Paris, la Suisse, l’art, le foot et la culture

Rendez-vousAu bord de la Seine,quai d’Austerlitz, Présence Suisse accueillait mercredi des artistes lausannois dans son joli nid.

Accueillante, artistique, ouverte, la House of Switzerland proposée par Présence Suisse depuis le début de l’Euro est très appréciée.

Accueillante, artistique, ouverte, la House of Switzerland proposée par Présence Suisse depuis le début de l’Euro est très appréciée. Image: Philippe Dubath

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Il va bientôt faire nuit et des accords, des voix, de la musique partent du lieu joliment investi par Présence Suisse, ambassadrice culturelle du pays à Paris, sur les quais de la Seine, côté gare d’Austerlitz. Dans la pénombre qui s’annonce, la vedette, c’est le mot écrit dans le ciel, en lettres bien plus hautes qu’un humain debout, par les néons de Sylvie Fleury: Miracle. Il faut dire que le travail de l’artiste a de l’allure, si simple et si juste à la fois. Il est photographié par les nombreux visiteurs qui depuis l’Euro ont élu ce bout de territoire helvétique comme un lieu incontournable, mais aussi par les promeneurs qui, depuis l’autre rive de la Seine, le repèrent et l’immortalisent, puis envoient sur les réseaux les images de cette réussite qui a une histoire sympa.

En effet, quand les grandes lettres capitales sont arrivées par camion, des complications liées à la crue de la Seine et aux autorisations se sont posées au dernier moment. Catastrophe? Non, car la culture et l’art contemporain ont des amis, notamment la ministre française de la Culture, Audrey Azoulay, qui a été sensible à la possible mésaventure. Et elle a envoyé un mot au propriétaire du lieu et à Nicolas Bideau, le directeur de Présence Suisse, signifiant que tout allait s’arranger. Et tout s’est arrangé. Quand l’Euro sera terminé, le mot Miracle partira pour Genève – il a été financé par la Ville et le Canton –, qui lui cherche actuellement la place qu’il mérite. Une place pour un mot dans une ville, c’est une réflexion intéressante.

Mais revenons à la soirée de mercredi, à la nuit, à la journée aussi, qui était celle consacrée à l’art lausannois. Une dizaine d’artistes, presque une équipe de football, étaient invités. Dont Massimo Furlan, qui s’est lancé avec ses potes Arnaud, plasticien, et Fred, cinéaste, dans l’improvisation chaotiquement hilarante d’une rencontre entre lui-même (Pino Stromboli), un revenant (George Best) et un ancêtre (Kevin Keegan). Deux légendes en somme. Furlan a beau se dire plusieurs fois par jour que le football est uniformisé et enlaidi par les perspectives de marketing, il ne résiste pas aux charmes de l’équipe d’Italie et ce jeu reste celui de son cœur: «Je prépare quelque chose avec Gilbert Gress sur l’histoire du Racing de Strasbourg. On tâtonne, on verra où on va. Et je suis en gestation d’une performance – ou d’un film? – sur Cagliari.»

L’humour de Furlan, le voilà: mercredi, dans sa performance, il a osé… dix minutes de silence à l’adresse de l’équipe d’Angleterre. Il fallait le faire. Il l’a fait. «On peut dire ce qu’on veut, quand l’équipe qu’on aime réussit, gagne, joue bien, c’est six mois de sourires assurés. Et l’histoire d’un match, c’est fou, c’est mieux que le théâtre, rien n’est écrit. Et vous avez déjà vu, vous, des spectateurs se lever en hurlant leur joie dans un théâtre?»

Marie-Caroline Hominal, danseuse, est venue créer une «femme-orchestre, par la musique, la voix, le mouvement et la lumière». D’autres artistes étaient là, choisis et invités par différentes institutions lausannoises, Théâtre de Vidy, Mudac, Arsenic, etc. Pour Nicolas Bideau, le succès du lieu vient confirmer ce qui doit en faire les valeurs: «Paris est la ville idéale pour associer ainsi le football, que j’aime beaucoup, et la culture. Ici, on peut aimer l’art sans mépriser le football, et le succès de cet endroit le démontre.» Les soirs de matches de la Suisse et de la France, plus de 1500 personnes se pressaient ici. Il a fallu, à un certain moment, fermer les portes.

Mais avec quoi seront repartis les visiteurs de cette House of Switzerland créée sur la structure existante du Wanderlust, haut lieu de la nuit parisienne? «Notre intention est de montrer une Suisse diversifiée, vivante, surprenante, qui sait être attachée à ses racines, à des traditions, à son histoire, tout en se montrant sexy, créative. Disons que le but est de mettre l’art et l’urbanité au service de la Suisse historique. Et je crois vraiment que c’est quand l’art contemporain entre dans la vie des gens qu’il est fort.»

Cartes originales créées par un jeune designer, botte-culs du XXIe siècle avec cloche à vache intégrée, ouverture à la créativité de toute une jeunesse artistique: sur le toit, le néon Miracle, dans la nuit venue, semble saluer l’esprit suisse et lausannois qui flotte ici. Et aux cuisines, le jeune chef Christophe Janin, de Poliez-Pittet, est au boulot. Plats suisses un peu revisités au menu. (24 heures)

Créé: 29.06.2016, 22h06

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