Les goûts sûrs et affirmés du Collectif sur un Malentendu

ScèneIssue de la Manufacture, cette troupe tourne avec «Dans le blanc des dents», vu à l’Arsenic. Critique.

Emilie Blaser – excellente d’un bout à l’autre de la pièce – et Cédric Djejde incarnent le couple par qui le scandale arrive, dans la pièce <i>Dans le blanc des dents</i>.

Emilie Blaser – excellente d’un bout à l’autre de la pièce – et Cédric Djejde incarnent le couple par qui le scandale arrive, dans la pièce Dans le blanc des dents. Image: Samuel Rubio

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En trois spectacles, le Collectif sur un Malentendu a réussi à affirmer sa patte. A se faire remarquer sur les scènes romandes tournées vers le théâtre contemporain. Après Les Trublions (2013) puis Tristesse animal noir, présenté la saison dernière, Dans le blanc des dents prouve que les talents (individuels) ne s’annulent pas nécessairement quand ils s’additionnent. Et que le théâtre construit sans le regard prééminent d’un metteur en scène peut aboutir à des objets achevés. Ambitieux. Engagés. N’est-ce pas, précisément, la motivation première qui a réuni Emilie Blaser, Claire Deutsch, Cédric Djejde, Pierre-Antoine Dubey, Cédric Leproust et Nora Steinig?

Avec leur dernière création – présentée la semaine passée à l’Arsenic et jouée dès le 27 février au Poche, à Genève –, la clique de comédiens issus de la haute école de théâtre romande La Manufacture enfonce un peu plus son clou. Caustique et dérangeante, la pièce du jeune britannique Nick Gill porte un regard implacable et tragique sur le racisme ordinaire, le brouillage des valeurs et les rapports de force qui secouent notre société et, sur scène, une famille étriquée dans sa bêtise xénophobe et ses faux-semblants. Quand la fille introduit, à la maison, son petit ami d’origine africaine, les travers petits bourgeois ravagent tout sur leur passage. Le texte est cru et incisif. Le collectif s’en inspire pour proposer une mise en scène acide. Qui ne déroge, certes, à aucun standard de la mise en scène contemporaine. Qui finirait presque par paraître lisse, tant les ingrédients sont finement associés. Mais qui dénote, surtout, d’une maîtrise du rythme et de l’esthétique générale du spectacle. Avec l’indispensable: la recherche astucieuse d’ingrédients scéniques dans le seul but de mettre en valeur tout ce qui fait le sel du texte. (24 heures)

Créé: 06.02.2017, 15h52

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