La Une | Jeudi 17 mai 2012 | Dernière mise à jour 00:15
Grèce

Les discussions continuent alors que le peuple manifeste

Mis à jour le 06.02.2012 1 Commentaire

Les négociations entre le premier ministre grec Lucas Papademos et les partis politiques gouvernementaux devraient se poursuivre mardi, pour tenter d’arracher l’aval des partis aux réformes exigées par l’UE et le FMI.

Athènes dans la rue et sous la pluie.

Athènes dans la rue et sous la pluie.
Image: Keystone

Lundi soir, alors qu’une première manifestation de l’opposition de gauche, communiste et radicale montait au front sous une pluie battante dans les rues d’Athènes contre les réformes, Lucas Papademos a rencontré la troïka représentant les créanciers institutionnels du pays, UE, BCE et FMI, dont la patience est mise à rude épreuve par la longueur des tractations.

«Les négociations sont tellement difficiles que dès qu’un chapitre est clos, un autre s’ouvre», a indiqué le ministre des Finances grec Evangelos Venizelos, après la réunion avec la «troïka».

L’espoir de voir se conclure lundi un accord politique entre les chefs des trois partis au gouvernement, Georges Papandréou (socialiste), Antonis Samaras (conservateur), et Georges Karatzaféris (extrême droite), sur les mesures à mettre en oeuvre s’est éloigné. Leur rencontre initialement prévue lundi devait «très probablement» être reportée à mardi, selon une source gouvernementale.

Double négociation

L’enjeu est de mettre un point final à trois semaines d’une double négociation, à la fois avec les créanciers étrangers et les trois dirigeants politiques, sur les modalités de la nouvelle cure de rigueur prescrite au pays en échange d’un deuxième plan de renflouement de 130 milliards d’euros (157 milliards de francs).

Pour débloquer ces fonds, et avaliser aussi l’opération d’effacement de 100 milliards de dette par les créanciers privés, les bailleurs de fonds institutionnels exigent un engagement explicite des trois chefs de parti, réticents à contresigner des mesures impopulaires et susceptibles d’aggraver la récession.

Pression de Bruxelles, Paris et Berlin

Les discussions sont «déjà au-delà des délais», a averti lundi le bureau du Commissaire européen aux affaires économiques. Bruxelles avait tablé sur un dénouement ce week-end.

Réunis à Paris, le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel ont également accru leur pression. «Les Grecs ont pris des engagements, ils doivent les respecter scrupuleusement», a déclaré Nicolas Sarkozy. Celui-ci a encore invité les Grecs à s’inspirer du «travail remarquable» du président du conseil italien Mario Monti pour s’attaquer à l’endettement de son pays.

Les deux dirigeants ont aussi souhaité que l’argent versé par les créanciers à la Grèce soit bloqué sur un compte «pour être sûr que cet argent sera durablement disponible» pour assurer les paiements du service de la dette du pays.

Coupes et réformes

Athènes a un besoin vital d’une nouvelle aide pour éviter le défaut de paiement dès le 20 mars, à l’échéance de créances de 14,5 milliards d’euros.

A l’issue dimanche de cinq heures de discussions avec les trois dirigeants, Lucas Papademos a fait part d’une entente sur l’étendue des économies à réaliser (environ 3,3 milliards d’euros), sur la mise en place de réformes visant à abaisser les coûts de production et sur un schéma de recapitalisation des banques.

Selon les médias, les dernières tractations doivent porter sur le montant des coupes prévues dans les retraites complémentaires, sur la réduction réclamée par l’UE et le FMI du salaire minimum ainsi que sur un projet de 15’000 licenciements rapides dans la fonction publique.

La plupart des quotidiens pariaient lundi matin sur un accord final du trio politique grec, qui autoriserait M. Papademos à mener à son terme parallèlement l’accord final sur la restructuration de la dette avec les créanciers privés.

Grève générale

Les deux grandes centrales syndicales, GSEE pour le privé et Adedy pour le public, ont également anticipé un accord en appelant à une grève générale de 24 heures mardi, qui doit notamment perturber écoles, liaisons avec les îles, transports publics et administration. Une manifestation est prévue dans le centre d’Athènes à la mi-journée.

L’opposition de gauche, communiste et radicale, est pour sa part montée au front en annonçant des manifestations dès lundi soir.

(afp/Newsnet)

Créé: 06.02.2012, 14h48

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1 Commentaire

Jacques Gaillard

07.02.2012, 11:05 Heures
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Coupes dans les retraites, réductions de salaires, licenciements massifs, et ensuite, on s'étonne que ce peuple d'ingrats refuse de dépenser plus pour favoriser la relance (l'étape suivante dans la schizophrénie gouvernementale, c'est "décidément, on n'a pas le peuple qu'on mérite"). Et après, il va se passer quoi ? Répondre




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