Assemblée générale
Trop élevés, les bonus d’UBS seront contestés
Par Marc-Henri Jobin. Mis à jour le 23.04.2012 3 Commentaires
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Rémunérations: les actionaires ne disent pas tous «oui»
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Les banques vont mieux, mais leurs actionnaires restent marqués du fer rouge de la crise. Virkam Pandit, le patron de Citigroup, (C 39 -0.14%) en sait quelque chose: à 55%, ses actionnaires lui ont refusé, le 17 avril, un bonus de 15 millions de dollars pour 2011: son salaire de 1 million de dollars suffira, ont-ils estimé.
Le cas pourrait faire école. La banque britannique Barclays (BARC 3.714 -0.16%) a en tout cas pris les devants. A quelques jours de son assemblée du 27 avril, son directeur général Bod Diamond a promis d'abandonner moitié de son bonus «différé» pour 2011, de 2,7 millions de livres (4 millions de francs suisses).
La chute d'un quart du cours de l'action sur un an a pu jouer un rôle dans cette décision. Mais Barclays sait surtout qu'ABI, la plus influente association d'actionnaires britannique, pourrait contester son «rapport de rémunération» lors de l'assemblée générale.
En Suisse aussi
Il n'y a pas que les actionnaires anglo-saxons pour manifester leur mécontentement. En Suisse, les chefs d'UBS (UBSN 17.19 -0.75%) verront bientôt leurs rémunérations contestées. La fondation Ethos, qui est à la Suisse ce qu'ABI est à la Grande-Bretagne, votera en effet contre le «rapport de rémunération» 2011 de la grande banque lors de l'assemblée générale du 3 mai. De même, elle va s'opposer à l'augmentation du «capital conditionnel», prévu tout spécialement pour verser des actions aux collaborateurs.
La rémunération de la direction générale d'UBS est «trop élevée» et «ne comporte pas de limite vers le haut», écrit Ethos noir sur blanc. «Elle n'est pas transparente», du fait que la part variable des rémunérations n'est pas limitée, ajoute en substance son directeur, Dominique Biedermann, interrogé par
La fondation genevoise de défense des intérêts des actionnaires cite en exemple le cas de Robert McCann, la personne actuellement la mieux payée d'UBS. Pour 2011, le CEO de la division Wealth Management America a reçu une rémunération estimée à 9,2 millions de francs. Variable à 85%, celle-ci pourrait être toutefois beaucoup plus élevée au final.
Les autres membres de la direction se sont vus verser en moyenne 5,7 millions de francs, mais à 70% sous forme variable. A cela s'ajoute la prime d'arrivée de 4 millions de francs attribuée au nouveau président Axel Weber. Une prime sans contrepartie qu'Ethos juge aussi «injustifiable et inacceptable».
Une forte minorité suffit
Contrairement à d'autres pays, comme la Suède, la Suisse ne confère toutefois aux actionnaires qu'un avis consultatif sur «le rapport de rémunération». Dominique Biedermann ne s'en émeut pas. «Il en est de même aux Etats-Unis. Pourtant, la direction de Citigroup s'est pliée au vote consultatif des actionnaires», observe-t-il.
Rien ne dit en revanche qu'une majorité d'actionnaires s'opposera aux rémunérations des dirigeants d'UBS. Weatherford est, à ce jour, la seule société cotée en Suisse qui a vu son rapport de rémunération rejeté (voir graphique ci-dessus). Mais là encore, Dominique Biedermann relativise, car «une forte minorité suffit à infléchir l'opinion des responsables».
Sans majorité, Ethos a ainsi obtenu d'importantes concessions de diverses sociétés en matière de transparence des rémunérations, rappelle-t-il. Tel a été le cas notamment avec Givaudan, Kuoni ou Partners Group.
Tabou brisé
Plus formel, le vote sur l'augmentation du capital conditionnel devrait donner du poids aux revendications d'Ethos. Dans le domaine, la fondation genevoise accepte mal qu'UBS ait versé, en 2011, l'équivalent de 2% de son capital-actions à 6600 personnes ne représentant que 10% de ses effectifs. «Nous ne sommes pas opposés à la distribution d'actions, mais nous sommes contre le fait que ce soit à une minorité».
Ethos recommande par ailleurs de refuser la décharge au Conseil d'administration. A ses yeux, la banque ne devrait pas l'obtenir avant d'avoir mis en place des mesures pour empêcher des opérations de trading non autorisées, comme celle qui lui a fait perdre 1,8 milliard de francs en septembre 2011.
«Une telle proposition aurait été totalement tabou il y a quelques années encore», note Dominique Biederman, qui y a voit la preuve que la défense des actionnaires a fait de gros progrès, en Suisse également. (Newsnet)
Créé: 23.04.2012, 16h20
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3 Commentaires
Direction générale des banques: salaires et bonus exorbitants, mais jamais responsables ! L'un devrait aller avec l'autre par obligation (contrat). Bravo à la fondation Ethos pour son combat. Répondre
Courage Ethos ! Quand on voit que le Patron d'UBS vient de publier une tribune où il accuse le gouvernement de mener à sa perte la place financière suisse (mais bon sang qui a violé en toute connaissance de cause les règles des autres pays). Et prévoit 20'000 emplois en mois alors qu'il s'en met plein les poches. Dégeulasse ! Il y a des coups de pied au popotin qui se perdent !! Quelle impudence ! Répondre
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