La BNS garde le cap et reste vigilante sur l'immobilier

Politique monétaireFace à une tendance à la baisse des prix toujours marquée, la Banque nationale suisse (BNS) garde le cap de sa politique monétaire en maintenant le taux plancher à 1,20 franc pour un euro.

Image: Archives/photo d'illustration/Keystone

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Tout en maintenant son principal taux de référence inchangé, l'institution appelle à ne pas «baisser la garde» sur le marché hypothécaire, dont l'évolution demeure incertaine.

«Les risques de déflation se sont de nouveau accrus au cours des derniers mois et le franc demeure à un niveau élevé», a relevé Thomas Jordan, jeudi devant la presse à Berne. Déterminé à maintenir le cours plancher, «instrument central» pour garantir une stabilité, le président de la BNS se dit toujours prêt, «si nécessaire, à acheter des devises en quantité illimitée».

La BNS laisse également inchangé son principal taux de référence, le Libor, dans une marge de fluctuation comprise entre 0,00% et 0,25%.

Dans un contexte économique mondial évoluant de manière contrastée, particulièrement difficile en zone euro, l'institut d'émission a abaissé sa prévision d'inflation pour 2014 à 0,0%. Soit 0,1 point de moins qu'annoncé en septembre.

Effet pétrole

Le recul des cours du pétrole, favorable au pouvoir d'achat des consommateurs, induira une nouvelle diminution de l'inflation, ajoute Thomas Jordan. «Le renchérissement passera dans la zone négative au cours des quatre prochains trimestres», à -0,1%. Une légère reprise n'est attendue qu'en 2016 avec un taux de 0,3%.

«Une nouvelle appréciation du franc serait lourde de conséquences pour la structure des salaires et des prix et ferait passer le renchérissement largement dans la zone négative», avertit Thomas Jordan. La BNS se dit prête à prendre «immédiatement des mesures supplémentaires en cas de besoin».

L'introduction de taux négatifs, comme pratiqué par d'autres banques centrales, notamment au Danemark, n'est pas exclue, mais pas non plus à l'ordre du jour, indique Thomas Jordan.

La croissance helvétique pourrait toutefois être un peu meilleure que prévu. La BNS s'attend désormais à une hausse du produit intérieur brut (PIB) comprise entre 1,5% et 2% cette année, malgré un 4e trimestre un peu plus faible, alors qu'il y a trois mois elle escomptait uniquement 1,5%. Pour 2015, l'institut d'émission table sur 2%.

L'économie suisse devrait profiter de la consolidation progressive de la croissance mondiale. Les Etats-Unis continueront à jouer un rôle de locomotive, alors que la zone euro présentera une dynamique à nouveau revue à la baisse, avec des «perspectives modérées», selon le président de la BNS.

Affronter une chute de l'immobilier

En dépit de quelques signes d'accalmie, la situation sur les marchés hypothécaire et immobilier demeure une source d'inquiétudes pour la banque centrale. «Il est trop tôt pour baisser la garde», avertit le vice-président de la BNS, Jean-Pierre Danthine.

Les taux d'intérêt hypothécaires sont retombés en octobre à un plus bas historique. Et la croissance des prêts, même si elle a quelque peu fléchi, reste supérieure à celle du PIB. Dans le même temps, les prix de l'immobilier ont continué de progresser: même si un tassement ou une baisse ont été constatés dans certaines régions, d'autres ont enregistré de fortes hausses.

Devant cette situation qu'il qualifie d'«exceptionnelle», Jean-Pierre Danthine appelle les banques axées sur le marché intérieur à étoffer leurs fonds propres. Et ce même au-delà de ce que prévoit le volant anticyclique, pour pouvoir faire face à une «nette correction des prix de l'immobilier, accompagnée d'un choc de taux d'intérêt».

Compétitivité mondiale

Concernant les grandes banques - les fameuses «too big to fail» présentant un risque systémique - Jean-Pierre Danthine salue leurs «progrès» en termes de fonds propres, mais prône un renforcement des exigences. «Tant au niveau des ratios de fonds propres pondérés en fonction des risques, que du taux d'endettement maximum (leverage ratio).»

Il rejoint les conclusions du groupe d'experts de la Confédération chargé d'évaluer la stratégie de la place financière helvétique, sous la houlette de l'économiste Aymo Brunetti. Ce «recalibrage», préconisé dans le rapport publié la semaine dernière, «doit refléter la taille et la concentration de notre secteur bancaire». L'objectif est d'assurer la compétitivité du secteur au niveau international. (ats/nxp)

(Créé: 11.12.2014, 10h21)

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