Crise de la dette
Les agences de notation alimentent la crise
Par Marc-Henri Jobin. Mis à jour le 26.07.2012 2 Commentaires
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La crise de la dette en Europe est alimentée par les agences de notation. Dans une étude publiée cette semaine, l'Université de St-Gall démontre comment les notations des agences de rating créent une spirale à la baisse qui s'autonourrit.
Avant d'aboutir à ce constat fracassant, vu le contexte actuel, le professeur Manfred Gärtner et Björn Griesbach ont comparé les données macro-économiques de 25 états de l'OCDE entre 1999 et 2011 et la notation de ces derniers par l'agence Fitch. Troisième en importance, Fitch se partage avec ses consœurs américaines Standard & Poor's et Moody's près de 90% du marché mondial de la notation financière.
Ne pas tomber en «ligue B»
Selon l'étude st-galloise, l'impact d'une dégradation de la note dépend de la situation dans laquelle le pays se trouve au départ. S'il bénéfice de la meilleure note, soit d'un «Triple-A», la réaction des marchés est plutôt sereine, comme observé cette semaine encore, après que Moody's a menacé de revoir à la baisse la note de l'Allemagne.
La situation est tout autre pour qui part de plus bas, à l'instar de l'Espagne, du Portugal ou de la Grèce. Une «confiance aveugle» conduit les marchés à réagir «quasi en temps réel» à l'abaissement d'une note, sans se préoccuper de la situation économique objective du pays, constatent les chercheurs suisses.
Auto-alimenté et auto-justifié
Dès qu'il qu'il est relégué en «ligue B», même avec la meilleure note de «BBB+», un pays voit augmenter le risque de se retrouver très vite en cessation de paiement. Un cercle vicieux s'installe. Les marchés réclament des rendements plus élevés sur les emprunts de l'Etat concerné, lequel voit rapidement augmenter son endettement, évolution qui vient à son tour justifier un abaissement supplémentaire du rating.
Les Etats se retrouvent alors plongés dans des «difficultés extrêmes». A partir de la note «B-», la situation devient «pratiquement désespérée», explique le professeur Gärtner, cité jeudi par le Tages-Anzeiger.
Même lorsque les agences de notation se trompent, la dynamique a été telle que les conséquences de leur décision finissent par justifier, a postériori, la note imméritée qu'elles attribuent au départ, relèvent les économistes alémaniques.
Critères modifiés et opaques
«Dans pareille situation, il y a une forte incitation aux abus», ajoute le professeur Gärtner, qui observe par exemple que Fitch a modifié ses échelles de mesure. «Depuis 2008, explique le premier, d'autres échelles sont appliquées, en particulier aux Etats de la zone euro», constate-il tout en déplorant un «manque de transparence» en la matière.
Pour remédier à cette opacité et éviter les jugements arbitraires, les Etats devraient jouir d'un «droit de plainte pour atteinte à la réputation et à la bonne marche des affaires», suggère Manfred Gärtner. Les agences de notation seraient plus attentives si elles devaient supporter, en cas d'erreur, une part des intérêts supplémentaires que leur décision fait supporter à un pays injustement noté. (Newsnet)
Créé: 26.07.2012, 16h52
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2 Commentaires
A part ça, c'est la même chose pour les privés et les entreprises. Dès qu'il y a un retard de paiement, les banques augmentent les intérêts, ce qui coule celui qui avait déjà de la peine à suivre...A quand une finance sociale du genre: Triple A => 10% d'intérets; t'as de la peine ? alors 5% seulement... Répondre
Qu'y a-t-il d'étonnant? Sachant que les pays sont endettés auprès de privés, il est logique que la baisse des notes fait fuir les investisseurs, ce qui augmente la encore la dette du pays, donc les intérêts montent et les créanciers se frottent les mains... C'est du vol autorisé! Et c'est toute la population qui doit se serrer la ceinture. Répondre
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