La Une | Lundi 24 novembre 2014 | Dernière mise à jour 20:42
Présidentielle française

Sarkozy pas bon en économie, selon un prof genevois

Par Pierre-François Besson. Mis à jour le 11.04.2012 2 Commentaires

En raison de ses erreurs économiques, le président français ne sera pas réélu, parie Charles Wyplosz. Le professeur à l’IHEID de Genève en relève sept dans un article publié par le centre de réflexion Telos.

Le président français Nicolas Sarkozy a repris le slogan populiste de la désindustrialisation. Or, l’avenir des pays avancés n’est pas l’industrie, mais les services et la haute technologie, juge l'économiste Charles Wyplosz.

Le président français Nicolas Sarkozy a repris le slogan populiste de la désindustrialisation. Or, l’avenir des pays avancés n’est pas l’industrie, mais les services et la haute technologie, juge l'économiste Charles Wyplosz.
Image: AFP

Les économistes ont compris depuis longtemps que Nicolas Sarkozy ne sera pas réélu, écrit Charles Wyplosz dans son article repris sur le site de l'Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID) à Genève.

Pourquoi cela? A cause de la montée du chômage. Ne pas avoir su éviter ce piège est même une des sept erreurs économiques que l’économiste met au passif du président sortant.

Celui qui participe à plusieurs comités consultatifs de la présidence française a la dent très dure. Selon lui, Sarkozy croit que tout problème économique a une solution strictement politique.

Or, «l’expérience mille fois répétée est que l’on ne viole pas impunément les principes économiques». Ajouté à la crise, ce «volontarisme politique» a empêché le président sortant de réformer la France.

Charles Wyplosz ne jette pas tout dans son bilan économique. Il lui concède même des avancées historiques, comme l’unification des régimes de retraites ou le service minimum dans les transports publics.

Dans les livres d’histoire

Mais «sa gestion de la crise sera citée dans les livres d’histoire comme un exemple de ce qu’il ne faut pas faire». Au sortir de ces cinq ans, «l’appétit pour les réformes audacieuses – la rupture – est éteint alors que la France poursuit son lent déclin économique».

Le maintien des 35 heures couplé à la baisse des charges sur les heures supplémentaires est le premier péché économique de Sarkozy. Une mesure jugée «couteuse et inefficace» par Charles Wyplosz.

Sa deuxième faute est d’avoir voulu contrer la crise en subventionnant le chômage et l’automobile déclinante. Deux ans plus tard, les capacités de production sont excessives et le chômage en hausse.

Les grandes banques

Le troisième péché imputé au président français est d’imaginer que l’Etat peut choisir «les entreprises rentables de demain». Une manière de biaiser avec l’innovation et la compétitivité, pourtant requises pour faire le poids sur les marchés internationaux.

Sarkozy n’a pas voulu s’attaquer aux grandes banques, y compris françaises. Il les a aidées sans entrer dans leur capital pour les réformer, après leur «comportement abusif» à l’origine de la crise financière. C’est sa quatrième faute économique.

La gestion de la crise de l’euro est une autre faute majeure, selon l’économiste. Pour sauver leurs banques, les gouvernements français et allemand ont fait mine d’aider la Grèce et ainsi mis de l’huile sur le feu de la zone euro.

Mais au final, après de longs mois qui ont permis aux banques de se délester d’une bonne part de la dette grecque, l’accord trouvé «risque d’être inutile pour que l’effacement [d’une partie de cette dette] suffise à soulager la Grèce».

Le choix de l’austérité

Autre faute de Sarkozy: l’alignement sur l’Allemagne et sa «position idéologique extrême». «Le choix de l’austérité dans une période de récession est un non-sens économique», constate Charles Wyplosz.

Tous les pays ayant plié sous la pression franco-allemande endurent, selon lui, «une aggravation de la récession et, mécaniquement, une détérioration de leur endettement public».

Sarkozy a commis cette autre faute économique d’appliquer à la France cette politique d’austérité afin de défendre son triple A. Une mesure pourtant attendue, selon Charles Wyplosz,

En clair, «l’austérité est la cause de la récession en cours et la récession sera la cause de la non-réélection de Nicolas Sarkozy». (Newsnet)

Créé: 11.04.2012, 08h14

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

Caractères restants:

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

2 Commentaires

Pierre-André Haldi

11.04.2012, 12:46 Heures
Signaler un abus

Le seul candidat qui paraît un peu sortir du lot sur ce plan est François Bayrou, ... mais les Français ne semblent pas prêt de lui confier les règnes du pouvoir malheureusement. Répondre



Service clients

Contact
  • Abonnement et renseignements
    Nous contacter lu-ve 8h-12h / 13h30-17h
    Tél. 0842 824 124, Fax 021 349 31 69
    Depuis l'étranger: +41 21 349 31 91
    Adresse postale:
    Service clients CP 585 - 1001 Lausanne

Sondage

Vous offrez-vous des croisières sur les bateaux Belle Époque du Léman?