BNS
Philipp Hildebrand perd son salaire pour gagner plus
Par Marc-Henri Jobin. Mis à jour le 14.06.2012
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A partir du 1er octobre, Philipp Hildebrand ne sera plus salarié de la BNS. Il part quatre mois avant le délai prévu. Il devra sans doute, en échange, renoncer à son salaire, révèle le Tages-Anzeiger dans son édition de jeudi.
Win-win
Selon la Banque nationale suisse (BNS), citée par le quotidien zurichois, le salaire de Philipp Hildebrand sera réduit voire supprimé, selon le montant gagné chez son nouvel employeur. Dans ces conditions, il est plus que probable que la BNS économise l'entier de la rémunération l'ancien président de sa direction, soit 350'000 francs pour les quatre mois concernés.
Car, comme troisième vice-président de BlackRock, le Lucernois, qui fêtera cette année ses 49 ans, devrait gagner au moins autant que les deux autres «vice-chairmen» du géant américain de la gestion de fortune. L'un et l'autre affichent un salaire annuel de 7 à 8 millions de dollars. Soit 6,7 à 7,6 millions de francs suisses.
Pour Philipp Hildebrand, le calcul a dû être simple: abandonner 350'000 francs de salaire à la BNS lui permettra de gagner de 2,2 et 2,5 millions de francs, soit au moins six fois plus dans le même laps de temps, du 1er octobre 2012 et le 31 janvier 2013.
Les perles de la crise
«Peu de gestionnaires jouissent d’autant de considération pour leurs compétences, leur jugement et leur intégrité», a dit le patron de BlackRock, Laurence Fink, au sujet de l'ancien chef de la BNS. De fait, durant ses neuf ans à la direction de banque centrale helvétique, dont deux passées à sa tête, Philipp Hildebrand a acquis une expérience «in vivo» de la gestion de crise et s'est créé un réseau international au plus haut niveau.
De Londres où il s'occupera des grands clients non américains de BlackRock, Philipp Hildebrand pourrait tantôt retrouver ses anciens collègues banquiers centraux et l'un ou l'autre ministre des finances. Car si BlackRock dispose aujourd'hui de quelque 3700 milliards de dollars de fonds sous gestion, c'est aussi parce que le groupe américain ne conseille pas seulement des privés, mais aussi des entreprises et des gouvernements.
Engagé dans le redressement d'UBS
BlackRock a, de ce fait, grandi aussi avec la crise. En 2009, le groupe américain a acquis l'ensemble de la gestion de fortune de Barclays Bank, alors en difficulté. Aux Etats-Unis, BlackRock est intervenu de même dans le sauvetage d'AIG, alors en plein effondrement.
En 2008, on retrouve le groupe dans l'opération de redressement d'UBS. BlackRock a alors racheté pour 15 milliards de titres à mauvais risque et dépréciés, que la banque suisse avait en son temps payé 22 milliards de dollars. BlackRock n'avait accepté l'opération qu'avec un financement, soit moyennant un prêt de 11,25 milliards de francs, relève le Tagi.
On retrouve aujourd'hui le groupe américain dans les opérations de refinancement de la Grèce et de l'Irlande et dans la réévaluation des banques espagnoles. Des opérations où Philipp Hildebrand pourra faire valoir à coup sûr les compétences qu'il a acquise à la BNS et comme ancien vice-président du Conseil de stabilité financière (CSF). (Newsnet)
Créé: 14.06.2012, 13h43
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