La Une | Jeudi 24 mai 2012 | Dernière mise à jour 00:15
Aide à la Grèce

La zone euro déterminée à trouver un accord

Mis à jour le 20.02.2012

Le plan de sauvetage comprend une aide publique de 130 milliards d’euros et un effacement partiel de la dette grecque détenue par des créanciers privés à hauteur de 100 milliards d’euros.

Le premier ministre grec, Lucas Papademos, et Christine Lagarde, directrice générale du FMI.

Le premier ministre grec, Lucas Papademos, et Christine Lagarde, directrice générale du FMI.
Image: Reuters

La zone euro se montrait déterminée lundi soir à obtenir un accord pour lancer le second plan d’aide à la Grèce et lui éviter de sombrer dans la faillite.

Des discussions étaient rouvertes avec les banques pour combler un trou de plusieurs milliards d’euros.

D’ordinaire prudent, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a donné le «la» dès son arrivée à Bruxelles. Il s’est dit «confiant» quant au fait de trouver «une solution viable, capable de remettre la Grèce sur les rails à long terme». Sur la même ligne, le Grec Evangélos Vénizélos s’est lui aussi dit «optimiste» sur la possibilité de trouver un accord dans la soirée.

Les ministres des Finances de la zone euro examinent si les conditions sont réunies pour allouer ce plan de sauvetage. Celui-ci comprend une aide publique de 130 milliards d’euros et un effacement partiel de la dette grecque détenue par des créanciers privés, à hauteur de 100 milliards d’euros.

Athènes a rempli les conditions qui lui ont été demandées par ses créanciers publics (engagements écrits des deux chefs de partis de la coalition, plan d’économies de 3,3 milliards d’euros).

Mais plusieurs questions doivent encore être réglées.

Problème

Un rapport des bailleurs de fonds a mis en évidence que le plan de sauvetage ne permettrait pas de réduire la dette publique grecque autant que prévu, au niveau de 120% du PIB en 2020 comme l’exigent le FMI et plusieurs pays de la zone euro, dont l’Allemagne et le Luxembourg.

D’autres pays de la zone euro se montrent moins inflexibles et envisagent de ramener la dette à un niveau un peu supérieur.

Problème: l’enveloppe d’aide publique ne pourra excéder 130 milliards d’euros, a prévenu le chef de file de l’Eurogroupe, Jean- Claude Juncker.

Parmi les options sur la table figure un nouvel effort des créanciers privés d’Athènes. Ils se verraient proposer des taux inférieurs à ceux actuellement retenus pour les nouvelles obligations qu’ils vont obtenir en échange d’anciennes, selon une source gouvernementale grecque.

En début de soirée, le premier ministre grec Lucas Papademos était en négociations avec les représentants des créanciers privés, selon des sources européennes. «Nous cherchons à obtenir un plan d’effacement de dette plus important», mais l’ampleur de l’opération, jugée délicate, dépend «d’autres facteurs», a indiqué une de ces sources.

D’ici mercredi

En outre, ce plan d’effacement de la dette doit être lancé d’ici mercredi pour éviter à la Grèce de sombrer dans la faillite d’ici le 20 mars. A cette date tombe l’échéance du remboursement par Athènes de 14,5 milliards d’euros.

Autres possibilités à l’étude: faire baisser les taux d’intérêts sur les prêts consentis par les créanciers publics dans le cadre de son premier plan de sauvetage et/ou impliquer d’une manière ou d’une autre la Banque centrale européenne (BCE) et les banques centrales nationales.

Les regards se tournent aussi vers le FMI. Celui-ci semble disposé à accorder un nouveau prêt à la Grèce, d’un montant toutefois limité.

Efforts grecs salués par le FMI

Conviée à la réunion de l’Eurogroupe, sa directrice générale Christine Lagarde a salué à son arrivée les «efforts très importants» réalisés par la Grèce.

La Française a aussi assuré que l’institution dont elle est à la tête serait «de la partie» pour l’aider. D’après le Wall Street Journal, la contribution du FMI serait d’environ 13 milliards d’euros, soit 10% du plan d’aide publique à la Grèce.

«Nous, Européens, attendons que (le FMI) participe, comme lors du premier plan d’aide au printemps 2010, à nouveau à hauteur d’un tiers» au nouveau programme, a plaidé Jörg Asmussen, l’un des directeurs de la BCE.

Autre sujet de débat: la proposition du ministre néerlandais des Finances, Jan Kees de Jager, en faveur d’une surveillance «permanente» de la Grèce par l’UE et le FMI. Le but est de mieux contrôler l’avancée des réformes et la mise en place de mesures d’austérité.

La zone euro travaille aussi à la création, réclamée par la France et l’Allemagne, d’un compte bloqué sur lequel serait versée une partie des fonds prêtés à la Grèce qui seront affectés en priorité au remboursement de la dette publique. Une idée acceptée par Athènes, mais difficile à mettre en place sur le plan technique, a indiqué la ministre autrichienne des Finances, Maria Fekter. (afp/Newsnet)

Créé: 20.02.2012, 21h07

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