Une fiction théâtrale percutée par la réalité terroriste

ScèneUne bombe dans le métro de Bruxelles est au cœur du spectacle de promotion de l’école Les Teintureries, à voir dès lundi à Vidy.

Les étudiants des Teintureries créent «Métro 4» à Vidy.

Les étudiants des Teintureries créent «Métro 4» à Vidy. Image: Alain Humerose

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Métro 4. Une bombe explose dans une station. On est à Bruxelles. Dans son texte écrit en 2007, Jean-Marie Piemme imagine un kaléidoscope de points de vue qui donnent réalité aux vies soufflées par son attentat imaginaire. Avec force – mais humour aussi –, cette explosion raconte la société actuelle, son éclatement, ses illusions, ses peurs. Une mosaïque de monologues et de dialogues fait entendre la voix de passagers de la rame, celle de victimes meurtries ou de leurs familles, celle des enquêteurs, des politiques, du personnel du métro…

Il y a neuf ans, le dramaturge belge était loin d’imaginer que l’enfer rattraperait sa fiction. Tout comme le metteur en scène Philippe Sireuil, lorsqu’il a proposé, l’automne dernier déjà, de porter ce texte sur scène avec les étudiants de la promotion 2016 de l’école de théâtre lausannoise Les Teintureries. «En proposant Métro 4, j’avais entre autres ambitions d’impliquer les élèves dans un projet où il leur serait nécessaire de prendre parole au travers des mots d’un autre, de «boxer avec le monde», explique Philippe Sireuil dans le programme du spectacle joué à Vidy.

Electrochoc

Finalement, l’horreur est venue corser le combat autant que l’entrée dans le métier des sept jeunes comédiens, sur scène dès lundi. Les attentats de novembre à Paris avaient encouragé l’auteur à retravailler le texte de 2007. Ceux de Bruxelles ont constitué un électrochoc pour toute la troupe. Car, contrairement au reportage journalistique, remarque le metteur en scène, le théâtre «ne peut se satisfaire de l’immédiateté, du pris-sur-le-vif, du sur-le-champ».

«Le projet a pris une profondeur incroyable, reconnaît Nathalie Lannuzel, directrice de l’école privée installée à Sébeillon. Le choc de la catastrophe a amené un dialogue passionnant, autour du poids des mots et de la position d’acteurs responsables.»


Lausanne, Théâtre de Vidy, du lu 27 juin au ve 1er juillet (19 h 30)
Rés.: 021 623 21 00. les-teintureries.ch (24 heures)

Créé: 24.06.2016, 11h18

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