Le scandale Petrobras rattrape Mossack Fonseca

CorruptionArrestation à Panama des fondateurs de la firme spécialisée dans les sociétés-écrans. L’enquête s’oriente vers Genève.

Le siège de Mossack Fonseca, à Panama City

Le siège de Mossack Fonseca, à Panama City Image: Reuters

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MF, le cabinet fondé par Ramón Fonseca et Jürgen Mossack, au cœur du scandale des Panama Papers, se retrouve aspiré dans la gigantesque affaire de corruption en lien avec le géant pétrolier brésilien Petrobras. Jeudi, les deux rois du offshore ont été placés en détention provisoire à Panama-City en raison de leur possible participation à l’un des versants de la plus importante affaire de corruption mise à jour en Amérique latine: celui en lien avec Oderbrecht. Le constructeur brésilien aurait soudoyé Fonseca.

Le scandale Petrobras occupe aussi le Ministère public de la Confédération (MPC) en raison du rôle qu’y ont joué de dizaines de banques helvétiques.

Les enquêteurs panaméens soupçonnent MF d’être une «organisation criminelle». Ils reprochent à Mossack et Fonseca d’avoir aidé à cacher de l’argent d’origine douteuse. Les Panama Papers ont montré que de nombreuses firmes jouaient un rôle dans ce scandale: 33 d’entre elles étaient pilotées depuis Genève et Zurich.

La procédure lancée jeudi a des implications directes en Suisse. Car les deux hommes dirigent la filiale de MF à Genève. Ramón Fonseca préside depuis le 13 octobre dernier le conseil d’administration de MF Genève. Jürgen Mossack officie comme vice-président. La direction de la filiale se trouve désormais dans le viseur des enquêteurs panaméens.

Jusqu’à l’an dernier, MF Genève était le bureau le plus important du cabinet en dehors du Panama. En 2015 encore, 17% des sociétés-écrans créées par MF au niveau mondial l’avaient été depuis la Cité de Calvin. Peu après les révélations des Panama Papers, l’ancien président de la filiale démissionnait. L’été dernier, le bureau ne comptait plus que trois collaborateurs.

Vendredi, le président de MF Genève s’est indigné face aux accusations à son égard. Dans un communiqué, il a plaidé son innocence et estimé que l’enquête devait viser d’autres personnes. (24 heures)

Créé: 11.02.2017, 14h50

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