Crise grecque
Dette rabotée, le sort de la Grèce n’est pas jeté
Par Pierre-François Besson . Mis à jour le 21.02.2012 3 Commentaires
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Ce qui a été décidé était inévitable, juge Stéphane Garelli, professeur à l’IMD. Mais avec deux ans de retard, des sommets à répétition et des marchés déstabilisés.
Outre 130 milliards d’aides publiques, la Grèce bénéficiera donc d’un abandon de créances de la part de ses créanciers privés. Essentiellement des banques, assurances et fonds d’investissements européens – grecs mais aussi français et allemands, belges, hollandais et autrichiens.
Les spécialistes évoquaient au tout départ un effacement de la dette de 25%. «Pour une obligation d’Etat grecque avec un pair à 100 euros (valeur imprimée sur le titre), les créanciers auraient été remboursés 75 euros», traduit Cédric Tille, professeur à IHEID.
Mais au terme des négociations, le pays a obtenu un coup de crayon de 53,5%. La perte réelle des créanciers dépassera même 70%, compte tenu de la valeur à laquelle ces obligations pourraient être revendues sur le marché, explique Stéphane Garelli.
Techniquement, pour chaque obligation grecque, ses créanciers recevront de nouveaux titres européens et grecs de durées de vie variables, avec des taux de rémunération inférieurs à la situation actuelle.
Plutôt la règle
On assiste donc à un défaut partiel et organisé de la Grèce sur sa dette. L’alternative aurait pu être un défaut unilatéral et total décidé par le pays. Avec un risque de crise en dominos pour des pays comme l’Espagne ou l’Italie, note Stéphane Garelli.
L’Argentine avait choisi cette option du défaut autoproclamé en 2001, avant de négocier une restructuration de 82 milliards de dollars avec ses créanciers. Un pays peut donc faire défaut sur sa dette mais pas faire faillite, précise Cédric Tille. «La faillite implique qu’on liquide et qu’on ferme.»
Reste que les défauts sont «plutôt la règle que l’exception, note l’économiste, même s’ils sont devenus rares dans les pays industrialisés depuis la Deuxième guerre mondiale».
Stéphane Garelli précise que le plan Brady négocié par le Club de Paris pour le Mexique et une partie de l’Amérique latine en 1989 est un cas d’école. «En général, l’accord se fait sur 50% de la dette. En anglais, on appelle cela hair cut!»
Les 130 milliards abandonnés au profit de la Grèce sont «un chiffre énorme, même en regard de l’Amérique latine», où on a travaillé par petites tranches à plusieurs reprises, note aussi l’économiste de l’IMD.
Des doutes
Généralement, l’idée est de remettre les compteurs à zéro. Le plan grec, lui, permettra à Athènes de répondre à sa prochaine échéance de remboursement dans un mois. Et, plus tard, d’abaisser son endettement de 160% à 120% du PIB. «Là où on en était il y a deux ans», rappelle Cédric Tille, dubitatif.
Rien n’est donc fini pour la Grèce. «On a colmaté la fuite, mais pour repayer une dette, il faut de la croissance économique, rappelle Stéphane Garelli. J’aurais souhaité qu’une période de grâce lui soit accordée, qu’elle n’ait plus rien à payer pendant un ou deux ans. Là, on ne lui laisse pas d’oxygène.» (Newsnet)
Créé: 21.02.2012, 12h24
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3 Commentaires
la Grèce ne s'en sortira jamais. Ses dettes sont bien trop colossales. Par contre, si le peuple était sérieux et aimait son pays, il repatrierait les innombrables fortunes passées dans les banques étrangères. Répondre
En tant que citoyen suisse nous serons bien mieux reçu que les Allemands lors de nos prochaines vacances dans ce pays. Enfin une satisfaction après toutes les attaques que notre pays subi des membres de l'UE. Répondre


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