La Une | Jeudi 24 mai 2012 | Dernière mise à jour 00:15
Deuxième plan d'austérité

La Grèce volontairement poussée à quitter l'euro?

Par Pierre-François Besson . Mis à jour le 13.02.2012 1 Commentaire

Les députés grecs ont ouvert la voie dimanche à un deuxième plan d’aide à la Grèce. Au prix de sacrifices de plus en plus lourds pour la population. Et une sortie inéluctable de la zone Euro? Le regard de deux économistes.

Avec le bâton, on risque d’amener la Grèce au bord de l’anarchie, juge un économiste suisse.

Avec le bâton, on risque d’amener la Grèce au bord de l’anarchie, juge un économiste suisse.

Avec le vote de dimanche, augmenté de quelques autres conditions, la Grèce obtiendra un plan d’aide de 130 milliards d’Euros contre un coup de frein abrupt imposé à la demande intérieure.

«La Grèce ne s’en sortira pas sous les conditions imposées par l’Europe du Nord, juge Beat Kappeler. Elle n’est pas compétitive, son système social est complètement dysfonctionnel et aucun sursaut de compétitivité ne saurait suffire.»

L’économiste s’attend à un «appauvrissement général» de la population et à une déflation généralisée. «La situation de la population grecque est la même que celle des autres pays du Sud de l’Europe et bientôt de la France, mais à des degrés plus graves de plusieurs crans.»

Un soupçon

«On sacrifie l’Europe du Sud pour un principe», estime aussi l’économiste, qui se demande si, avec leurs exigences, Angela Merkel et l’Europe du Nord ne sont pas en train d’aider la Grèce à sortir unilatéralement de l’euro. «Cela se fera après les élections, pointe-t-il. Vers la fin de l’année, je pense que la Grèce sortira» de la monnaie unique.

Fondateur de l’Observatoire de la finance à Genève, Paul Dembinski croit davantage en son maintien dans la zone. Sinon, on assisterait au début du «détricotage» de l’Europe elle-même. Et «si tout ça vole en éclat, on aura droit à un retour à la période d’il y a 70 ans», craint l’économiste.

Pour assumer les exigences de ses créanciers, la Grèce aurait besoin d’«une grande mobilisation patriotique, comme on en voit en temps de guerre, estime aussi Paul Dembinski. Elle n’existe pas ici. Avec le bâton, on risque d’amener la Grèce au bord de l’anarchie. Une dimension peu considérée par les Européens du Nord.»

Un rééchelonnement

Liée au plan d’aide, une autre question est sur le tapis. La Grèce fera-t-elle défaut sur tout ou partie de sa dette? De manière coordonnée ou non?

La question numéro un pour la prochaine génération de Grecs, c’est la possibilité d’accéder au marché des capitaux afin de financer le pays, constate Paul Dembinski. Idéalement, un rééchelonnement organisé serait donc tout indiqué. Mais à ce stade, les augures sont mauvais.

«Tout le monde traine les pieds et personne ne veut vraiment organiser ce rééchelonnement, observe l’économiste. On risque d’assister à un mouvement assez anarchique.»

«Ce qui a été fait en matière d’abandon de créances jusqu’ici est nettement insuffisant, constate-t-il. Pourtant la Grèce n’a d’avenir que si les créanciers publics et privés passent à la caisse.» (Newsnet)

Créé: 13.02.2012, 17h38

1

Publier un nouveau commentaire

Caractères restants:

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

1 Commentaire

Arnaud Némoz

13.02.2012, 21:56 Heures
Signaler un abus 1 Recommandation

Qu'ils abandonnent l'argent et construisent en partageant, ils montreront un merveilleux exemple pour le monde entier et le gouvernement ne servirait plus à rien.
http://lutte-pour-le-changement.over-blog.com
Répondre




Voyages de rêve à gagner!

Vous rêvez de partir à la découverte des plus belles plages?

Energie

Toute l'actualité sur l'énergie

Club Voyage

Découvrez le programme 2012