Les Suisses se méfient du chocolat US qui ne fond pas

AlimentationAlors que le géant américain de l'agroalimentaire Mondelez International va bientôt commercialiser un chocolat qui ne fond pas au soleil, les professionnels suisses sont sceptiques face à ce produit.

Image: Keystone

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Tous les gourmands le savent: quand le mercure dépasse les 27°C ou que le soleil montre le bout de son nez, le chocolat est en danger. En quelques minutes, plaques et confiseries fondent et perdent à tout jamais leur bel aspect.

Sous des climats tropicaux ou en plein été, ouvrir une boîte ou une tablette peut donc se révéler risqué. Mais, depuis des années, les chocolatiers soucieux de ne pas délaisser les marchés du sud explorent différentes voies pour arriver à produire un chocolat qui résisterait au soleil et à la chaleur.

Dix années de recherche

Aujourd'hui, le géant américain de l'agroalimentaire Mondelez International (ex-Kraft Foods avec des marques comme Suchard, Toblerone, Milka, Côte d'Or, Daim,...) annonce la commercialisation prochaine d'un chocolat qui ne fond pas. Sans donner toutefois de date précise quant à sa mise en vente.

Fruit d'une décennie de recherche, ce chocolat résisterait au rayonnement du soleil et aux températures jusqu'à 40°C. De quoi envisager une conquête des marchés du Moyen-Orient, d'Amérique latine, d'Afrique et d'Asie du Sud-Est, dont les consommateurs ne peuvent actuellement savourer les plaques et confiseries qu'avec d'infinies précautions pour lui épargner toute exposition au soleil ou à la chaleur.

L'adjonction d'autres matières grasses

«Le brevet a été déposé l’an dernier et notre produit est en cours de développement. Nous envisageons de le commercialiser assez rapidement», explique Lawrence MacDougall, président de Mondelez Europe de l’Est, Moyen-Orient et Afrique.

Du côté des chocolatiers suisses, l'annonce suscite méfiance et suspicion. Immédiatement, les fabricants se retranchent derrière l'argument de l'authenticité des ingrédients: «Nous aurions le droit d'ajouter jusqu'à 5% de matière grasse autre que le beurre de cacao, mais aucun de nos adhérents ne souhaite s'engager sur cette voie», explique Franz Schmid, porte-parole de Chocosuisse.

Des ingrédients encore secrets

Une volonté de rester dans des recettes de tradition qui a parfois un impact sur les rythmes de production: certaines plaques fourrées sont plus fragiles et sensibles aux variations de températures; certaines fabriques renoncent donc à la confection des plaques fourrées pendant les mois les plus chauds.

Devant l'annonce de Mondelez, Franz Schmid a donc enquêté: «Non seulement le produit est destiné aux marchés des pays chauds et non à la Suisse, mais aussi et surtout les ingrédients sont encore secrets: seule la recette et sa composition décideront si ce produit peut porter le nom de chocolat ou s'il ne sera qu'un produit chocolaté».

La force de pression des consommateurs

Et de rappeler que Barry Callebaut avait lancé voici quelques années son Vulcano, un «chocolat» dont la température de fonte montait à 55°C. En réduisant la part de beurre de cacao dans les matières grasses au profit d'huiles végétales, le produit avait fait le buzz... mais les puristes du chocolat ne l'ont jamais adopté.

Il faut faire attention quand on change les ingrédients: «En plus des normes légales, en Europe et en Suisse, les consommateurs sont très sensibles aux recettes et aux goûts. Ainsi, Nestlé avait légèrement modifié une recette dans les années 1990, mais avait dû revenir à la composition d'origine sous la pression des consommateurs», rappelle Franz Schmid. (nxp)

Créé: 19.06.2013, 14h18

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