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Ex-Allemagne de l'Est

Des meubles Ikea construits par des travailleurs forcés

Mis à jour le 16.11.2012 1 Commentaire

Le géant suédois du meuble Ikea a regretté vendredi que certains de ses fournisseurs aient fait travailler des prisonniers politiques en RDA, en présentant une enquête qu'il avait commandée et qui soulève les critiques.

Image: PHOTO D'ILLUSTRATION/Keystone

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Le géant suédois du meuble Ikea a reconnu vendredi que des travailleurs forcés avaient fabriqué certains de ses meubles dans les années 1980 en Allemagne de l'Est, comme le montre une étude du cabinet Ernst & Young qu'il avait lui-même commandée.

Cette étude montre «que des prisonniers politiques et des détenus ont participé en partie à la production de composants ou de meubles, qui ont été livrés à Ikea il y a 25 à 30 ans», a admis Ikea vendredi, en présentant l'étude à Berlin.

Il est également démontré que les représentants d'Ikea savaient qu'il était possible que des prisonniers politiques soient utilisés dans les usines en RDA.

«La société avait pris des mesures pour s'assurer que des prisonniers n'étaient pas utilisés mais il est maintenant clair que ces mesures n'étaient pas suffisamment efficaces», a expliqué Ikea.

Contrôles déficients

«A cette époque, nous n'avions pas encore les systèmes de contrôle développés actuels et nous n'avons manifestement pas fait assez pour empêcher de telles méthodes de production», a regretté Jeanette Skjelmose, une des responsables d'Ikea.

L'enquête d'Ernst & Young a été menée depuis mai sur environ 20'000 documents provenant des archives internes d'Ikea et quelque 80'000 pièces des archives allemandes. En outre, le cabinet a conduit environ 90 entretiens avec différents employés d'Ikea et des anciens prisonniers de RDA.

Etude critiquée

Avant même sa publication, cette étude a fait l'objet de vives critiques en Allemagne.

L'Association d'aide aux victimes de la RDA a reproché à Ikea «une mise en scène non scientifique» et déploré, dans un communiqué, que le groupe ait confié les recherches au cabinet de conseil Ernst & Young, «probablement moyennant finance», et non à des historiens indépendants.

«Il aurait été plus simple de nous solliciter, parce que nous sommes compétents sur ce sujet», a aussi regretté Klaus Schröder, directeur d'un centre de recherche sur le régime communiste de la RDA au sein de l'Université Libre (FU) de Berlin, dans un communiqué séparé.

D'autres groupes seraient concernés

Selon la presse allemande, d'autres groupes ont eu recours à de la main-d'oeuvre forcée en Allemagne de l'Est, notamment les entreprises ouest-allemandes de vente par correspondance Neckermann et Quelle, aujourd'hui en faillite.

Le responsable gouvernemental des archives de la Stasi, la police politique du régime est-allemand, Roland Jahn, a réclamé que la lumière soit faite sur ce «chapitre sombre de la dictature de RDA».

L'étude d'Ikea devrait être le «début d'un travail systématique, mais aussi scientifique sur cette problématique», a renchéri Rainer Wagner, le président de l'Union des organisations allemandes de victimes de la tyrannie communiste (UOKG), voyant dans Ikea un «précurseur» et invitant les autres entreprises concernées à faire de même. (ats/Newsnet)

Créé: 16.11.2012, 18h34

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1 Commentaire

Serge-André Monney

18.11.2012, 08:45 Heures
Signaler un abus 1 Recommandation 2

Les prisons suisses font également travailler leurs prisonniers. Ca les occupe et leur permet d'avoir un petit pécule à la sortie de prison. Je ne vois aucun mal à cela. Répondre



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