les quintets de Paolo Fresu et de Matthieu Michel (lu 3 avril).

Quelques concessions plus pop permettent aussi au Festival de varier les plaisirs, plutôt en fin d'exercice. C'est le cas avec la nu-soul d'Omar (Next Step, je 6 avril), la variante acidulée de Ben l'Oncle Soul (Chapiteau, sa 8 avril) ou encore, dans un très beau registre folk, avec Piers Faccini (Next Step, 8 avril). La variation va jusqu'au rock pour une soirée qui est aussi un joli pari avec Fink, transfuge electro passé au rock indé strié de blues, qui s'installe, vendredi 7 avril, au Chapiteau. Il y en a pour tous les goûts, ce qui change du chasselas.


La programmation

Voyage autour de la world

Les couleurs du monde se bousculent au portillon du Cully Jazz cette année et cela dès l’ouverture avec les Amazones d’Afrique et la Camerounaise Alsarah & The Nubatones. Le continent noir continue à donner le rythme avec le batteur Tony Allen (qui rend hommage à Art Blakey), le très original songwriter blues Blick Bassy – à découvrir! – ou encore le volcanique Seun Kuti, fils de Fela qui se produit avec la formation de son père, Egypt 80. Sur son versant oriental, l’Afrique est aussi présente avec Mulatu Astatke, pionnier du jazz éthiopien. L’Orient tout court ne fait pas défaut avec le septet des frères Amine & Hamza M’raihi, accompagnés de l’accordéoniste virtuose Vincent Peirani. Quant au groupe Meduoteran, il célèbre le mariage entre un accordéon serbe et un joueur de saz turque.

Les lions historiques

Pas d’édition du Cully Jazz sans incursion dans le passé de la note bleue, un exercice qui devient d’année en année plus ardu en raison de la disparition de ses héros. Dans la cuvée 2017, la palme de l’«historicité» revient au pianiste McCoy Tyner, musicien attitré du saxophoniste John Coltrane pendant la première moitié des années 1960. Le vétéran de 78 ans n’en a pas moins poursuivi une carrière riche en facettes jusqu’à aujourd’hui. Le héros est-il fatigué? A vérifier le mardi 4 avril. Autre figure historique, le trompettiste (et chanteur) Chet Baker est mort en 1988. Le projet «Autour de Chet» entend évoquer ce musicien maudit avec deux collègues (Erik Truffaz et Airelle Besson) et d’une vedette de la pop, Camélia Jordana.

Les jeunes loups

N’en déplaise aux esprits chagrins, le jazz n’est pas qu’une affaire de vieux papys et le Cully Jazz Festival a toujours été attentif à la jeune garde. Les musiciens de cet acabit sont une nouvelle fois nombreux à venir (ou à revenir) à Cully. Le pianiste arménien Tigran Hamasyan retourne ainsi au temple pour un solo qui anticipe la prochaine sortie d’un album enregistré en solitaire. Son collègue de label, le Vaudois Colin Vallon, est lui aussi de retour avec son trio (qui sort l’album Danse). L’éclatant trompettiste Christian Scott, déjà passé par Onze + et Montreux, sera aussi de la partie. La chanteuse et violoncelliste Leyla McCalla déploiera les charmes vigoureux du sud des Etats-Unis et le fougueux contrebassiste Miles Mosley, complice de Kamasi Washington, y présentera son art agité du groove.

Les tentations pop

Pas bégueule en plaisir musical, le Cully Jazz ne boude pas les approches plus pop, voire la pop elle-même, pour autant que cette distinction ait encore un sens. Si la nu-soul du Britannique Omar s’est toujours placée à la pointe des développements du genre, celle du Français Ben l’Oncle Soul accroche par ses rengaines légères et rétro. Parmi les artistes assez éloignés des influences jazz, on trouve aussi un Piers Faccini en songwriter aussi délicat qu’inventif, qui a su rénover la folk avec un sens certain de la luxuriance instrumentale. Plus surprenant encore, Fink s’éloigne avec toujours plus de détermination de ses débuts electro. Après une belle série d’albums folks et un dernier enregistrement très rock (Hard Believer en 2014), il arrive à Cully avec un projet enraciné dans le blues. (24 heures)

(Créé: 10.01.2017, 19h24)

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