Crédit hypothécaires
Les banques limitent le recours au 2e pilier
Par Marc-Henri Jobin. Mis à jour le 29.03.2012 18 Commentaires
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Ce n'est pas un retournement de tendance, mais les prémices d'une prudence accrue dans l'octroi des crédits hypothécaires. Plusieurs établissements bancaires se montrent plus exigeants sur la nature des fonds propres que doivent apporter les futurs propriétaires.
En clair, elle n'acceptent plus que les 20% de fonds propres habituellement exigés soient intégralement financés par des fonds du 2e pilier. Une majorité d'établissements, notamment les plus grands, demande désormais qu'au moins 5% des fonds propres mis sur la table soient «de l'épargne véritable».
5% voire 10% d'épargne
«Dans la perspective d'une surchauffe partielle du marché de l'immobilier, nous acceptons seulement avec réserve l'argent du 2e pilier», confirme Sylvie Pidoux, de Raiffeisen Suisse. «Nous en sommes venus à exiger davantage de fonds propres issus de valeurs patrimoniales, cash ou 3e pilier».
Ceux-ci doivent représenter aujourd'hui «au moins 5% de l'investissement». Mais, «une grande partie des Banques Raiffeisen en demande déjà 10%, voire plus», ajoute la porte-parole romande du groupe.
Le message est clair venant d'un groupe réputé jusqu'ici accommodant dans l'octroi de nouvelles hypothèques. Raiffeisen n'est pas un cas isolé. La Banque cantonale d'Argovie a de même indiqué dans la dernière édition de la SonntagsZeitung qu'elle exige désormais que la moitié - soit 10% - des fonds propres proviennent d'espèces ou du 3e pilier.
«La pierre» est moins sûre
Idem pour la Banque cantonale de Berne. Depuis l'été dernier, celle-ci ne considère plus l'argent du 2e pilier comme de «véritables fonds propres». «Ces fonds servent à la prévoyance vieillesse. Ils doivent être placés de manière sûre», vient de déclarer son nouveau chef Hanspeter Rüfenacht au journal économique Finanz & Wirtschaft.
Le patron de la banque bernoise met le doigt sur la grosse crainte du moment. Aux prix actuels, «la pierre» n'est plus forcément un placement sûr. Et comme les fonds propres sont aussi là pour parer le coup en cas de recul des prix, on veut éviter que les gens ne perdent l'argent qui doit financer une bonne partie de leur retraite.
Certaines banques, parce que déjà plus prudentes, ne doivent pas modifier leur politique concernant les fonds du 2e pilier. Tel est le cas de la Banque cantonale vaudoise (BCV), «qui depuis des années déjà demande 20% de fonds propre dont 10% en cash». Une politique qui, explique Jean-Pascal Baechler, «a pour but d'éviter que le client utilise l'ensemble de son 2e pilier sans prendre des mesures pour le reconstituer par la suite».
Il en va de même pour la Banque cantonale de Genève (BCGE), qui recommande aussi à ses clients «de ne pas retirer leur 2e pilier mais de le mettre uniquement en nantissement», relève Olivier Schaerrer.
En fonction du prix estimé
La BCGE, comme d'autres banques, agit à un autre niveau. «Lorsque le risque est jugé trop élevé, nous demandons plus de fonds propres», note Olivier Schaerrer.
L'UBS (UBSN 17.82 1.65%) se base de même sur la valeur de ses propres estimations. «Nous demandons usuellement 5% de fonds liquides mais ne finançons un objet qu'à concurrence de notre propre estimation», explique Jean-Raphaël Fontannaz. Pour les objets atypiques, notamment dans le segment de l'immobilier de luxe, la part de fonds propres requise est ainsi «de 40% au moins», ajoute le porte-parole romand d'UBS.
C'est une autre manière de renforcer les prescriptions en matière de fonds propres, observe Adrian Wenger, du VZ Vermögenszentrum, cité par tagesanzeiger.ch. Exemple, lorsqu'un objet est offert à 1 million de francs et que la banque en estime la valeur à 900'000 francs, elle exigera 180'000 francs de fonds propres, ajoutera 720'000 francs et laissera l'acheteur financer lui-même les 100'000 francs qui manquent. (Newsnet)
Créé: 29.03.2012, 15h43
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18 Commentaires
Pas besoin de retirer son 2ème pilier pour son propre logement pour que les caisses soient vides d'ici peu. En ce qui me concerne je ne regrette pas d'avoir utilisé mon 2ème pilier pour financer ma maison. Au moins je sais que la pierre va me rester dans 30 ans avec une bonne plus-value. Beaucoup moins sûr pour les caisses de pensions. Comme d'hab. l'Etat diminuera les rentes par solidarité Répondre
Je ne suis pas économiste, un banquier mais un réaliste. Cela fait des années que je dis que le financement de la propriété avec le deuxième pillier est une bombe à retardement... Finalement, quand les rentiers auront tout perdu, qui va payer ? Sûrement pas les banquiers mais bien les services sociaux. La crise des subprimes Suisse est bientôt là à force de tirer sur la corde raide... Répondre
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