Agglomération
Grand Genève: Vaud devra s'y habituer
Par Madeleine Schürch. Mis à jour le 04.05.2012 36 Commentaires
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Une fronde symbolique
Tous les efforts vaudois pour éjecter le nom de Genève de la dénomination de sa propre agglomération auront été vains. Dans l’après-midi, la députée nyonnaise Fabienne Freymond Cantone, l’un des trois représentants vaudois du comité de pilotage de l’agglo, a encore tenté d’imposer un nom plus fédérateur pour que Français et Vaudois conservent leur identité dans ce grand territoire transfrontalier.
Ces dernières semaines, sa fronde avait été relayée par le journal La Côte, suscitant auprès des habitants du district de Nyon quelques propositions originales. Aux contractions forcées, comme «Gevaufran», «Frangevau» ou «Genevaud», certains préféraient une référence lémanique, comme «Ouest Léman», «Grand Léman» ou «Lémanagglo».
«Grand Genève ne montre pas que l’agglo est multipolaire, ni ce que la France et les Vaudois apportent à Genève», a regretté Fabienne Freymond Cantone.
Ses amis français, dont certains auraient aussi exprimé certaines frustrations, n’ont pas suivi le mouvement. «Certains peuvent craindre d’être éclipsés par Genève mais, côté français, cette réalité ne nous pose pas problème, car nous sommes Le?Genevois français. Finalement, la frontière entre Vaud et Genève est peut-être plus forte dans les mentalités que celle entre Genève et la France», relève Etienne Blanc, maire de Divonne-les-Bains.
Syndic de Nyon, Daniel Rossellat abonde dans ce sens. «Nyon a une situation particulière. Sa capitale politique est à Lausanne, sa capitale économique à Genève. Défendre son identité, c’est bien, mais ici, tout, la poste, le téléphone, la banque et la Migros sont de Genève. Et il y aura cinq fois plus de Nyonnais concernés par le CEVA genevois que par le M2.»
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Seules 5131?personnes avaient répondu, hier, à la consultation via internet lancée pour rebaptiser l’agglomération franco-valdo-genevoise. C’est peu si l’on considère que ce nouveau «Grand Genève», nom qui l’a emporté à 44% devant «Le Genevois» et «Genevagglo», couvre un bassin de population de presque un million d’habitants répartis sur deux pays (Suisse et France), deux départements (Ain et Haute-Savoie), et deux cantons (Genève et Vaud). Signe que ce grand «machin» lancé il y a quatre ans reste encore une nébuleuse pour nombre de ses habitants.
La place des Vaudois
Sur cette grande carte, le district de Nyon, avec ses 47 communes, semble représenter une partie congrue. Si certains se sont battus pour qu’il obtienne plus de visibilité dans le nom de l’agglo (lire ci-contre), ses élus se plaignent aussi souvent d’être oubliés par Lausanne. D’autant plus que ce district, qui connaît la plus forte croissance du canton, se retrouve rattaché à un projet d’agglomération dont la responsabilité n’incombe pas en premier lieu aux autorités vaudoises.
«Malgré les efforts consentis, j’ai le sentiment que la politique cantonale reste largement palmo-lausanno-centrée et que, de l’autre côté, le projet du Grand Genève reste genevo-centré», remarque Patrick Eperon, secrétaire patronal. Ce que conteste Béatrice Métraux, qui vient de reprendre le dossier en tant que cheffe du Département de l’intérieur. «Le canton a intérêt à participer à cette agglo et la défend au même titre que les autres. C’est même un défi passionnant parce qu’il dépasse les structures et les frontières cantonales», relève la conseillère d’Etat.
Un bilan mitigé
Signée en décembre 2007, la première charte des partenaires franco-valdo-genevois devait surtout démontrer une volonté commune d’atteindre des objectifs ambitieux, condition pour obtenir des subventions fédérales du fonds d’infrastructure pour des projets à concrétiser entre 2011 et 2014. A l’heure où, le 28 juin prochain, les mêmes partenaires s’apprêtent à entériner leur projet de 2e génération, le bilan est plutôt mitigé sur les résultats obtenus.
Parmi les objectifs fixés pour 2030 pour corriger les déséquilibres existants entre les régions, le canton de Genève devait construire 50% des futurs logements de l’agglo, soit 2500 logements par année, afin de cesser d’exporter ses habitants sur La Côte ou la France voisine. Or les blocages sont nombreux, notamment lorsque les communes genevoises, comme Veyrier ou Chêne-Bougeries, tuent dans l’œuf les bonnes volontés du Conseil d’Etat.
De son côté, la France doit créer 30% des emplois afin de réduire le mouvement frontalier vers la Suisse. Or, comme le relevait fin 2011 Guy Larmanjat, vice-président du Conseil général de l’Ain, les deux déséquilibres majeurs se sont encore accentués. «Depuis 2008, 4000 logements ont été construits côté français, seulement 1500 côté genevois. Et nous n’avons créé que 6000 emplois alors que la Suisse en alignait plus de 33?000!»
Du côté du district de Nyon, on avance lentement. «Nous n’avons pas non plus réussi à réaliser autant de logements à prix abordables que nous le souhaitions, admet Gérald Cretegny, président du Conseil régional du district de Nyon. Mais les projets mûrissent, et certains chantiers vont démarrer, notamment au niveau de la mobilité.»
Gouvernance internationale
A Lausanne, des voix se sont élevées récemment au Conseil communal pour dénoncer le déficit démocratique sur les grands projets du PALM, le projet d’agglomération Lausanne-Morges. A l’ouest, la députée nyonnaise Fabienne Freymond Cantone a bataillé l’an dernier tout aussi ferme pour obtenir une plus grande implication des parlementaires dans les processus de décision de l’agglo genevoise.
Trouver un mode de gouvernance y est d’autant plus difficile que, contrairement aux quatre autres communautés vaudoises, celle du Grand Genève unit deux pays aux institutions différentes. Ce n’est qu’avec la deuxième charte que l’agglo entérinera fin juin ses nouveaux outils de décision. Elle se dotera d’un exécutif, le Groupement local de coopération transfrontalière (GLCT), formé de 12 Français et de 12 Suisses, dont la conseillère d’Etat Béatrice Métraux et trois membres du Conseil régional du district de Nyon.
Si Fabienne Freymond Cantone, appuyée par une résolution du Grand Conseil, n’a pas décroché une alternance de sa présidence, qui reste en main du Conseil d’Etat genevois, elle a obtenu plus de compétences pour ses sept vice-présidents. Le «législatif» sera formé des Assises transfrontalières, réunissant des parlementaires de chaque région. Enfin, l’agglo se dotera d’un Forum, organe consultatif transfrontalier, sorte de «chambre du peuple» qui permettra à la société civile d’être concertée sur le projet d’agglomération. (24 heures)
Créé: 04.05.2012, 07h15
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36 Commentaires
Quand on ferme une entreprise sur le district de Nyon c'est pas aux Genevois que l'on s'adresse mais bien au conseil d'état Vaudois . Laissons les Genevois faire leur cuisine avec la France qui bientôt nous fera des misères sur l'argent dans nos banques sans penser que tout les mois il y a des milliers de francs de salaire qui vont de l'autre côté de la frontière.Réciprocité je rigole. Répondre
Normal pour Genève... il faut du "Grand"....Il va falloir continuer à les enterrer à plat ventre.... Répondre





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