Vidy garde le cap d’un théâtre ouvert sur le monde

ScènesVincent Baudriller a levé le voile, hier, sur la première partie de la saison 2016/2017 du théâtre lausannois. Survol.

Nicolas Bouchaud incarnera Dom Juan, en novembre, dans la pièce de Molière mise en scène par Jean-François Sivadier.

Nicolas Bouchaud incarnera Dom Juan, en novembre, dans la pièce de Molière mise en scène par Jean-François Sivadier. Image: Brigitte Enguérand

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Vincent Baudriller signe sa troisième saison à la tête de Vidy. Et autant dire que le directeur du théâtre au bord de l’eau trouve de plus en plus ses aises à Lausanne, en poursuivant des dialogues thématiques ouverts avec le public depuis son arrivée en 2014, en continuant à développer des liens avec des artistes d’ici (et d’ailleurs), en renforçant sa volonté de faire du théâtre un phare de la Suisse romande, un carrefour privilégié entre les disciplines et les esthétiques. Le Français a présenté hier matin face à la presse la première partie de sa programmation 2016-2017. Il a levé le voile sur 22 projets – dont 10 créations et 6 spectacles défendus par des artistes suisses – qui emprunteront des voies théâtrales mais aussi chorégraphiques, musicales, photographiques et même circassiennes.

En préambule à sa présentation, Vincent Baudriller s’est naturellement prêté au jeu du bilan, rapidement chiffré, de la saison qu’il s’apprête à boucler avec le sourire: le taux de fréquentation, attendu autour des 79% (invitations comprises), le rend même «plutôt heureux». «C’est légèrement supérieur aux années précédentes. La dynamique est positive et cela fait plaisir puisque la programmation a laissé une large place à de nouveaux artistes qui n’étaient, souvent, jamais venus à Lausanne. Le contrat de confiance avec le public est en train de grandir.» Mais avec un public à l’écoute du bouche à oreille et réactif souvent au dernier moment seulement, rien n’est jamais gagné. Qui plus est quand «la prise de risque est la marque de fabrique d’un théâtre de création».

C’est sûr, les prises de risque se poursuivront de septembre à février prochain. L’ouverture de saison s’annonce «artistiquement ambitieuse» tout autant que programmatique. Il y sera question de l’étranger et du vivant, «deux mots qui vont nous guider au fil de la saison». Après Werther, présenté en novembre dernier, l’Allemand Nicolas Stemann reviendra avec une réflexion très politique (et en français) autour de la tolérance, un Nathan le Sage qui mélangera la voix de Lessing à celle du Prix Nobel de littérature Elfriede Jelinek. Suivra Nachlass imaginé par le chantre du théâtre documentaire immersif, le Suisse Stefan Kaegi, et le scénographe Dominic Huber. Autour de la question de la mort, le public pénétrera un espace de mémoire, nourri de témoignages.

Entre différence et solitude

«Vidy est un théâtre qui fait écho aux questions de société et à un monde qui ne s’arrête ni aux montagnes suisses ni aux barbelés qui entourent certains pays européens», a avancé Vincent Baudriller. Des thématiques déjà abordées ces derniers mois seront ainsi enrichies et questionnées, comme la tolérance dans Mesure pour mesure de Shakespeare et mis en scène par Karim Bel Kacem ou Dom Juan de Molière, et incarné par Nicolas Bouchaud. La différence avec l’autre sera au cœur d’Empire de Milo Rau, sur la crise des réfugiés en Grèce, de Nkenguegi du Congolais Dieudonné Niangouna ou encore d’Hospitalités, de Massimo Furlan. Vincent Macaigne, qui avait marqué avec fracas l’arrivée du nouveau directeur à Vidy, traitera, quant à lui, de solitude, avec En manque, d’après Sarah Kane.

Cette saison, Vincent Baudriller a mis beaucoup d’énergie pour ouvrir les plateaux de Vidy à la danse. Dès l’automne, cette discipline sera défendue par la Danoise Mette Ingvartsen et ses recherches chorégraphiques et historiques autour de la nudité, ou par Jérôme Bel, qui viendra avec Gala, sa création 2015 drôle et décalée. Dès novembre, le directeur poursuivra la diversification, en renouant, cette fois-ci, avec l’un des fils conducteurs de l’ère René Gonzalez: le cirque moderne. Yoann Bourgeois et son spectacle en équilibre Celui qui tombe sont attendus en novembre. A ne pas manquer, non plus, avant la fin de l’année: l’univers décalé de Philippe Quesne, artiste passé plusieurs fois par l’Arsenic, qui présentera La nuit des taupes. (24 heures)

Créé: 24.05.2016, 21h26

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 4

Le corps de Dali exhumé, paru le 21 juillet.
(Image: Bénédicte) Plus...