Wall Street met sous tension le secteur bancaire. Credit Suisse et UBS écopent

BourseLes incertitudes qui se multiplient aux Etats-Unis pèsent sur les cours des deux géants bancaires suisses.

Urs Rohner, président du conseil d’administration de Credit Suisse, jeudi lors de l’assemblée générale extraordinaire à Zurich.

Urs Rohner, président du conseil d’administration de Credit Suisse, jeudi lors de l’assemblée générale extraordinaire à Zurich. Image: Reuters

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Ces derniers jours, divers incidents poussent les actions de Credit Suisse et d’UBS à la baisse. Jeudi, en assemblée générale extraordinaire à Zurich, les actionnaires de la deuxième banque helvétique ont plébiscité une augmentation de capital avec 99,4% des droits de vote. Mais ce vote soviétique n’a pas empêché le titre de Credit Suisse de baisser cette semaine, à des niveaux proches de ceux enregistrés à la fin de 2016.

Revente à perte

Rappelons qu’une augmentation de capital développe des effets dilutifs sur la valeur des actions en circulation. De leur côté, les actionnaires d’UBS ont eux aussi assisté cette semaine à un événement favorisant une perte de valeur de leurs titres.

Un de leurs plus importants homologues, GIC Private Limited (fonds souverain autrefois appelé Government of Singapore Investment Corporation), a en effet revendu près de la moitié de sa participation dans le capital de la première banque helvétique. En plus à perte! La part de GIC est ainsi passée de 5,1 à 2,7%.

A cela s’ajoutent quelques tracas américains. Critiqué pour avoir limogé le patron du FBI et dévoilé des informations confidentielles au chef de la diplomatie russe, le président des Etats-Unis, Donald Trump, est actuellement soupçonné d’avoir tenté de mettre fin à une enquête judiciaire. Les appels à lancer une procédure de destitution se sont multipliés en début de semaine. Ces dernières controverses font peser de sérieux doutes sur la capacité du président américain à faire adopter les réformes budgétaires, fiscales et réglementaires promises.

Ce contexte a pesé sur le moral des investisseurs et sur les valeurs bancaires. Là encore, les actions d’UBS et Credit Suisse ont été poussées à la baisse. Comme elles le sont depuis dix ans. Cette tendance persistante commence désormais à stimuler une question: les deux plus grandes banques helvétiques pourraient-elles devenir les cibles d’opérations hostiles?

«Avec des capitalisations boursières de 61 milliards et près de 30 milliards de francs, respectivement pour UBS et Credit Suisse, des prises de position stratégiques visant une relative prise de contrôle de ces établissements paraissent encore peu probables. Rappelons en outre qu’il n’y a guère qu’une poignée de banques dans le monde dont les capitalisations boursières dépassent celles d’UBS et Credit Suisse. Et ces sociétés ont probablement d’autres choses à faire avec leurs fonds propres», estime Loïc Bhend, analyste financier de la banque Bordier & Cie. Jeudi soir, à la clôture du SMI (Swiss Market Index), l’action d’UBS a encore perdu 0,82%, à 15,77 francs, et celle de Credit Suisse 0,92%, à 14,02 francs.

Craintes à Wall Street

Un autre élément de la politique intérieure états-unienne suscite de vives craintes à Wall Street et risque de pénaliser la cotation de banques actives chez l’Oncle Sam. A l’instar des deux plus grandes banques helvétiques. Le 45e président des Etats-Unis projetterait en effet de rétablir le Glass-Steagall Act.

Ce dispositif, élaboré par les parlementaires Carter Glass et Henry Steagall, avait été promulgué par le président Franklin Roosevelt en 1933. Il imposait une paroi étanche entre les activités de banque de dépôt et de banque d’investissement. Cet objectif avait évidemment été inspiré par les leçons du krach boursier de 1929.

Autre temps, autres mœurs. Septante ans plus tard, le président Bill Clinton a abrogé le Glass-Steagall Act afin de favoriser l’essor des activités financières. Celui-ci s’est confirmé jusqu’à la fameuse crise dite des subprimes de 2008. Et aujourd’hui l’éventuel rétablissement de cette loi suscite d’intenses débats. «Le compte en banque de votre grand-mère ne devrait jamais être mis en danger par les prises de risques de Wall Street», prévient Elisabeth Warren, sénatrice démocrate du Massachusetts. De quoi ébranler le modèle économique de grands noms de la place financière américaine, comme JP Morgan Chase, Bank of America ou Citigroup.

(24 heures)

Créé: 19.05.2017, 10h20

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