Crise de le dette
Les monnaies de pays émergents flanchent elles aussi
Par Pierre-François Besson. Mis à jour le 25.06.2012
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L’euro baisse mais n’est pas tout seul. Brésil, Russie, Inde et Chine (BRICs) sont les grandes puissances économiques émergentes. En dix ans, leurs économies ont quadruplé. Pourtant, leurs monnaies chutent.
C’est même la première fois depuis 1998 que real, rouble et roupie reculent davantage que celles des autres pays émergents, constate Bloomberg. Et le yuan n’avait pas connu pareille décrue depuis 1994.
En chiffre, ça donne en trois mois -12% pour le real, -11,5%pour le rouble et - 10% pour la roupie. Soit deux fois plus que l’euro. Inchangé en 2008-2009, le yuan a baissée de 1,2% depuis mars et la décision des autorités chinoises d’élargir la marge de fluctuation possible de leur monnaie.
Raisons diverses
Au Brésil, le taux de défaut des consommateurs bat tous les records. En Russie, les prix du pétrole exporté sont au plus bas depuis 18 mois. En Inde, le déficit budgétaire se creuse dangereusement alors qu’en Chine, le prix des appartements s’est écroulé.
Selon l’agence financière, les investisseurs fuient les quatre monnaies. Les raisons varient, l’impact est le même. Ce qui incite d’ailleurs les autorités à intervenir pour freiner le mouvement.
«L’économie globale et les flux de capitaux qui ralentissent mettent au jour beaucoup de problèmes dans ces pays. Les gens s’arrêtent et s’interrogent», explique un partenaire de hedge fund.
Cet ex-économiste au FMI joue donc la prudence et conseille la retenue aux investisseurs. D’autant qu’il attend une poursuite du mouvement. Les quatre monnaies des BRICs devraient selon lui perdre encore 15% d’ici la fin de l’année.
La crise de la dette
Ces reculs pourraient stimuler les exportations des pays en question. Et gêner les entreprises occidentales. Mais les pays BRICs envisagent plutôt des croissances en berne. Hormis leurs problèmes internes, la crise de la dette en Europe pèse sur eux de tout son poids.
Un analyste cité par Bloomberg douche les espoirs d’une croissance assumée par le reste du monde en attendant que l’Occident ne renoue avec la haute conjoncture.
Les BRICs «s’en sortiront mal aussi longtemps que le monde va mal, assure cet analyste. Je ne crois pas au découplage.» (Newsnet)
Créé: 25.06.2012, 11h48
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