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Les biotechs n’ont pas fini de chercher à survivre
Par Pierre-François Besson. Mis à jour le 27.04.2012
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«En comparaison, la Suisse s’en sort plutôt bien», résume Jürg Zürcher.
Le spécialiste du cabinet d’audit note toutefois que la Suisse n’accorde aucune subvention pour les activités de R&D des firmes biotech.
Le rapport propose aussi de reprendre à l’échelle suisse une taxation particulière au canton de Nidwald. Ce système, appelé «licence box», taxe de manière plus avantageuse pour elles les activités liées à des droits de propriété intellectuelle.
Jürg Zürcher cite aussi le délai de prescription du report des pertes fiscales de sept ans. Insuffisant, selon lui, sachant que du développement d’une molécule à sa mise sur le marché, il se passe souvent de nombreuses années.
Jürg Zürcher, la Suisse en fait elle assez pour les biotechs?
Oui. En comparaison européenne, les firmes biotech sont plus solides qu’ailleurs, en raison des conditions cadre.
Cette solidité s’explique notamment par la nécessité de se battre pour obtenir du financement. Dans d’autres pays, il est plus facile d’obtenir des fonds. Et l’argent est dépensé avec moins de précaution.
La collaboration entre secteur public et privé, à Bâle et Zurich notamment, permettent aussi une bonne recherche de base. Ce que beaucoup de firmes ne font plus toutes seules.
Quelle est la santé actuelle de l’industrie biotech en Suisse?
Cette industrie est plutôt en bonne santé. Mais 2012 sera une année pleine de défis pour un certain nombre d’entreprises.
Les restructurations font partie du cours normal de la vie des entreprises. Dans le cas de Merk Serono, la situation est difficile pour les employés. Mais elle peut aussi offrir des opportunités.
Certains employés créeront peut-être leur propre entreprise. D’autres firmes chercheront aussi à engager les plus expérimentés. On pourrait ainsi assister à un transfert d’expériences et de compétence vers de plus petites entreprises.
Il y a six ans, lors de la vente de Serono à Merk, on a vu apparaître de nombreux managers expérimentés sur le marché. Ils ont été rapidement absorbés par la branche.
Merk Serono quittant Genève, cela s’explique par des considérations stratégiques internes ou par la situation des biotechs en Suisse?
Ce que Merk a fait en annonçant sa restructuration, c’est quelque chose de commun, souvent observé dans le secteur pharmaceutique et des sciences de la vie ces dernières années, en lien avec la crise.
Ces entreprises étaient en surcapacités. Avec la crise financière et de l’euro, leurs revenus ont fondu. De plus, beaucoup de médicaments blockbusters voient leurs brevets arriver à échéance.
Une difficulté pour ces entreprises, qui doivent trouver des remplaçants. Et qui ont souvent beaucoup de difficulté à mettre la main sur des produits générateurs de volume et de revenus similaires.
On dit que 150 milliards de dollars de vente perdront leurs brevets ces trois ou quatre prochaines année.
S’ajoute à cela la pression des Etats. En manque d’argent, ils cherchent à réduire leurs coûts. Et donc, notamment, à payer moins pour les médicaments ou en tout cas à maintenir les coûts de la santé à des niveaux raisonnables.
Tous ces éléments ont sans doute poussé le management de Merk à chercher à réduire les coûts. Connaissant les lois sur le travail en Allemagne, il était probablement plus facile de réduire les coûts en Suisse, où le régime du travail est relativement libéral. (Newsnet)
Créé: 27.04.2012, 07h48
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