Politique monétaire
La BNS veut des mesures pour réduire l'attrait de la Suisse
Mis à jour le 27.05.2012 4 Commentaires
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L'aggravation de la situation, en raison de la crise politique en Grèce et de la crise bancaire en Espagne, préoccupe la BNS. «Nous nous préparons donc à des temps très tourmentés», relève le président de l'institution Thomas Jordan, dans une interview parue dans la SonntagsZeitung et relayée dans Le Matin Dimanche.
Pas de sortie de la Grèce
«Notre scénario de base prend en compte une période longue de difficultés importantes», explique le successeur de Philipp Hildebrand. Selon lui, la BNS ne table toutefois pas sur une sortie de la Grèce de la zone euro. La situation ne s'apaisera que quand les efforts d'économies et de réformes auront produit leurs effets.
Reste que la Suisse prend très au sérieux l'impact de l'émergence de nouvelles tensions dans la zone euro. La Confédération et la BNS participent à un groupe de travail, révèle Thomas Jordan, confirmant des propos tenus samedi par le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann sur les ondes de la radio publique alémanique.
Il s'agit d'évaluer l'instauration de mesures préventives qui influenceraient directement l'afflux de capitaux en Suisse, explique Thomas Jordan, afflux qui implique une pression accrue pour maintenir le cours plancher contre l'euro. Au-delà, le banquier central ne donne pour l'heure pas davantage de détails.
Détermination réaffirmée
A propos du cours plancher, en vigueur depuis le 6 septembre dernier, le président de la BNS réaffirme sa détermination à le défendre. «Il n'y a pas de raison d'en douter», assure-t-il. Après être remonté jusqu'à 1,24 franc avant Noël, l'euro a rechuté et ne décolle plus de 1,20 franc depuis des semaines.
«Même dans les conditions les plus difficiles, nous continuerons à l'avenir à défendre ce cours et axerons notre politique monétaire sur le maintien ce plancher. J'insiste: même dans les conditions les plus adverses», déclare Thomas Jordan. Les investisseurs cherchent un refuge et, pour beaucoup, le trouvent dans le franc.
«La politique de la BNS a permis au franc de ne pas se renforcer face à l'euro», dit son président. Celui-ci comprend en outre les appels à un relèvement du plancher. Le franc est clairement surévalué et, compte tenu des données fondamentales, devrait baisser. La situation est difficile pour de nombreuses entreprises.
Bulle immobilière
«Mais nous ne pouvons pas manipuler notre monnaie à notre guise. Dans une situation de crise encore plus grave, cela sera fatal et contreproductif. Le cours plancher doit avoir sa légitimité. Le cours actuel est réaliste et a aidé la conjoncture en Suisse», insiste le Biennois.
Pensée pour aider l'industrie d'exportation, la politique du taux plancher continue à doper les secteurs de la construction et de l'immobilier, parce qu'elle s'accompagne de taux d'intérêt historiquement bas. La préoccupation n'est certes pas nouvelle pour la BNS, mais Thomas Jordan s'en inquiète toujours grandement.
«Une bulle se dessine de plus en plus», lance le banquier central, dans un contexte où les hypothèques croissent plus vite que l'ensemble de l'économie. C'est très malsain». Il répète au passage la nécessité d'instaurer une mesure anticyclique pour les banques, «qui rendrait l'octroi d'hypothèques moins attrayant».
«Crise bien à nous»
Au-delà, Thomas Jordan indique que le Conseil fédéral décidera ces prochaines semaines de l'introduction de telles mesures concernant les fonds propres des banques. «C'est une étape cruciale».
«Pour l'instant, la Suisse a été largement épargnée par la crise. Mais, si les prix de l'immobilier et les hypothèques continuent d'augmenter et qu'on en arrive à une bulle, nous aurions notre crise bien à nous», met en garde le président de la BNS. (ats/Newsnet)
Créé: 27.05.2012, 13h24
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La rédaction
4 Commentaires
Et tout le reste... principalement le chômage qui risquerait d'augmenter grandement... le secteur immobilier serait touché.... il devrait descendre de son piédestal d'arrogances et de profits honteux.... Répondre
La BNS joue les intérêt de l'Europe avant ceux de la Suisse. Pour une banque nationale c'est proprement scandaleux. Que la Grèce sorte de l'euro, que l'Europe coule, que la Suisse reste neutre, c'est à dire loin de ces instances supra-nationales qui acculent les peuples à la misére et qui ne travaillent que pour le grand capital. Répondre
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